Lhermite – La force Axe IX-XI

Lhermite

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L’HERMITE

IX

Au XIIe siècle, l’ermite est parfois soupçonné d’héréticité. Surtout si on fait débuter son nom par un H ! Nous avons ici l’illustration d’un personnage typique des XIe et XIIe siècles. Cette époque ¨(…) engendre un nouveau type de saint : l’ermite itinérant, généralement prêtre et d’abord moine qui alterne les périodes de retrait du monde et la prédication apostolique. Ces ermites rencontrent généralement un grand succès auprès des populations, ce qui s’explique par leur apparence de pauvreté (pieds nus, barbe et cheveux hirsutes), ainsi que par leurs talents oratoires et leur réputation qui les précède. (…) À la fin du XIe siècle, les expériences se multiplient, en particulier dans le Centre et l’Ouest de la France. (…) Ce que ces ermites itinérants illustrent, de façon précoce, n’est rien d’autre que le grand tournant pastoral expérimenté par l’Église aux XIIe et surtout XIIIe s.¨ [1]

danse-macabre-lhermite.jpg

L’ermite – La danse macabre

L’HERMITE: 12+8+5+18+13+9+20+5= 90. 9+0= 9. C’est L’hermite qui nous a mis sur le chemin du code à nos débuts dans l’art du déchiffrement. C’est lui que le Tarot propose comme archétype de fin de parcours. Au Moyen-Âge on disait le hermite. Nous constatons que sa lanterne est constituée de 22 sections.Chacune d’elles correspond bien sûr à un Arcane majeur. Neuf sections doubles et quatre sections simples représentent déterminent la structure de la Grande Roue du Tarot. C’est donc le Tarot, et toute la philosophie qui se cache derrière, qui est la source d’inspiration de L’hermite.

La philosophie néoplatonicienne de la lumière a animé toute cette période du Moyen Âge chrétien. Cette recherche de la lumière est illustrée dans le Tarot mais aussi dans l’abbaye de Saint-Denis. La vitrerie de cette église abbatiale lui a valu à l’époque le surnom de Lucerna, la lanterne! Nous croyons que cet ermite, c’est le moine bâtisseur Suger, un cénobite, beau symbole de retournement. Sa lanterne vient nous rappeler celles de ses réalisations qui nous concernent, la rénovation de l’abbaye de Saint-Denis et celle du Tarot. Mais il y a plus. L’association lampe et bâton indique le départ, la quête, la prédication. Au XIIe siècle justement, les ermites «(…) sont d’insaisissables pèlerins, sans cesse sur le départ, au point de susciter la méfiance des institutions qui ont tôt fait de les soupçonner d’hérésie.»[2]

L’hérésie que nous pourrions reconnaître ici, c’est celle de la religion de la Lumière des manichéens. Mais le thème de la Lumière est également typiquement néoplatonicien. Nous croyons que la lanterne de Suger, son église abbatiale rénovée, s’inspire des deux influences. Une des questions posées par cette recherche est bien de déterminer si la prégnance sur l’histoire de l’idéologie manichéenne ne constituerait pas, avec des notions néoplatoniciennes plus classiques, l’essentiel de l’ésotérisme chrétien tel que l’a arrêté Suger, le rénovateur du symbolisme médiéval. Nous avons vu que l’ermite du XIIe siècle n’est pas un personnage stationnaire. Il arpente – prend la mesure… – de façon régulière son domaine. Il n’hésite pas à effectuer des voyages dans le monde afin d’apporter la bonne parole. Sa lampe voilée brille d’une lueur qui éclaire son visage en signe d’accueil. Cette représentation du patriarche rappelle celle d’Abraham dont le sein «désigne le lieu de repos des justes recueillis par la figure du père dans le pan de son manteau, lieu paradisiaque.» [3]

