Lempereup – La maison-Dieu Axe IV-XVI

Lempereup

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L’EMPEREUP

IV

Osons dire qu’il était impossible que L’empereur ne soit pas logé à l’enseigne du IV ! Ce chiffre est traditionnellement associé à l’idée de stabilité. Le personnage est assis, le front haut, sa pose représente la droiture. Son trône repose sur un œuf contenant un aigle. Cet oiseau est associé à la royauté et au Christ en symbolique chrétienne. Chez les romains, l’aigle représente l’empire. Et au Moyen-Âge, il représente le Saint-Empire germanique.

C’est bien son empereur qui est représenté ici. Les croquis de Villard de Honnecourt nous apprennent que les enlumineurs et les copistes médiévaux utilisaient des figures géométriques comme bases à leurs différents dessins. Dans le cas de l’aigle qui nous occupe, son tracé est basé sur celui l’étoile à cinq branches qui sert de support à la tête et aux membres, l’Étoile de David judaïque.

DAVID : 40 ou IV. DAVID : 32.

Ce nombre est sacré dans la cabale juive. L’aigle est dans un œuf. Le niveau de lecture change. Le Christ, l’aigle, est envisagé comme un symbole de l’état que l’adepte peut atteindre lui-même. Celui-ci devait pour cela réussir la fusion des principes masculin et féminin. Cette notion revient constamment dans toutes les traditions spirituelles. L’aigle inversé, dans le même ordre d’idée, représentait l’Antéchrist. Le numéro officiel de ce dernier est 666 mais inversé c’est également 999. Et on peut tout à fait l’inverser, comme on le verra au chapitre sur Le Pendu.

L’Antéchrist est bien sûr un personnage qui a été démonisé. Mais sa signification ici est simplement liée au travail de l’adepte, qui est lui-même un antéchrist tant qu’il n’a pas atteint les objectifs spirituels qu’il s’est fixés. Le mot ne signifie pas contre le Christ mais avant le Christ. L’aigle dans l’œuf signifie le moment, les conditions nécessaires, où le neuf se transforme en dix et revient à l’unité. C’est un symbole analogue à celui de l’ourouboros, le serpent qui se mord la queue, un résumé de l’œuvre. L’illustration de ce mode d’emploi alchimique figure à l’Arcane IV parce qu’il est le chiffre de la pierre. Le Christ a bâti son Église sur une pierre. L’alchimiste recherche également la pierre. Les assises de la stabilité de Lempereup reposent sur un principe spirituel. De nombreuses monarchies se sont érigées sur ce principe.

La France du XIIe siècle a fait oeuvre de pionnière en ce domaine en codifiant les règles qui faisaient du roi le représentant de Dieu sur le territoire national! C’est l’abbé Suger qui est à l’origine des textes sur ce sujet. L’aigle est associé à la vie de l’âme et celle de l’esprit qui s’envole vers elle dans sa quête, tel un aigle, qui est le seul animal mythique qui puisse contempler le soleil en face. La quête de lumière est probablement le sens que l’on peut donner au message de l’aigle.

Chez L’impératrice, cet aigle encadré dans un blason est un codage qui signifie Lire le signe de l’aigle. Si on applique à rebours le langage des aigles, pardon, le langage des oiseaux aux éléments de cette charade nous obtenons ce qui suit :lire : Lyre – signe : Cygne – aigle : Aigle ou peut-être angle.La Lyre, le Cygne et l’Aigle sont trois constellations voisines de l’hémisphère boréal, le ciel que contemplent les astronomes européens. Et ces trois constellations font justement partie d’un ensemble fameux, ce qu’on appelle aujourd’hui le Triangle d’orientation. En effet, elles abritent chacune l’une des trois étoiles les plus brillantes du ciel.

Nous développerons ces idées lorsqu’il sera temps d’analyser le Deux de Coupe qui reprend lui aussi le codage lire le signe de l’aigle. Disons simplement ici que tout ce qui concerne le triangle ou la trinité divine commence justement à faire partie du discours théologique à partir du XIIe siècle. Signalons aussi que l’abbé Suger a codé un vase religieux célèbre, l’Aigle de Suger, qui est conservé au Louvre dans la salle qui porte son nom. Ce vase porte une inscription codée ! Nous aurons l’occasion d’y revenir. Enfin, plus prosaïquement, l’aigle dans l’œuf pourrait être une étoile de David sur un denier ou un écu ; les croquis de Villard de Honnecourt font état d’un jeu de piécettes semblable, similaire aux dés. Le symbolisme hermétique de l’étoile dans ce contexte indique l’accès de l’initié maçon à la Géométrie.

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L’esprit signifié ici par l’Aigle, chez l’Arcane IV, est associé à la fonction, la tâche du dirigeant. L’aigle doit redescendre, comme chez L’Impératrice. Le personnage est le représentant d’une institution temporelle. Son genou plié signifie que régner c’est d’abord servir. Le genou est le symbole de la puissance sociale et de l’autorité. On lui attribue également un caractère religieux. «Pline l’Ancien signalait le caractère religieux des genoux, symbole de la puissance.»Le genou plié ou croisé signale également un participant aux Croisades. Les chevaliers qui avaient servi pendant les Croisades étaient enterrés sous des effigies de pierre dont les jambes étaient croisées.

C’est l’empereur Conrad III (1093-52) du saint empire germanique qui règne au temps de Suger à partir de 1138. Il s’est croisé aux côtés du roi de France Louis VII, pour livrer bataille aux infidèles en Terre Sainte lors de la seconde Croisade.

CONRAD III : 3+15+18+1+3= 40 ou 4, IV.

Son pied gauche ne repose sur l’aigle que tant que le genou est plié. La stabilité du personnage tient également à d’autres détails. Sa main gauche est ancrée fermement au centre, à la ceinture. Le coude semble soudé au trône. Ce trône dissimule un phallus à la hauteur de la tête de L’Empereur. La puissance de vie est à ce niveau. Le regard est vissé sur le sceptre, symbole de sa tâche.

L’alliance symbolique entre un empereur au genou plié et son sceptre a une autre signification. Elle fait référence à un épisode de l’histoire de l’Europe du XIIe siècle qu’on a appelé la Querelle des Investitures. À cette époque, les monarques désignaient l’évêque dans les diocèses. Ils arrivaient ainsi, entre autres choses, à caser des fils cadets encombrants. Le Vatican désirait mettre fin à cette pratique. L’enjeu n’était pas mince. Il s’agissait de déterminer lequel du pouvoir spirituel ou du temporel allait dominer l’Europe.

L’empereur germain Henri IV après avoir tenté un temps de résister au Pape dut se rendre à Canossa en 1077 afin d’y plier le genou, de se soumettre. Après de nombreuses péripéties, le pape Calixte II proposa à Henri V une formule de compromis qui est connue sous le nom de Concordat de Worms (1122). « Ce texte distinguait dans la fonction épiscopale, l’aspect spirituel et l’aspect temporel. Les élections épiscopales et abbatiales seraient libres mais se dérouleraient en présence d’un délégué de l’empereur; le métropolitain accorderait l’investiture ecclésiastique au nouvel élu. L’empereur (…) obtenait en échange le droit de remettre au nouvel évêque les biens et les fonctions politiques attachées à sa charge, en procédant à une investiture par le sceptre, suivie d’un serment de fidélité. »

Le sceptre était tendu par l’empereur ou son métropolitain. Le genou plié est le signe du serment de fidélité. Cependant c’est l’évêque qui pliait le genou cette fois devant le représentant de l’empereur. Le Concordat affaiblissait le pouvoir impérial et le prestige de la Papauté s’en trouva accru. Le conflit pour la domination de la Chrétienté allait ressurgir au XIIIe siècle, avec l’avènement d’un empereur moins conciliant, Frédéric II. Nous pouvons maintenant résoudre notre équation.

