L’origine du mot Tarot

Le mot Tarot lui-même est une forme codée et fort simple du terme oracle. Ce mot nous vient du latin, oraculum. Il signifiait, au XIIe siècle, lieu sacré. Ainsi, le Tarot fut à l’origine et dans l’esprit de ses concepteurs un autre de ces objets ou pratiques médiateurs donnant accès à un lieu virtuel - pour employer une tournure contemporaine - un endroit hors de l’espace et du temps. Plus tard, au XIVe siècle, le mot en vint à signifier la parole de Dieu elle même telle qu’on pouvait l’entendre ou la lire à travers le message des apôtres ou des prophètes.

J’estime que le T final du mot Tarot est une particule de noblesse qui a été ajoutée volontairement. (Le T en littérature alchimique est une convention pour le mot trésor.) Les deux T se rejoignant pour n’en faire qu’un, ils nous incitent à visualiser le système représenté par ce nom comme un mandala, un cercle sacré, ce qui correspond à l’arrangement circulaire des lames que j’ai déjà présenté ailleurs.

Nous avons donc d’abord TARO ou ORAT, ORA-T. Le T a la valeur numérique de 20, qui est aussi celle du mot CLÉ. Au chapitre sur Le pendu, nous verrons que le personnage est suspendu sur une potence, qui est en fait une croix en Tau dissimulée, la croix potencée se disant également croix en Tau en héraldisme. Le personnage du pendu lui-même a la forme d’une clef.

Ce T ou Tau est notre clef. ORA-T devient ainsi ORA CLE ou oracle! CLE, c’est la clé cachée, symbole du secret ; la clé est le signe des bâtisseurs d’édifices religieux au Moyen Âge, les Compagnons du Devoir. On le voit, cette clé était cachée dans le mot Tarot !

Nous pouvons maintenant rajouter au mot oracle le second T:

ORACLE T(20) est également ORACLE XX(20) de XX, Le jugement. L’oracle vient du ciel sous forme d’un message, l’enveloppe, tonné ou révélé, la trompe. Mais attention, jouer de la trompe signifie aussi se jouer de quelqu’un, le tromper ! Enfin, le T (Tau) est le symbole de la croix pour les anciens chrétiens. L’abbé Suger a fait de ce symbole, le Signum Tau, un des éléments décoratifs les plus importants de son église abbatiale.