Selon la théologie médiévale[4], le manteau des Apôtres a des pouvoirs quasi magiques. Le manteau de saint Jean ressuscite les morts, celui de saint Jacques délie les prisonniers de leurs liens. Sur cette lame, le manteau de l’ermite repose sur la lampe qu’il porte à la main. La lampe est protégée par le manteau. Suger appelle ici la protection divine sur sa Lucerna. Le bâton rappelle la canne de mesure en bois de coudrier (covdrier : 90) du maître d’œuvre des chantiers de constructions d’édifices religieux. Avec le temps, des ouvriers (tailleurs de pierre, serruriers, charpentiers…) appelés «compagnons» se mettent à porter eux aussi différentes cannes. Leur forme permet de reconnaître le corps de métier.[5] Suivant la tenue de la canne, les initiés connaissent les intentions de son propriétaire, méfiance, confiance, mépris, provocation ou dévotion. C’est également une arme redoutable et certaines confréries payaient une «demi solde » pour leur apprendre le maniement de la canne. Notons que la canne est l’accessoire de saint Joseph, patron des charpentiers.

11

LA°FORCE

XI

Disons tout de suite que le programme iconographique de cette lame est tout ce qu’il y a de classique. Il s’agit bien sûr d’une variation sur le thème du juge Samson terrassant un lion. Notons que le nom de Samson se décode 11. Onze cent sicles d’argent furent payés à Dalila par les Phillistins pour s’assurer qu’elle trahisse son amant. Samson est né à Coréa et il est mort enseveli sous les ruines du temple de Dagon à Gaza. Entre les deux, sa plus grande victoire aura lieu à Lehi où il terrasse mille hommes en les frappant avec une mâchoire d’âne. Le nom Lehi signifie justement mâchoire.[6] Et voilà pourquoi Samson est représenté de cette façon. Et comme il termine ici son périple, en XI, nous y verrons le mat choir !

la-force-chartres.jpg

Samson- Cathédrale de Chartres

Dans certains Tarots modernes, cet Arcane se retrouve au huitième rang. Il nous faut élucider sans plus tarder l’énigme qu’il nous pose, car la pertinence de la démonstration que nous avons fait pour l’Arcane VIII repose en partie sur le résultat que nous obtiendrons ici.Vingt-trois traits verticaux, comme les petites cornes des diablotins de l’Arcane XV, se retrouvent associés à La Force dans le Tarot de Conver. Ils sont tous groupés sous le lion. De ces 23, seuls vingt sont visibles sur le jeu que nous possédons mais nous présumons que les trois autres sont présents sur le bois d’origine. (En effet, 23 ajouté aux lettres qui appartiennent au code mineur résout également l’équation proposée par cet Arcane.) Rajoutons ces 23 traits ou cornes au résultat de notre équation pour cet Arcane :

LA°FORCE: 12+1 (x 2)= 26. 15+18+3+5= 41. 41+23= 64. 64-26=38. 3+8= 11.

Et en mode mineur : LA°FORCE IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII: 6. 23. 6+23= 29. 2+9= 11.

Au Moyen-Âge, on attribuait la maîtrise des fauves aux ermites. Le lion est aussi le symbole de la connaissance mystique. Les lions signalent l’existence de secrets mais les découvrir est un travail d’ermite. La figure de l’ermite est à la fois proche et éloignée de celle du moine ou cénobite. À la condition monacale sont attachées les caractéristiques connues comme la vie en communauté, l’obéissance à une règle et la soumission à des vœux. S’y attachent également la recherche et la pratique systématique des vertus et l’élimination des vices. Une vie de moine est consacrée toute entière à la poursuite de ces objectifs. La recherche de la vertu de force est au nombre de ces objectifs. Le fait qu’elle conclue le cycle du Tarot nous indique bien l’image qu’ont d’eux même les moines qui nous ont donné le jeu. N’oublions pas que ce sont les mêmes qui sont à l’origine des moines guerriers templiers.

La valorisation d’une conception erronée de la force par le milieu ecclésiastique va donner lieu à la justification des pires excès tout au long de l’histoire de la religion catholique. Le lion à gueule ouverte symbolisait l’Antéchrist. En général, la partie antérieure du lion symbolise le Christ et la partie postérieure représente la nature humaine. Dans l’iconographie de l’époque, cette partie antérieure, un symbole de faiblesse, est moins développée. Le côté positif est représenté par le chapeau vert du lion, nous le verrons plus bas. Nous avons vraiment illustrée ici une totalité. Et, encore une fois, nous pouvons voir dans le Tarot une représentation cachée du Christ. On a caché dans La force des éléments de symbolisme égyptien. Il s’agit d’abord de l’Oeil d’Horus déjà rencontré en XVII. C’est l’œil du lion qui donne lieu à cette découverte. Le globe oculaire est accompagné à sa base de trois rides ou traits ondulés verticaux. Il y a également quelques petits traits au dessus de l’œil. À sa gauche, se trouve un croissant de lune.