L’EMPEREVP: 12+5+13+16+5+18+5+22+16= 112. 1+1+2= 4 ou IV.

La lecture du psaume 112 de la Bible est recommandée. Il y a chez lui biens et richesses.. Son front se relève avec fierté… 112, c’est le sol invictvs, le soleil invincible dont on fête le retur le 25 décembre, une fête païenne qui a été absorbé par la nouvelle religion de Jésus, une date qui célèbre le Sauveur sous son jour triomphant. Par opposition, comme nous le voyons au chapitre sur Le pendu, 112 est également le nombre de IESVS PATIBILIS le Christ souffrant au gibet. Le pendu a la corde au pied, l’empereur, lui, l’a au cou. Ces deux représentations du Christ sont l’Alpha et l’Omega de sa carrière sur Terre.

112, c’est aussi le nombre de prophéties de Malachie, évêque irlandais contemporain de Suger, sur la lignée des papes. Et c’est le nombre de sarcophages de pierre qui encombrent le sommet de la petite colline bourguignonne de Quarré-les-Tombes, le mystérieux village voisin de Vézelay. 112 est également le nombre d’années que vécut le juste Tobit, père de Tobias et fossoyeur de son état, à qui la cécité temporaire donna le privilège de séjourner symboliquement au royaume des morts.

On remarque une chose. Le psaume fait allusion à une lignée de justes. La prophétie de Malachie a trait à une lignée de papes. Les tombes du village de Quarré, par définition, incarnent la lignée des générations. Et le livre de Tobit regorge d’allusions directes aux sépultures.En plus de ce nombre, les deux Arcanes ont en commun le genou plié. Ici, chez L’emperevp, c’est la figure dissimulée du Christus Imperator, une proche parente du sol invictus, qui apparaît maintenant. En ce sens, l’Arcane IV est une autre figure christophore. La présence de l’aigle christique était déjà un indice en ce sens.

Au Moyen Âge, on associait à la figure du Christ empereur le rôle de chef de la bonne milice, celle qui mène le bon combat. Dans l’organisation de la vie monastique, le concept de militia regroupe toutes les démarches qui visent à favoriser l’ascèse. Celle-ci peut éventuellement déboucher sur l’ultime combat, celui qui mène au martyre. L’austérité monacale était donc une autre de ces pratiques qui visaient à l’imitation du Christ. Le genou en croix rappelle cet aspect de la condition monacale. «(…) Aelred de Rievaulx peut dire : <<Notre ordre, c’est la croix du Christ>>.»

Nous venons de voir que la palette du symbolisme christique est assez large et qu’elle peut contenir des concepts aussi éloignés que Christ au Gibet et Christ Empereur ou Christ Triomphant. Ceux-ci ont fini par absorber le concept païen de Soleil Invincible, Sol Invictvs. Il faut rappeler que les religions de monothéisme solaire, le culte de Mithra notamment, ont donné du fil à retordre au Christianisme des débuts. On sait que pour finir par supplanter toutes les autres, la religion catholique a fait des emprunts cultuels massifs. Le Soleil Théarchique du Pseudo-Denis, en est un exemple, les nombreux saints qui supplantent des divinités païennes en sont un autre.

Il est intéressant de noter qu’aux deux bouts de la palette ou de l’échelle des religions émergentes autour du IIe siècle, on retrouve d’un côté le IESVS PATIBILIS et de l’autre le SOL INVICTVS. À nouveau, la somme codée des deux donne le même nombre, 112. Comme il y a un aspect mathématique dans l’ésotérisme de toute gnose, on ferait peut-être bien de souligner que ce nombre est 16 X 7 ou 4 x4 x 7. Enfin, le P final de L’emperevp met aussi en vedette le nombre 16 . Ce P fait plus que rappeler la forme curieuse du chapeau de l’Emperevp. 16, c’est bien 4 x 4. Si on voulait évoquer la stabilité, on ne pouvait trouver mieux. Et 16, c’est aussi le nombre de l’Arcane qui fait face à celui-ci, la Maison-Dieu, dont un interprète du Tarot, André Virel, a déjà fort justement dit qu’elle était « … une sorte de complément noir de L’empereur. »

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LA°MAISON°DIEV

XVI

Notre nouvel Arcane représente, peut-être plus que tout autre, le caractère aléatoire de la condition humaine. Les expériences qu’il symbolise contribuent pourtant à l’ouverture de la conscience et à la guérison. Elles impliquent cependant des retournements de situations qui n’apparaissent effrayants que lorsqu’on les envisage au préalable. La chute qui est parfois impliquée ici se termine, pour ceux qui savent se relever, par une amélioration de la position de vie, par une ascension, littéralement. Après le séjour au Paradis représenté par L’Étoile, voici donc la chute aux Enfers.

Le nom de Maison-Dieu est donné au Temple de Jérusalem. Mais cette tour foudroyée sous une pluie de deniers est d’abord le rappel d’un mythe de la Grèce antique. Acrisius, roi d’Argos, ayant consulté les augures découvre qu’un de ses descendants serait la cause de sa mort. Il fait immédiatement enfermer sa fille unique Danaé dans une haute tour – parfois une chambre souterraine – dont l’entrée est murée. Zeus lui-même prend alors en pitié la jeune fille et fait tomber sa semence en pluie d’or sur la tour. Zeus est le dieu de la mantique chez les Grecs.

Son attribut en ce domaine est la feuille de chêne. Il y a un Z dans le coin droit de cette lame. La lettre se présente sous la forme d’un rayonnement tronqué qui émane du double cercle au même endroit. L’ensemble représente la nuée rayonnante chère aux illustrasteurs du Moyen-Âge. Et il y a une feuille de chêne (en jaune) dans la foudre/feuillage!

Poursuivons. Danaé donne naissance au héros Persée qui tuera Acrisius par accident quelques années plus tard. Et selon Eliade : «L’eau est germinative, la pluie est fécondante, pareille au semen virile.» Encore aujourd’hui, les Gitans portent parfois une cotte constituée de deniers métalliques. Et lorsqu’ils veulent honorer leurs musiciens, ils ont l’habitude de jeter en l’air au-dessus de leurs têtes des billets de banque. Ils accompagnent cette pratique d’une coutume tout aussi plaisante, celle de détruire de petites assiettes rondes en les projetant sur le plancher, comme une pluie de deniers.

De même qu’avec l’Arcane Le bateleur, Suger a voulu mettre en évidence l’association de deniers avec la semence dans cet Arcane qui met en scène une tour, le symbole phallique par excellence. Pour être bien certain que l’analogie ne nous échappe point, il se permet d’inscrire dans cette tour trois fenêtres qui dessinent un phallus stylisé. Notons qu’il s’agit ici d’une tour décapitée, un puissant symbole de castration. Nous reconnaissons un passage du livre biblique du prophète Habacuc (16). Il s’agit du verset 3 : 13 (16). Ha, 3 : 13 :Tu es sorti pour le salut de ton peuple, pour le salut de ton messie. Tu as décapité la maison du méchant : place nette au ras des fondations !

Retenons que ce passage mentionne la tête et les fondations. Nous allons nous attarder à ces deux extrémités sans toutefois négliger le reste de l’ensemble. C’est une couronne qui est emportée ; on peut faire une lecture littérale et y voir la décollation d’un chef couronné. Le nombre XVI s’avère ici prophétique. Le capétien qui portait ce nombre fut guillotiné. Le pape moderne qui le choisit, Benoit le seizième du nom, avoua dans un rare moment de faiblesse au lendemain de son élection, que celle-ci lui apparaissait comme un passage à la guillotine. Toutefois, la tête qui tombe peut être ramassée par son propriétaire.

C’est ce que la légende fait faire à saint Denis L’Aréopagite après sa décapitation au premier siècle. C’est dans l’adversité que l’on se saisit ou se ressaisit ! Le mouvement de la couronne de l’Arcane XVI symbolise la vie spirituelle qui continue malgré le bouleversement qui affecte l’ensemble. La mort par décapitation était considérée comme une mort noble, une sainte mort. C’était une apocalypse, une révélation. Cette tour foudroyée, décapitée, comporte justement 22 rangées de pierres, comme les 22 chapitres de l’Apocalypse, le Livre de la Révélation. Les Bénédictins ont établi une sorte de mythe fondateur autour du personnage de Denis. Un moine syrien du IVe siècle au nom inconnu s’était fait passer pour lui ; c’est le fameux théologien dit le Pseudo-Denys L’Aréopagite.

Les bons moines n’ont pas hésité à associer cet imposteur à un autre Denis, du IIIe siècle, celui-là, l’évêque de Paris. On associait ainsi à la région parisienne, celle de leur abbaye, le nom du célèbre auteur. Cet évêque ne fut pas martyre comme le premier Denis. Mais on le fait marcher, la tête à la main, jusqu’à l’abbaye bénédictine. La légende est créée.Dans cet Arcane du Tarot, on ajoute un autre Denis. Il s’agit de la figure de Denis L’Ancien, le tyran de Syracuse, qui régnait au Ve siècle celui-là. On dit de lui qu’il était d’un naturel prudent. Il ne confiait pas sa tête au barbier, de peur de se la voir tranchée. Et il n’haranguait le bon peuple que du haut d’une tour !

Un mot encore sur 16.  Il s’agit du nombre des sections du ciel tel que décrit par Sénèque et Pline dans ce qui était pour les Étrusques la doctrine des foudres, libri fulgurales. «La signification d’une foudre était révélée par les portions du ciel d’où elle venait et où elle aboutissait.» Eliade rapporte que le message transmis dans ce «langage secret» était d’origine divine et ne pouvait être compris que par les prêtres spécialisés, les haruspices.

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Décodons le nom de cet Arcane, en mode mineur d’abord.

LA°MAISON°DIEV: (19+14) x 2= 66. 4. 66+4= 70 ou 7. 7, c’est 16 ou 1+6.

70 est également un nombre symbolique que nous allons rencontrer au chapitre sur Le monde. Il est associé à l’universalité et à la destruction. 70, c’est l’année où le Temple de Jérusalem fut détruite. Et la Maison-Dieu est justement le nom du Temple. Et en mode majeur:

LA°MAISON°DIEV: 12+1 (x 2)= 26. 13+1+9+15 (x 2)= 76. 9+5+22= 36. 76+36= 112, à nouveau ce nombre rencontré en IV, l’autre résident de cet axe. 112-26= 86. 8+6= 14. Ce n’est pas concluant.

En fait, ce que nous cherchons, c’est un nombre auquel on soustrairait le 26 initial pour arriver à 16. Nous sommes déjà rendus à 112. 186-26 nous donnerait 160, 16. Ce 186, nous pouvons l’atteindre en adjoignant à 112 deux fois la somme des deniers ou boules de couleurs qui entourent la tour foudroyée. Il y en a 37. 2 x 37= 74. 112+74=186. 186-26= 160 ou 16. C.Q.F.D.

Qu’est-ce qui nous a permis de doubler ainsi le nombre de ces deniers providentiels? DENIERS : 5+9+5+18= 37. DENIERS : 4+14+19= 37. Le nombre 37 est codé deux fois dans le mot deniers. (De plus, les lettres de La Maison-Diev qui font pas partie du code mineur sont les mêmes, S, N et D ou 19, 14 et 4, total 37.) Avec les deux chiffres du code, le mot denier est un double 37. Donc nous avons doublé.

Les jumeaux qui apparaissent sur cette lame sont une autre indication dans ce sens, la présence des deux roches ou pierres qui reposent sur le sol près de la tour également. Un mot sur la présence de 112 dans ce codage. Nous avons vu en IV que c’est le nombre d’années imparties à Tobit lors de son séjour sur cette terre. C’est le chapitre 14 du livre de Tobit qui nous en informe. Sur son lit de mort, le vieillard prophétise. Jérusalem, «la Maison de Dieu sera désolée et brûlée pour un temps.» C’est au verset 14 : 4 que l’on trouve cette prédiction, 14 : 4 ou 144, le nombre de la Jérusalem céleste. Dans cet Arcane XVI, le feu du ciel ne fait qu’ébranler la tour.

Jérusalem est désolée et brûlée pour un temps. Le verset suivant, 14 : 5, annonce clairement sa reconstruction. Ainsi, au cœur même du nom La maison-Diev, on a dissimulé une symbolique de chute et de remontée, de mort et de renaissance. Nous croyons qu’il faut étendre cette signification au nombre 112. Et aussi à l’Arcane XVI, bien sûr. 16 est la dixième partie de notre total de 160. Dans l’Ancien Testament, la dîme est l’offrande de la dixième partie des revenus de l’agriculture et de l’élevage (Genèse 14 : 20, note). Jacob promet à Dieu la dîme après avoir justement promis à Dieu une maison! Genèse 28 : 22 Cette pierre que j’ai érigé en stèle sera une maison de Dieu et, de tout ce que tu me donneras, je te compterai la dîme. Nos deniers peuvent très bien être une représentation de la dîme.

Cette pluie de deniers est un des éléments graphiques les plus intéressants de l’Arcane. Il semble faire appel à des éléments de physique et d’électricité encore inconnus à l’époque. Mais nous croyons que cette pluie représente un élément positif enfoui et qui est mis au jour par un choc soudain. La rupture d’un équilibre interne ou externe est toujours une expérience déstabilisante accompagnée de pertes et de gains. La pluie ou l’eau représente également la sagesse. Nous avons vu que des roches sont représentées au pied de la tour.

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D’où proviennent-elles? Ce sont deux de ces deniers qui tombent du ciel voyons! Ce qui porte leur nombre à 39 qui doublés donnent maintenant 78. Ces deux deniers, ils semblent avoir quitté le navire avant que la foudre ne tombe. Ils ont commencé à germer sur le sol fertile, comme ces talents de la parabole que nous avons déjà rencontrés avec le Soleil. De 13 qu’ils étaient, ils ont triplé pour passer à 39. «Les pierres ne sont pas des masses inertes ; pierres vivantes tombées du ciel, elles demeurent animées après leur chute.»

Ces pierres à la forme incertaine sont également une allusion aux molles, ces formes de bois utilisées par tailleurs de pierres pour en définir les dimensions exactes. Les pierres molles de l’alchimiste et du maçon sont également ici à l’honneur. L’éclair, comme la pluie, a valeur de semence céleste. La foudre stylisée qui est représentée ici est un ancien symbole de germination. C’est le souffle du dragon ailé, le mercure alchimique, le dragon de vie, même si l’animal fabuleux n’apparaît pas lui-même dans l’Arcane. «Puissance céleste, créatrice, ordonnatrice, le dragon est tout naturellement le symbole de l’empereur.