Si on applique à l’œil, le pouvoir d’attraction lunaire, on ramène le globe oculaire au centre de la cavité orbitaire. Le premier trait à droite se déplace horizontalement vers la gauche et devient un trait supérieur. Les deux autre trait trouvent leur place sous l’œil au centre. Le petit globe lunaire se joint à l’un deux. C’est l’œil d’Horus ! Les petits traits verticaux et le déplacement de l’œil et des autres traits sont des signes d’éclatement. Le mythe du démembrement du dieu correspond à celui de l’éclatement de la lune et de l’Oeil d’Horus. Ce drame survient lorsque Seth affronte Horus. C’est la lutte des forces de l’ombre et de la lumière. La lune et l’œil sont reconstitués par la victoire d’Horus – qui prive Seth de ses parties génitales – ce qui amène le retour de la lumière.

Pour citer la Table d’Émeraude de l’Égypte antique, il possède «la force forte de toute force». Il s’agit d’un combat pour sauvegarder un équilibre entre des forces adverses. [7] Une autre qui semble avoir réussi son examen de passage, c’est le personnage féminin de cet Arcane. Il porte un chapeau qui affiche les cornes d’Horus sous son incarnation de Taureau. Elles ont la configuration allongée d’un croissant lunaire et forment une sorte de plateau ou de vallée supportant six petites pyramides. En latin, au pluriel : PYRAMIDIS : 16+18+1+13+9+9= 66. 6 lettres, 666.

Pourquoi six pyramides au lieu des trois que nous connaissons en Égypte? Cette question posée au sommet de cette lame, sur la coiffe du personnage, est éclairée par ce qui se passe à sa base. C’est comme demander pourquoi il y a six orteils au pied de la dame plutôt que cinq ! PIEDS : 16+9+5= 30. 6 orteils, 36 ou 666. Le nombre de la Bête en haut et en bas comme Alpha et Omega, voilà une surprenante conclusion à notre parcours. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. C’est la maxime de la Table d’Émeraude. D’après Viollet-Leduc, le chapeau à petites pyramides se portait au milieu du XIIe siècle. ¨Des figures qui datent de (…) 1140, et qui sont sculptées sur les bas-reliefs et les voussures de la porte Sainte-Anne de Notre-Dame de Paris nous montrent trois autres formes de chapeaux (…) l’un semble être fait en tricot, il est orné de pointes saillantes en façon de petites pyramides.¨[8]

Ce qui est illustré ici, en XI, c’est la méthode géodésique de mesure d’un terrain qui nous vient des Égyptiens et qui se nomme triangulation. C’est là une des sciences utilisées par les bâtisseurs de cathédrales. La position en équerre des bras du personnage nous confirme dans cette opinion tout comme celle de la bouche à géométrie variable, en compas, du lion. Le compas et l’équerre correspondent aux deux moitiés de l’Androgyne hermétique, au soleil et à la lune. Ici, l’équerre et le compas forment un couple entrecroisé signifiant que matière et esprit s’équilibrent. Ces deux instruments réunis sont le symbole du Compagnonnage, l’emblème de la corporation des bâtisseurs de cathédrales. [9]

Revenons à notre plateau égyptien, nos cornes de taureau. Elles sont de caractère lunaire. La corne symbolise la puissance, l’éminence, l’élévation. Partout où apparaissent les cornes, on peut deviner la trace de la Magna Mater. Amon, le bélier, porte aussi des cornes. On le surnomme le Seigneur des deux cornes. La dualité du symbolisme, masculin et féminin, est une autre illustration de l’esprit de synthèse qui anime les auteurs du Tarot.