Il est remarquable que ce symbolisme s’applique non seulement en Chine, mais chez les Celtes, et qu’un texte hébreu parle du Dragon céleste comme d’un roi sur son trône. Il est en effet associé à la foudre (il crache du feu), et à la fertilité ( il amène la pluie). Il symbolise ainsi les fonctions royales et les rythmes de la vie, qui garantissent l’ordre et la prospérité. C’est pourquoi il est devenu le symbole de l’empereur. (…) le dragon est surtout lié à la production de la pluie et du tonnerre, manifestation de l’activité céleste. Unissant la terre et l’eau, il est le symbole de la pluie céleste fécondant la terre. En conséquence, le dragon est signe de bon augure, son apparition est la consécration des règnes heureux. Il arrive que de sa gueule ouverte sortent des feuillages : symbole de germination. » Le souffle du dragon de l’Arcane XVI répond aux battements de l’aigle de l’empereur…

Prenons un instant pour examiner cet animal au souffle fertile. DRACO : 18+1+3+15= 37. Les 37 boules de pluie – une pluie de mercure !- qui entourent la tour participent du même symbolisme que celui de cette foudre-feuillage germinative. Faut-il rappeler aussi que Draco, le dragon, a une tête et une queue en astrologie ? La tête, c’est la couronne, la queue, et bien nous allons voir dans ce chapitre qu’il se la fait tirer, sous forme de corde, par un des petit bonhommes au bas de la lame. On peut déjà avancer toutefois que ces deux compères ne chutent pas de la tour. Leur trajectoire a pris naissance dans le ventre du dragon. «On peut rattacher l’image de la baleine rejetant Jonas à la symbolique du dragon, monstre qui avale et rejette sa proie, après l’avoir transfigurée. (…) Le voyage aux enfers accompli, il remonte du pays des morts et de la prison nocturne de la mer.»

Un des personnages semble justement remonter, après cette chute peut-être, justement. Mais ne nous y trompons pas, l’idée de chute est claire. «(…) la pierre qu’on rejetés les bâtisseurs est devenue la pierre de l’angle, et aussi une pierre d’achoppement, un roc qui fait tomber.» Ces deux pierres aux pieds des personnages, en fait, sous leur nez, sont ce qu’on appelait des pierres de foudre ou des pierres de pluie. Elles aussi représentent la semence, la fertilité, la matière première de l’œuvre de reconstruction qui va suivre. «(…) vous aussi, comme des pierres vivantes, vous êtes édifiés en maison spirituelle (…).» Selon la tradition biblique, la pierre représente la sagesse, tout comme l’eau. Les deux symboles, l’eau et la pierre se retrouvent réunis dans ce récit où Moïse fait jaillir une source en frappant une pierre. Ces pierres de foudre peuvent également être des pierres à feu ou silex qui, à nouveau, symbolisent la foudre, l’instrument de la vengeance des dieux.

On le constate, ces roches ne sont pas ici par hasard. Un des personnages semble se prosterner devant elles. Il semble défier ainsi l’autorité du Seigneur : «Ne placez pas de pierre peinte (figurée, sculptée) pour vous prosterner devant elles» . Mais c’est surtout pour attirer notre attention sur elles. Si ces pierres sont peintes, c’est qu’elles renferment un message, un symbolisme quelconque. Nous allons nous prosterner, pardon, nous pencher sur elles. Une autre pierre doit être mise en rapport avec cet Arcane, le bétyle, cette pierre sacrée vénérée par les Arabes d’avant Mahomet et dont le nom signifie, à partir d’une racine sémitique, maison de dieu. Suivons attentivement cette piste ; ce qui suit est important.

Dans le récit de la Genèse, Jacob se réveille un bon matin en un lieu où il a posé une pierre. Il nomme ce lieu Béthel car il a eu une vision : Genèse, 28 : 17 (…) Que ce lieu est redoutable ! Il n’est autre que la maison de Dieu, c’est la porte du ciel. C’est que dans son sommeil, il a rêvé que de la pierre posée sur le sol et qu’il utilise comme oreiller a jailli une échelle, la fameuse Échelle de Jacob. Le sommet en touche le ciel et des anges y montent et en descendent. Il s’empresse de rebaptiser le lieu et d’oindre d’huile la fameuse pierre, de l’ériger en stèle. Bethel, comme bétyle, signifie maison de dieu. Grâce à un mouvement étymologique spectaculaire, nous allons constater que notre maison de Dieu en pierre se transforme. Le dictionnaire des symboles nous informe en effet à l’entrée Pain «qu’il est de tradition que Beith-el, la maison de Dieu, qui est la pierre dressée de Jacob, soit devenue la Beith-lehem, la maison du pain. La maison de pierre est transformée en pain, c’est-à-dire la présence symbolique de Dieu en présence substantielle, en nourriture spirituelle (…)». Dans l’Évangile (Matthieu, 4 : 3) les pierres se transforment en pain.

Constatons maintenant ce qui suit.Ces deux pierres sont effectivement représentées comme des pains. La «(…) notion d’accomplissement du Grand Œuvre s’applique exactement à la pierre philosophale, d’ailleurs quelquefois prise comme symbole du Christ. Elle est le pain du Seigneur (…)». Il faut aussi noter que le rituel de la messe de l’Église orthodoxe du premier millénaire incluait l’action de rompre ou de trancher non pas un mais deux miches de pains. La seconde miche était utilisée par l’officiant au son du Ave Maria et elle correspondait au «Corps de la Vierge Marie». La tour qui domine les deux représente l’Église. La foudre qui frappe cette structure est peut-être un autre rappel du schisme de 1054, de cette Église séparée en deux.

Suger vouait un culte particulier à la Vierge. Il s’est représenté avec elle, dans la même position que le demi personnage à la gauche de la tour, dans un vitrail intitulé Ave Maria. Ce geste, c’est celui de l’hommage, de l’offrande des mains du vassal à sa suzeraine. Nous ne sommes pas loin de croire que lorsqu’il célébrait sa messe, Suger devrait rompre un second pain en cachette, peut-être au moment de la prière qui suit l’offertoire, la secrète. C’est le moment où l’officiant nettoie son calice et dispose des miettes consacrées en formulant des vœux particuliers et en priant pour les saints, les prophètes, l’évêque, les bienfaiteurs de la paroisse, etc. Les pierres qui se transforment en pain, voilà également qui nous rappelle la suggestion du diable à Jésus souffrant de la faim lors de son séjour au désert.

Un extrait du sermon 97 (16 !) de saint Bernard va nous indiquer qu’une façon d’interpréter ces pierres est d’y reconnaître la parole de Dieu. «Ne vous y trompez pas ; il vous semble que c’est un caillou, c’est du pain; cette parole est dure en apparence, elle est pleine de douceur au dedans. Le Seigneur votre Dieu vous éprouve : l’exercice de la foi et la preuve de l’amour est dans cette peine simulée. Après tout, supposons que ce soit une pierre, n’avez-vous pas au moins la foi des démons ? « Si vous êtes le Fils de Dieu, dites que ces pierres deviennent des pains.» Mais les auteurs du Tarot se moquent manifestement de saint Bernard car celui-ci dit dans le même sermon : «Et malheur à ceux qui appellent une pierre du pain et du pain une pierre, prenant ainsi la lumière pour les ténèbres et les ténèbres pour la lumière.»

Il ne nous manque plus que le vin pour compléter le symbolisme eucharistique. Est-ce trop demander ? Nous avons vu qu’il y a une averse sur la tour. Qui dit averse dit liquide. De quoi celui-là se compose-t-il ? De 37 boules… Si au moins c’étaient des raisins… Mais ce sont peut-être des raisins. Décodons pour voir : RAISINS : 18+1+9+9= 37

Comme la couronne est un également un bouchon, l’ancienne définition de ce mot en fait un rameau de feuillage pour bouchonner et comme il correspond donc tout à fait à celui qui vient du ciel sous forme de foudre, on ne peut qu’y voir une représentation de la dive bouteille, pas trop bouchonnée espérons-le, l’alliée indéfectible de tout moine qui se respecte, lui et sa règle, bien sûr. Cette couronne a la forme d’un chapiteau, la partie élargie qui couvre le fût d’une colonne. Ce mot est également le nom que l’on donne à la partie de l’alambic où se condensent les vapeurs de la distillation.Voilà une série de codages à l’arôme complexe ! Notons à propos du chapiteau architectural qui se trouve dans nos églises qu’il est souvent décoré de feuillages comme celui qui est présent ici dans le ciel de l’Arcane XVI. Les chapiteaux sculptés et historiés des cathédrales racontent la vie de saints et sont remplis de symboles dont certains n’ont pas encore été déchiffrés. Il faudrait se pencher davantage sur ceux de la Madeleine de Vézelay. Il nous a semblé que les chapiteaux y étaient au nombre de 78.À nouveau, la tour est un symbole de l’Église. Il nous reste à associer le mot pierre à Pierre, le fondateur de cette Église dont on dit qu’il en est la pierre angulaire, la pierre d’angle ou la pierre du faîte. La pierre du faîte, c’est la clef de voûte : «C’est la pierre de l’achèvement, du couronnement et le symbole du Christ descendu du Ciel pour accomplir la Loi et les Prophètes.»

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Mais le propre du peigne est d’abord d’être associé à la tête et à chevelure. Feu et tête ou feu et cheveux… Nous croyons que l’esprit ou même la main d’Hildegarde est derrière la conception de cette lame. Peut-être était-elle rouquine !Un des niveaux d’interprétation est que le Christ par la médiation de Pierre et de l’Église est l’échelle spirituelle menant à Dieu. On comprend maintenant que les deux roches à la base de la tour sont les pieds de cette échelle spirituelle, une Échelle de Jacob comme nous allons le voir.

À la rigueur, une seule pierre aurait suffi pour indiquer cette échelle mais il y en a deux ce qui signifie à notre avis qu’une monte au ciel et que l’autre descend, s’enfonce. Les yeux des personnages voient plus loin que le sol, c’est évident. Ils contemplent les abîmes, qui sont le lieu de la Connaissance. En effet, comme nous l’avons mentionné à quelques reprises, Mircea Eliade nous rappelle que dans certains récits mythiques l’accès à la divination est le propre de celui qui a réussi sa visite initiatique aux Enfers. Cette initiation implique une descente suivie, bien sûr, d’une remontée. Cette échelle double va voir son symbolisme éclairé par la citation suivante : «(…) l’idée d’échelle double et à son symbolisme particulier. Cette figure est très ancienne ; on la croit d’origine chaldéenne. Elle est parfois inscrite à l’intérieur d’un cercle couronné ou d’une étoile. Elle est un symbole de la justice en ce qu’elle marque une égalité entre la descente et la montée, entre la faute et le châtiment.

On a vu également dans ces deux parties égales de l’échelle (…) une équivalence de la balance et le symbole de la justice immanente. Toute faute déclenche automatiquement des forces destructrices sur le coupable et, par cercles concentriques, sur sa sphère d’influence : le châtiment est soumis à une sorte de déterminisme physique.» L’image de notre échelle-tour est effectivement côtoyée par celles de la couronne et des étoiles. Nous allons rencontrer à nouveau la représentation de l’échelle au chapitre sur Le monde. Pour l’instant, fixons notre attention sur l’échelle qui est visible, celle qui monte, qui semble effectivement s’inscrire allégoriquement dans un cercle couronné à l’aide de l’image de cette tour. Deux jeunes hommes en tombent mais ne pouvons nous pas penser qu’ils vont grimper/descendre à l’échelle invisible ?

Concentrons-nous sur un aspect de la tour. Combien de rangées de pierres découvrons-nous ? Combien de barreaux y-a-t-il à cette échelle ? À nouveau, 22. Il peut être intéressant de noter que le mot échelle en latin, scalae, se décode 22. La porte du Ciel – ou des Enfers – de l’Oracle, est donc accessible grâce à une échelle qui comporte 22 degrés. Notons que les 22 étages de la tour sont ceux que nous comptons sur la version du Bicentenaire Camoin. Le Héron porte à confusion à cet égard. Et sur le Grimaud, il y en a 23.

Considérons maintenant ceci. Nos deux personnages ne pourraient-ils pas être Jacob et son frère jumeau Esaü ? On se souviendra que Esaü, dans le récit de la Genèse, est le frère qui vendit son droit d’aînesse pour du pain et du brouet de lentilles. N’avons-nous pas justement illustrée ici une pluie de lentilles et deux petits pains ?! Maintenant. L’irruption de cette flamme fractionne la tour. Sans cet événement, elle comporterait 24 étages. En effet, il y a deux autres niveaux entre la fracture et la section circulaire en forme de covronne (78)/créneavx (78). Il est intéressant de noter que les descriptions médiévales de l‘Échelle de Jacob lui attribuent justement 24 degrés. Tout d’abord, Jacob en hébreu donne lieu à un jeu de mot avec talon.

TALON : 20+1+12+15 : 48.

Le talon est un élément du pied et c’est le pied qui donne leur raison d’être aux degrés de l’échelle. Comme nous avons affaire ici à l’échelle du dénommé Jacob au célèbre talon/48 et que cette échelle est double, une opération mathématique simple nous suggère que chacune de ces échelles comporte vraisemblablement 24 degrés. Ensuite, au XIIe siècle, le mot ange se dit aussi angre qui se décode 24. Jacob a été nommé ainsi parce qu’il est né la main accrochée au talon de son jumeau. On aperçoit ce premier geste de Jacob naissant, toujours dans la position du bras de notre personnage de droite. Quant au fameux talon, celui d’Esaü, il est mis en valeur sur l’Arcane XVI par une coche dans la brique au 13e étage, le nombre de la vie et de la génération. Enfin, le talon est un symbole des organes génitaux. Le talon est en effet le point réflexe des organes sexuels.

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On retrouve ce mythe du talon dans l’histoire d’Achille mais aussi dans celle d’Orion où Apollon poussa la Terre à créer un monstrueux scorpion qui piqua Orion au talon.Notons que dans le récit de la Genèse, l’Échelle de Jacob permet aux anges de monter et descendre. Genèse 28 : 12 : Il eût un songe : voici qu’était dressée sur terre une échelle dont le sommet touchait le ciel ; des anges de Dieu y montaient et y descendaient. L’auteur des Hiérarchies célestes, le Pseudo-Denis L’Aréopagite établit définitivement pour tout le Moyen Âge le rôle des anges.

D’après Le dictionnaire des symboles, il est le grand angélologue (sic) du christianisme. Le courant néoplatonicien de Denis qui nourrit Suger leur fait une grande place. Le schème de leur «procession» est un des thèmes centraux du néoplatonisme de Denis. Le Tarot illustre un de ces personnages ailés sur six des Arcanes majeurs, III, VI, XIV, XV, XX et XXI pour un total de 79 ou 7+9, XVI, l’Arcane de leur Échelle! Et 79 en tarotique appliquée, c’est le nombre de l’au-delà, le domaine des anges, d’abord parce que 79, c’est 78 + 1, une incursion hors du système mais aussi parce que 79, c’est la somme des lettres de LA MORT. Ces six lettres sont avec I et E celles qui reviennent le plus souvent dans l’ensemble des lettres qui composent le nom des Arcanes majeurs ; nous le verrons à nouveau plus loin. I et E c’est 14, XIV, Tempérance, le plus visible des anges du Tarot.