Dans la tradition judéo-chrétienne la corne symbolise la force. Comme nous l’avons vu au chapitre sur Le soleil, elle est un rayon lumineux. La jeune femme porte donc une coiffe de pouvoir. Une des grandes leçons du Tarot est que chez un être équilibré, la raison dialogue avec le cœur, elle ne l’étouffe pas. La sagesse s’acquiert ainsi. Celle de La Force, et de l’Hermite, lui permet d’accepter d’être à la fois dans le monde et hors de celui-ci. Rappelons, comme nous l’avons vu au Bateleur, que le chapeau en forme de huit symbolise l’humilité de rigueur chez celui qui prétend être un maître.

En ce qui concerne la coiffe du lion, elle est invisible sur la plupart des jeux. Nous l’avons découvert uniquement sur le Tarot du bicentenaire de la maison Camoin. Le lion porte sur la tête un feutre vert triangulaire (un tricorne ?). Le lion est souvent représenté au Moyen Âge nu-tête mais avec des cornes. C’est un signe de puissance. Nous avons trouvé deux représentations de ces lions cornus et ils étaient tous deux accompagnés d’une jeune femme, comme sur l’Arcane XI. Les cornes rappellent une des têtes de la bête de l’Apocalypse. Le nombre trois associé à ce chapeau triangulaire suggère probablement la maîtrise des trois forces alchimiques, la sexualité, le temps et la troisième nous échappe. C’est sûrement un signe de virtuosité au niveau du maniement de l’apparatus, par exemple.

Le port du chapeau signifierait que le but de la quête alchimique était atteint. «Le rôle du chapeau paraît correspondre à celui de la couronne, signe du pouvoir, de la souveraineté, et ce d’autant qu’il s’agissait d’un tricorne. (…) les cornes du chapeau ou les pointes de la couronne sont conçues, comme les cheveux, à l’image des rayons de lumière.» [10]

• • •

Il y a aussi un codage alchimique surprenant dans cette lame. Notre lion est un hybride! Il s’agit également d’un chien… Une bête féroce qui dévore un chien, c’est la rencontre de l’or et de l’antimoine dans l’Oeuvre alchimique. En général, elle est figurée par un loup et un chien. La bête à droite de l’Arcane XVIII a le corps d’un chien mais les pattes arrières d’un fauve. Il s’agit d’un autre exemple du même genre d’amalgames graphiques. De plus :

CANIS/LEO: 78.

Enfin, si cette bête – ce monstre hybride dont l’architecture du Moyen Âge, celle de la basilique Saint-Denis notamment, est remplie – peut être à la fois un lion et un chien, nous proposons d’y reconnaître également un loup et, puisque cette lame a un caractère nettement féminin, une louve (lupa, 29 ou 11). Dans l’arsenal des outils des constructeurs de cathédrale, la louve ou love figurait en bonne place. Il s’agissait d’un levier utilisé pour le levage des pierres de taille. Nous connaissons tous la maxime d’Archimède qui associe la force ultime au levier. Donnez-moi un levier et je soulèverai le monde. Les deux bras du levier sont représentés ici par ceux de la dame qui sont intimement associé à la louve qu’elle tient en main. Ces bras sont presque placés à angle droit, en croix. Nous ajouterons donc la lettre X à ce mot :

LOVE X : 12+15+22+5+24= 78.

Comme la love est associé aux pierres de taille, cette représentation animale convient parfaitement à la Pierre. Le chapeau triangulaire qui la coiffe suggère qu’il s’agit de la pierre d’angle du bâtisseur, de la Pierre philosophale de l’alchimiste couronné. La maîtriser, s’en servir, voilà le défi qui se pose à notre personnage, voilà la définition de la vraie Force.


[1]

Dictionnaire du Moyen Âge, p. 1274

[2]

Id., p. 492

[3]

Id., p. 1043

[4]

Voir, entre autres, les Évangiles apocryphes

[5]

Les Compagnons du Devoir du Tour de France ne prennent pas la route pas sans leur canne.

[6]

Juges, 15: 9 et note.

[7]

Voir l’entrée Horus dans Le dictionnaire des symboles

[8]

Encyclopédie médiévale, p. 480

[9]

Voir Le dictionnaire des symboles à l’entrée Compas

[10]

Le dictionnaire des symboles, pp. 207-08

© Marc O. Rainville, 2008. Tous droits réservés



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Découvertes de nouveaux blogues québécois!



Une réponse à Lhermite – La force Axe IX-XI

  1. Rom dit :

    Salut Rom, belle nouvelle interface!