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Dans l’iconographie chrétienne du Moyen Âge, des groupes de deux ou trois personnages sont fréquemment représentés auprès d’une tour à trois fenêtres environnée de flammes. Pour Hildegarde de Bingen, la tour représente également Ecclesia, l’Église. Les flammes sont l’Esprit Saint. Les personnages reflètent par des attitudes appropriées les différents états spirituels. «Pierre Damien dira que l’église représente la figure du monde. L’église de pierre offre l’image de l’immense cité de dieu, la Civitas Dei, dont a parlé saint Augustin, et qui est faite de tous les chrétiens, de la même manière que l’édifice est composé de pierres.» Ainsi, une telle image aurait été immédiatement reconnue par les populations chrétiennes de l’époque qui lui auraient attribué son sens symbolique classique, à savoir, la vigilance et l’ascension.

Au sujet d’une tour à trois fenêtres, il est intéressant de noter la description que fait Hildegarde de Bingen de cette tour, Ecclesia : «(…) velut magnam et rotundam turrim, totamque integrum et album lapidem exsistentem, tresque fenestras in summitate sui habentem (…).» Une énorme tour ronde bâtie en pierres blanches et munie de trois fenêtres en son sommet. Ce passage provient de la quatrième vision du tome II du Scivias, le livre des visions lumineuses d’Hildegarde. Il se poursuit ainsi : «(…)in summitate sui habentem, ex quibus tantus fulgor resplenduit quod etiam tectum turris illius quod se velut in conum erexerat, in claritate eiusdem fulgoris manifestius videretur(…)». Ce qui se résume ainsi : Du sommet de cette tour jaillissait une puissante lumière.

Il est difficile de ne pas reconnaître la main d’Hildegarde dans le tracé de cette lame. On notera que l’on peut ajouter une boule ou figure circulaire aux 37 qui sont déployées près de la tour Ecclesia. Il s’agit bien sûr de la couronne qui domine l’ensemble. Ce qui porte le nombre de ces sphères aériennes à 38.

ECCLESIA : 5+3+3+12+5+9+1= 38. Soulignons que le mot foudre se décode également 38. Cet amalgame est probablement un codage gouliard menaçant l’Église d’un châtiment par le feu du ciel. La couronne qui saute rappelle également le chef (16)qui roule sous le coup porté par l’épée de l’adversaire. Le chef, ou la tête, ce serait ici celui qui trône au sommet de l’édifice de l’Église, le pape. La jeune femme qui représente Ecclesia est introduite dans la symbolique graphique catholique par l’abbé Suger ; on peut voir un vitrail sur ce thème dans sa basilique. Cela arrive au moment même où Hildegarde élabore sa tour Ecclesia. La lecture d’extraits du Scivias convainquit Eugène III du caractère divin des œuvres d’Hildegarde. Le Scivias, ou Connais les Voies (de Dieu), a été rédigé par Hildegarde de 1141 à 1151, la période où Suger construisait son Tarot et sa basilique. Tous deux attestent avoir trouvé leur inspiration dans une forme de lumière spirituelle.

C’est une profession de foi que l’on qualifie aujourd’hui de néoplatonicienne.

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En lui-même, le terme maison de dieu, signifie maison des veilles, de la vigilance. Jacob pose sa tête sur une roche avant de céder au sommeil en signe de vigilance. Il est récompensé par sa fameuse vision. Selon Mircea Eliade, «Jacob s’est endormi sur une pierre, là où le Ciel et la terre communiquaient : c’était un <<centre>> correspondant à la <<Porte des Cieux>>. (…) La pierre sur laquelle s’était endormi Jacob n’était pas seulement la <<maison de Dieu>>, mais aussi le lieu où, par l’<<échelle des anges>>, s’établissait la communication entre le ciel et la terre (…) le point où le transcendant pouvait se manifester dans l’immanent.» Ceux qui séjournent dans ces lieux sont visités par l’Esprit Saint. Hughes de St-Victor associe la pierre aux fidèles carrés et fermes par la stabilité de leur foi.

On le constate, les théologiens de l’époque réfléchissaient au symbolisme et en parlent dans leurs textes. L’historien Émile Male dit de Suger qu’il a réintroduit le symbolisme dans l’iconographie religieuse. La Maison-Dieu introduit la notion de rupture et de blessure dans notre processus de recherche d’unité. Dans la mystique juive, le corps cosmique comporte une rupture primordiale. On retrouve ce concept en écho dans la Genèse. La quête de l’humanité en est une de guérison et d’unité à retrouver. À ce sujet, Jean Vanier dans son livre Le Corps Brisé, signale «qu’à l’intérieur même de nos brisures se trouve la semence qui nous ramènera vers l’unité.» Jetons à nouveau un coup d’œil sur la foudre qui frappe notre édifice. Elle a l’aspect d’une feuille ou d’une plume.

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C’est aussi de cette façon que l’on représentait les flammes au Moyen Âge. La maison-Dieu est le nom que l’on donnait aux hostelleries templières ou hospitalières qui accueillaient les pèlerins du Moyen Âge faisant route vers Saint-Jean de Compostelle ou Jérusalem. C’était des refuges où on se donnait rendez-vous à la nuit tombée. Des familles entières voyageaient ensemble et leurs membres tremblaient d’être victimes de brigands. On était parfois séparé par les hasards de la route. La nuit venue, on y attendait, hélas parfois en vain, un être cher tombé sous les coups des détrousseurs de grands chemins. Le son de la cloche qui sonnait pour l’appel à la prière des résidents se rendait parfois jusqu’aux retardataires et aux blessés. Ils y trouvaient alors le surcroit de force qui leur manquait pour compléter une étape et se mettre à l’abri. Ces haltes servaient à renouer les liens un instant défaits ou à se consoler de ceux qui se rompaient à jamais.

L’Arcane représente donc la pause qu’on peut se ménager afin de refaire ses forces et se prémunir contre le malheur qui menace. Notons maintenant un aspect intéressant de cet Arcane. Les deniers jaunes dessinent des constellations de l’hémisphère austral. Comme l’a suggéré l’éditeur Philipe Camoin, ces deniers jaunes situés à gauche de la tour représenteraient Canis Minor, le petit chien.

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Nous croyons pour notre part que six des sept deniers jaunes de droite peuvent également être associés à une partie de la constellation du chasseur, Orion, le lieu d’origine mythique du peuple rom. «(Les Gitans) sont venus sur terre en un temps très reculé, d’un lieu originel toujours présent dans le ciel nocturne, la constellation d’Orion, le puissant chasseur.» On distingue nettement les trois étoiles de sa ceinture aussi appelé son cordon ombilical, ses deux épaules et un des deux genoux. Enfin, les trois deniers jaunes restant qui encadrent la foudre épousent le tracé du Bélier où il ne manque qu’une étoile. Mais on la devine derrière ce plumeau multicolore.

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La constellation d’Orion se nomme Sahu en ancien égyptien. C’est «(…) l’ultime – ou pénultième – échelon de la divinisation de l’âme humaine, correspondant au <<budhi>> de l’ésotérisme hindou.» Orion fut placé dans la constellation du Taureau, à la suite des Pléiades qu’il semble poursuivre de son arc. C’est un lien avec l’Arcane XVII. Faisons passer l’épreuve du code à nos trois constellations. Rappelons-nous qu’il y a deux étoiles cachées.

CANIS MINOR: 3+1+9+13+9+15+18= 68.

ARIES: 1+18+9+5= 33.

ORION: 15+18+9+15= 57. 68+33+57= 158.

Avec les deux étoiles cachées, nous avons: 160 ou 16, XVI.

Notons au passage que les quinze lettres participantes à ce quiz céleste correspondent au nombre de boules dorées qui constituent nos constellations. Toute une partie de chasse en perspective! C’est le bélier ici, ou la foudre qui l’encadre, qui est le gibier. Le Bélier est un signe de feu en astrologie. Capter la foudre, le feu du ciel, la puissance séminale et ignée, c’est un des objectifs du chasseur, pardon, de l’alchimiste. Le bélier est signe de fécondité, sa présence ici confirme ce qui a été dit au début de ce chapitre à propos de Zeus Generator. Le bélier est également un symbole du Christ ce qui confirme le statut d’Arcane christophore de XVI. La présence du bélier au sommet de l’Arcane et sa proximité de la couronne rappelle que les cornes de bélier entraient dans la composition des couronnes magiques des rois et des dieux de l’ancienne Égypte.

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Orion le chasseur a un collègue dans cet Arcane, nous l’avons rencontré un plus haut, c’est Esaü, dit le Velu. Il a de la barbe sur les joues contrairement à son jumeau Jacob qui semble glabre. Esaü a vendu son droit d’ainesse à son frère à la suite d’une partie de chasse dont il était revenu bredouille (Genèse, 25 : 27-34). Dès que l’on adopte ce nouvel éclairage, le sens de l’Arcane évolue. La fatalité se transforme en action, en libre-choix.

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Un autre détail dans cet Arcane nous confirme cette nouvelle interprétation. Il y a une ouverture à la base de la tour, à droite. Un cordon s’en échappe. Il est retenu fermement par la main du personnage de droite. On a l’impression qu’il actionne un mécanisme. Il ressemble à un bedeau qui sonne ses cloches. Une scène nouvelle se dessine alors sous nos yeux. Ce personnage tire sur un cordon sorti d’une ouverture qui fait basculer ainsi la couronne. Comme la corde est un symbole d’ascension, on ne peut qu’être assuré que le destin de ce personnage n’est pas mis en péril. Le sermon 62 de saint Bernard nous renseigne sur le sens symbolique de l’ouverture et de la muraille.

Nous avons ici une métaphore sur la divination. «Qu’est-ce pour une âme fidèle que demeurer dans les trous de la pierre et de se trouver dans les fentes des murailles. Il vaut mieux chercher la volonté de Dieu, que sonder sa gloire et sa majesté. Pureté du cœur qu’il faut avoir pour prêcher la vérité. (…) Ma Colombe est dans les trous de la pierre, et dans les creux de la muraille (Cant. II , 13). Ce n’est pas seulement dans les trous de la pierre que la colombe trouve un refuge assuré, c’est aussi dans les ouvertures de la muraille : Si nous prenons cette muraille, non pour des monceaux de pierre, mais pour l’assemblée des saints, voyons s’il n’entend point par ses ouvertures, les places qu’ont laissées vides les anges qui sont tombés du ciel par leur orgueil, et qui seront remplies par les hommes comme des ruines qui doivent être rebâties de pierres vivantes. Ce qui faisait dire à l’apôtre saint Pierre : « Vous approchant de la pierre vivante, soyez vous-mêmes des pierres vivantes, employées à des édifices spirituels (I Pet. II). » (…) Nous pourrons avec assurance sonder la pierre, dans laquelle sont cachés des trésors de sagesse et de science (…) C’est là la définition d’un oracle et ce sermon en commente les aspects pour les initiés ! Il n’appartient pas à tous ses enfants de pénétrer les secrets de la volonté de Dieu…

Voilà qui est merveilleux.

Les tarots modernes ont tous occultés l’existence de cette ouverture entre les pierres, dans la pierre. Certains auteurs ont même ajouté une porte à la tour! Non, décidément on ne pénètre pas dans cet édifice de la manière classique. Cette corde qui est tirée en représente le seul accès. Cet effort nous fait immanquablement penser à celui auquel nous procédons lorsque nous consultons les lames. Tirer la corde, les lames, faire s’entrouvrir le sommet de la tour, le raisonnement et y laisser pénétrer, ou en laisser s’échapper, le feu du ciel, l’esprit…

En symbolique hermétique, faire sonner les cloches signifie se livrer à une activité spirituelle. (Le mot cloche vient du bas latin, clocca qui se décode 37, à nouveau, le nombre de deniers qui volent autour de la tour.)Comme la corde est un des instruments de mesure du maître de chantier, on peut établir également ici que le personnage est un rappel de cette profession. L’étymologie du mot corde le met en parenté avec boyau. Ce mot a le même sens que corde. Mais il signifie aussi corridor souterrain, entrée de mine. La trappe donnerait accès au sous-sol de la tour, à une caverne, un gisement quelconque. À nouveau ici, on a une indication en rapport avec le monde inférieur, tellurique.

De telles entrées cachées vers le monde souterrain apparaissent, nous l’avons vu, en XVIII et XVII. Ce monde souterrain est illustré en XV. «La caverne remplit à cet égard une fonction analogue à celle de la tour et du temple en tant que condensateur de force magique ou extra-naturelle, mais il s’agit en elle d’effluves telluriques, de forces émanant des étoiles d’en bas, et dirigées vers ces autres étoiles d’en bas, qui brûlent le cœur de l’homme.» La tour entourée d’étoiles de la maison-Dieu donne en effet l’impression d’être un réservoir d’énergie.

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Que dire maintenant du second personnage dont la chute apparaît soudain inversée. Sa main gauche qui s’agrippe au sol arrache une laîche de gazon. Ne semble-t-il pas propulsé vers le ciel lui aussi? On dirait qu’il est affranchi des lois de la pesanteur. Sa position, dès lors, en est une d’ascension. Il paraît y résister, tout comme à la perspective de la chute. Notons que cette association entre le feu du ciel et la chute est probablement une indication cachée ayant trait à un rituel initiatique.

Bien que nous n’ayons trouvé aucune trace d’un tel rituel dans l’Antiquité ou au Moyen Âge, des pratiques archaïques y correspondant sont signalées par Mircea Eliade. «Parmi les épreuves initiatiques australiennes, il convient de signaler encore deux cérémonies : 1) le jet de feu par-dessus les têtes de novices ; 2) le lancement des novices dans l’air. (…) le jet de feu est probablement un rite purificateur en rapport avec la foudre, mais il a également une signification sexuelle. Quant au lancement des novices en l’air, ce rituel est susceptible d’une double signification : offrande du néophyte au Dieu du Ciel, ou symbole d’ascension. Mais les deux significations sont complémentaires ; en somme, il s’agit de présenter le novice à l’être céleste. Cette cérémonie nous semble solidaire des autres rites d’ascension présents dans les cérémonies d’initiation.»

Nous croyons que cette thématique archaïque se retrouve illustrée ici dans le Tarot parce qu’elle correspond à un rituel chrétien secret et qu’elle est inspirée des cérémonies des mystères agricoles d’Éleusis. Nous croyons également si toute cette symbolique ascensionnelle est relié au concept de forces telluriques qui est au cœur de l’ésotérisme occidental. Cette tour qui relie le ciel et la terre aurait eu bien besoin d’un paratonnerre ! L’auteur du jeu a clairement illustré ici un lien entre les forces du ciel et les courants telluriques. Les personnages qui chutent expriment un double symbolisme. Ils représentent à la fois l’acrobate et l’homme culbuté.