    Si ça t’intéresse, j’ai trouvé une signification inédite à l’arcane 11, la Force. Voir mon blog et merci au passage de l’avoir mis dans tes favoris, si je ne t’ai pas déjà remercié ;-)

    Ps: désolée de poster ici mais à l’arcane “La Force” il n’y a pas possibilité de commenter…
    Commentaire par Madeleine 08.05.12 @ 12:44 |Modifier

    Voici ce que j’ai trouvé sur le blogue de Madeleine à propos de La force :

    Celle qui domine le Lion

    “Or parce que Sagesse voulut que ce qui était dépourvu d’esprit fût modelé d’après une forme et exerçât le gouvernement sur la matière et sur toutes ses puissances, un Archonte apparut hors des eaux, ressemblant à un lion, androgyne, doté d’un grand pouvoir, mais ne sachant pas d’où il était issu. Et quand Sagesse le vit bouger au fond des eaux, elle lui dit: “Jeune homme, traverse jusqu’ici!” dont l’équivalent est “Yaldabaôth”.

    Ce jour-là, apparut le commencement de la parole qui atteint les dieux, les anges et les hommes.”
    Commentaire par Rom 08.06.12 @ 11:07 |Modifier

    recherche faite, il s’agit d’un extrait d’un des manuscrits de Nag-Hammadi (les manuscrits de la Mer Morte?). Un texte gnostique écrit en copte, dénommé : “l’écrit sans titre” : traité sur l’origine du monde (NH II,5 et XIII,2 et Brit. Lib. Or. 4926[1])

    Donc, Nag Hammadi, Codex II, livre 5.

    extrait du site : (http://religions.free.fr/2400_apocryphes/2400_apocryphes/2400_apocryphes/2427_originemonde.html)

    Ces sources présentent le dieu créateur du monde matériel comme un dieu ignorant et envieux, qui blasphème en se prétendant le seul dieu. Par mode de captatio benevolentiae sans doute, l’auteur fait toutefois de Sabaoth, un des fils du démiurge Ialdabaoth, un exemple de conversion gnostique, proposant ainsi en modèle à ses destinataires le Dieu des Écritures juives. Dans son exposé anthropogonique, il présente encore Ialdabaoth, le dieu créateur, comme ignorant et jaloux, alors qu’Adam et Ève, tout comme Sabaoth, deviennent des modèles à imiter, qui accèdent à la vraie connaissance en désobéissant à leur créateur.

    Une fois cet exposé terminé, l’auteur en propose comme démonstration non pas un argument tiré de quelque système gnostique, mais la croyance, bien attestée dans la littérature intertestamentaire juive, selon laquelle cultes idolâtres, pratiques magiques et sortilèges ont été enseignés aux hommes par des anges déchus, qu’il s’empresse d’identifier aux archontes de son exposé. Le traité se conclut sur un épilogue qui résume l’exposé et conclut le tout par un vibrant appel à la conversion, une promesse de récompense ou de châtiment éternel. Les parentés littéraires observées entre cet écrit sans titre et celui qui nous est connu sous le titre Eugnoste le Bienheureux permettent de croire que ces deux traités formaient à l’origine les deux volets d’un dyptique, le premier consacré à l’origine du monde et le second au dieu transcendant. Ces deux écrits ont par la suite connu des trajectoires différentes au cours desquelles ils ont subi un certain nombre de transformations.
    Commentaire par jérôme 08.08.12 @ 18:02 |Modifier

    Merci Jérôme mais il suffisait de cliquer sur mon prénom pour accéder à mon blog et trouver la référence du texte ;-) Et les manuscrits de Nag Hammadi n’ont rien à voir avec ceux de la Mer Morte…

    Mon propos en postant mon message ci-dessus était surtout de montrer à Rom que, selon moi, l’arcane “La Force” (donc nous sommes bien dans le Tarot) représente la Sagesse des gnostiques, celle qui a donné naissance au Dieu Yahvé-Yaldabaôth, qui est pour les gnostiques le Démiurge qui a créé ce monde mauvais (plus par ignorance que par goût du mal).

    Et dans mon article “22 juillet, début du Lion”, grâce au lien “Celle qui domine le Lion” et aussi dans le commentaire que j’ai joint, je fais le parallèle entre “La Force” du Tarot et Ishtar qui, elle aussi, domine le Lion et qui a, elle aussi, le symbole de l’Ogdoade sur la tête (concernant la Force, ce symbole se retrouve dans le “huit” de son chapeau).

    Cher Rom, je sais tout le bien que tu penses de Philippe Camoin mais voilà encore une arcane qui va dans son sens (je précise que je n’ai pas lu son livre sur MM, s’il l’a déjà publié d’ailleurs) ;-)

    Pour ma part, je crois que l’arcane 21 représente Marie-Madeleine et l’arcane 3 la fameuse “Femme de l’Apocalypse”. Le trio 15, 16 et 17 représente le culte au Temple (15), la chute de ce culte qui se trouvait en haut de la tour du Temple (16) et Marie-Madeleine (17), voir mon blog l’article “Les sept daemons” où on voit, sur l’arcane l’Etoile, le symbole de l’Ogdoade entouré des sept daemons.

    cordialement,
    Madeleine
    Commentaire par Madeleine 08.09.12 @ 6:26 |Modifier

    Salut, juste comme ça. A l’origine sur X-I LA FORCE, ce n’était pas un lion mais un ours. Avant de commencer a analyser quoi que ce soit, faudrait se baser sur la version historique la plus juste…
    Commentaire par Alexis 08.12.12 @ 3:17 |Modifier

    Alexis veut dire ici (Tarot Jean Noblet) ? Un “ours” qui a des poils aussi longs et de deux sortes de couleurs, comme si le dessinateur avait voulu mettre en évidence la crinière d’un… “lion” ?

    http://letarot.com/jean-noblet/pages/pages-images/force.html

    Désolée, je reste sur le lion.
    Commentaire par Madeleine 08.12.12 @ 6:04 |Modifier

    Alexis, “A l’origine”, dis-tu. De quelle origine s’agit-il ? Voudrais-tu avoir l’obligeance de nous donner la référence de cet ours? Le dessin, assez flou, peut bien indiquer un ours ou un lion, ce n’est pas très évident. La symbolique romane (Xème-XIIème siècle) présente souvent la “victoire” ou la “maîtrise” sur un animal, lion bien souvent, mais pas toujours (l’ours est parfois présent, mais beaucoup moins souvent). Lion ou ours: la symbolique est la même : notre partie “animale”, ne crois-tu pas ?
    Commentaire par jerome 08.12.12 @ 6:13 |Modifier

    Et bien restez sur le Lion si ca vous chante. Sur le Jean Dodal aussi c’est un Ours => http://letarot.com/jean-dodal/pages/pages-images/11.html

    Et même sur les tarots historiques de Type-II =>
    http://tarot-de-marseille-millennium.com/galerie_tarots_historiques.html

    Oubliez la crinière 2 minutes (qui n’est en faite qu’une couleur) et regardez bien la morphologie de la tête !

    C’est a cause des Kabbalistes Franc-Maçon comme Oswald Wirth que l’on pense aujourd’hui que c’est un Lion =>
    http://www.galerie-creation.com/oswald-wirth-tarot-11-la-force-strength-n-1879055-0.jpg
    Commentaire par Alexis 08.12.12 @ 6:16 |Modifier

    oui, tu s raison pour la tête : elle ressemble bien à une tête d’ours (oreille ronde etc.). Cependant, la fourrure et les pattes, notamment sur les tarots dont tu donnes les liens : (Héri, Madenié, Chosson, Tourcaty etc.) sont bien des pattes de lion.
    Le dessinateur a peut-être voulu laisser une ambigüité sur l’animal ? Dans ce cas c’est, non un lion ou un ours, mais un… “animal”.
    Commentaire par jerome 08.12.12 @ 6:29 |Modifier

    Page 124 du “Pèlerinage des Bateleurs de Flornoy” :

    Le tarot de Jean Noblet représente un ours. Les
    tarots historiques plus tardifs nous montrent un lion, animal oublié
    après les croisades. Louis XIV, recevant en cadeau un couple de ces
    fauves de la part du Bey d’Alger réintroduira le lion dans l’imaginaire
    français. Chaque génération a son animal sauvage qui est
    aussi le plus puissant du monde connu…
    « Le 18 décembre 1994, lorsque Jean-Marie Chauvet et ses deux compagnons
    pénètrent dans la grotte de Vallon-Pont-d’Arc, ils savent immédiatement
    que la découverte de ce “nouveau Lascaux” va faire le tour
    du monde. Mais l’information la plus importante est passée en grande
    partie inaperçue : … ce crâne d’ours trônant sur une sorte d’autel entouré
    d’un cercle de trente autres crânes d’ours. »
    Au sein de la réflexion paléontologique, le culte de l’ours, comme
    plus ancienne religion de l’humanité est à l’ordre du jour. Vous
    pourrez consulter avec intérêt le travail de Michel Pastoureau :
    L’ours, histoire d’un roi déchu, 2007, Seuil, collection : La Librairie
    du XXIe siècle.
    Commentaire par Alexis 08.12.12 @ 6:31 |Modifier

    Bon, alors va pour l’ours.
    Image romane proche de notre Force, provenant de l’église romane de Brioude : http://www.casimages.com/img.php?i=1208121237287771310201991.jpg
    Commentaire par jerome 08.12.12 @ 6:35 |Modifier

    Que ce soit sur le Jean Dodal ou sur le Jean Noblet, les poils sont bien trop longs pour être ceux d’un ours et, sur le Jean Noblet, la double couleur (sic, n’en déplaise à Alexis) montre bien une crinière “différente” du corps. Comme chez Pierre Madenié, chez François Héri, etc.

    http://www.tarot-de-marseille-heritage.com/images/galerie/1709_pierre-madenie/11_la_force.jpg

    Jérôme, les lions ont les oreilles rondes ;-)
    Commentaire par Madeleine 08.12.12 @ 10:22 |Modifier

    @ Madeleine : Les lions n’ont JAMAIS eu de museau aussi long… Et un Ours, ça a des poils au moins aussi long qu’une crinière de Lion ! Bref, basez-vous sur les plus vieux, pas sur les plus jolies ! C’est un piège !
    Commentaire par Alexis 08.12.12 @ 11:31 |Modifier

    Au passage, sur TOUTES les illustrations, je vois plus un pelage qu’une crinière… Regardez bien la formes des traits…
    Commentaire par Alexis 08.12.12 @ 11:38 |Modifier

    Je me base sur ce que vous nous donnez à voir, Alexis. Sur la page que “vous” référencez plus haut, on voit nettement la limite entre la crinière et les pattes (Madenié, Héri, etc). Or il n’y a pas cette limite chez les ours mais elle existe chez les lions. De plus, même chez Jean Noblet, on voit nettement deux couleurs, une façon de montrer aussi cette différence entre crinière et pelage.

    Mais soit, je vous écoute et remonte donc aux plus anciens tarots.

    Sur le très ancien “Tarot de Paris”, on voit bien la crinière d’un lion:

    http://www.tarothistory.com/wp-content/gallery/tarot-de-paris/11.jpg

    et idem (et encore plus flagrant) chez Viéville:

    http://www.tarotpassages.com/vievill3.jpg
    Commentaire par Madeleine 08.12.12 @ 13:02 |Modifier

    En fait, c’est un loup ! ”(…) si cette bête – ce monstre hybride dont l’architecture du Moyen Âge, celle de la basilique Saint-Denis notamment, est remplie – peut être à la fois un lion et un chien, nous proposons d’y reconnaître également un loup et, puisque cette lame a un caractère nettement féminin, une louve (lupa: avec le code, 29 ou 11).

    Dans l’arsenal des outils des constructeurs de cathédrale, la louve ou love figurait en bonne place. Il s’agissait d’un levier utilisé pour le levage des pierres de taille. Nous connaissons tous la maxime d’Archimède qui associe la force ultime au levier. Donnez-moi un levier et je soulèverai le monde. Les deux bras du levier sont représentés ici par ceux de la dame qui sont intimement associé à la louve qu’elle tient en main. ”
    Pour autres commentaires sur le sujet :
    http://tarotchoco.quebecblogue.com/l%e2%80%99axe-ix-xi-l%e2%80%99hermite-%e2%80%93-la-force/
    Commentaire par Rom 08.12.12 @ 14:26 |Modifier

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