En XVI, on prend son envol vers une condition surhumaine ou on essuie une défaite coupable dans le combat moral contre soi. L’atterrissage en XV nous mettra en présence de la torche-épée-phallus qui nous brûlera avec plus ou moins d’intensité. À ce sujet, relire la légende d’Iseut qui étreint un fer rouge sans être brûlée. Les désastres intimes sont également figurés par des structures architecturales déstabilisées. Pierre-Louis Augereau dans son excellent « Hergé au pays des tarots » suggère de rebaptiser la Maison-Diev en Maison-Vide. Dieu n’y est pas. Il est dans la foudre et la pluie de deniers qui encadrent la tour, note-t-il avec justesse. Il remarque que les deux personnages ne semblent pas se faire de souci. (À l’évidence, il n’a pas en main la même édition que nous.) Il s’interroge : Les flammes ne viendraient-elles pas de l’intérieur du bâtiment en bousculant la couronne sur leur passage? La Maison-Dieu nous rappelle alors la maison de feu d’une expression ancienne.

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L’auteur assimile la tour à l’athanor de l’alchimiste, ce qui est une interprétation conforme au symbolisme de l’époque. Cette lecture fait intervenir un renversement du symbolisme apparent de l’Arcane. Nous avons mentionné pour notre part l’activité à laquelle se livre le personnage de droite en jouant du cordon. Le feu de l’alchimiste, c’est d’abord sa sexualité. Elle ne doit pas être niée, ni exaltée. Le bon régime est ce qui convient. Le péché d’Onan, c’est d’avoir répandu sa semence sur la terre. Cette stérilité s’oppose à la fertilité de Zeus relatée plus haut. En ce qui concerne, un des sens traditionnels de cet Arcane, le châtiment, on peut mentionner que le monde arabe aurait eu lui aussi sa tour, la Tour de la Mort. On précipitait le fautif du haut d’un minaret.

Comme nous n’avons pas réussi à trouver une source écrite pour corroborer cette information orale nous la soumettons à nos lecteurs sous toutes réserves. Une telle pratique, si elle s’avérait exacte, ne serait de toute façon certainement pas l’apanage exclusif des Sarrasins. Nombre de bons et moins bons chrétiens furent précipités par leurs coreligionnaires du haut des hautes murailles de châteaux afin de satisfaire à l’exercice de la justice, une pratique qui remonte à la civilisation romaine .«Les anciens Romains précipitaient certains criminels du haut de la roche Tarpéienne». Cette roche trouve ici son illustration dans la figure de la tour et celle de la roche qui lui est associée.

TARPÉIENNE : 20+1+18+16+5+9+5+5= 79.

Le nombre de l’au-delà est aussi 7+9= 16, XVI. Concluons ce chapitre avec un retour sur nos deux personnages. D’après certains auteurs, celui de gauche illustrerait un svastika, la croix tournoyante qui semble happer dans un vortex toutes les forces de l’univers. Elle symboliserait ici l’homme capté par un destin. Le mot sanscrit svasti signifie à la fois augure et salut. Cette croix est un symbole de rédemption. Dans l’art roman, le Christ est représenté autour d’une spirale ou d’un svastika. Charlemagne l’avait adopté pour associer la transcendance à son pouvoir séculier. En hermétisme, le nombre du swastika est justement 16.

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Le personnage de droite, le sonneur de cloches, exerce une activité qui commande, qui précipite un destin. Il y a un symbole sur son épaule qui ressemble à une fourche. Il semble s’agir d’un e grec stylisé, un peu inquiétant, la lettre epsilon, la cinquième de cet alphabet. Ce personnage nous invite à le suivre vers l’Arcane suivant qui occupe lui aussi la cinquième position, Le Pape, cet autre grand sonneur de cloche devant l’Éternel.


Le dictionnaire des symboles, p. 476 Ballard, M., Genet, J.-Ph., Rouche, M., Le Moyen Âge en Occident, p. 169 Malachie est peut-être un pseudonyme. Rien ne prouve que ce saint évêque du XIIe siècle soit réellement l’auteur des prophéties qui lui sont attribuées. Voir Tobit dans La Bible Voir le Dictionnaire du Moyen Âge, p. 96-97 Dn, 5 : 3 Mircea Eliade, Traité d’histoire des religions, p. 168 Mircea Eliade, Histoire des croyances et idées religieuses, tome 2, p. 128 Le dictionnaire des symboles, p. 751 Id., pp. 367-68 Id., p. 368 Psaumes, 118 : 22, Pierre 1, 2 : 7-8, Mathieu, 21 :42, Luc, 20 :17 Pierre 1, 2 : 5 Lévitique, 26 : 1 Le dictionnaire des symboles, p. 753 Lawrence Durell, Pope Joan, p. 92 Mt. 4 : 3 Le dictionnaire des symboles, p. 752 Le dictionnaire des symboles, p. 387 Le dictionnaire de symboles, p. 937 En 1141, Hildegarde a sa plus fameuse vision. C’est elle qui conduit à la rédaction du Scivias. Le ciel se serait ouvert pour elle et une lumière éblouissante en serait sortie. Il est possible que cette vision ait inspiré Suger, cet apôtre de la lumière du «soleil théarchique» de Denis L’aréopagite. Les Bénédictins étaient enthousiasmés par les communications d’Hildegarde de Bingen qui jouait un rôle de phare spirituel pour cette communauté monacale. Mircea Eliade, Traité d’histoire des religions, pp. 200-01 Katherine Neville, Le cercle magique, p. 294

Grégoire Kolpaktchy, Le livre des morts des Anciens Égyptiens, p. 157, note 1.

Le dictionnaire de symboles, p. 182 Mircea Eliade, Initiations, rites, sociétés secrètes, p. 51 Voir Acrobate et Culbute dans Le dictionnaire des symboles.

Voir Précipiter, Le petit Robert, p. 1508

Voir Le Dictionnaire des symboles à l’entrée Svastika

© Marc O. Rainville, 2008. Tous droits réservés



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4 réponses à Lempereup – La maison-Dieu Axe IV-XVI

  1. Jawah dit :

    Pour moi, les traces au sol sont les pas du Mat qui sort de cette arcane.. La Mat s’en va, la maison s’effondre car elle n’est plus soutenue. Corrélation faite entre entre acrobates et mat : ce sont des forains. Autrement dit, l’animal bleu qui pousse la Mat vient des eaux marecageuses de la maison dieu, la maison du Mat ou le Mat de la maison, et la coiffe du Mat est semblable a la feuille de chene. Les deux lames cote a cote on a : échec et mat ! Mais tout ça semble très éphémère…. Après tout, on tourne une roue de fortune, et ce n’est qu’un constat graphique un peu comme les 7 différences. Ce Mat aurait-il la tête dans les étoiles ?

    • Jawah dit :

      « Dieu amer et chastement vivre,
      Lors me samble serpent et guivre
      Me menjue le cuer el ventre
      Quant l’en en la meson-Dieu entre
      Por regarder aucun malade. »
      — Rutebeuf – Le miracle de Théophile

  2. Rom dit :

    je n’ai pas vraiment saisi le lien que tu fais ici. Mais ne lâche pas !

  3. Madeleine dit :

    Pour Miryai (Marie-Madeleine), l’Aigle est le Bon Messager, ce qui fait écho à votre vision de l’Aigle. Voyez plutôt:

    http://www.sacred-texts.com/chr/gno/gjb/gjb-2-2.htm#page_70_fr_2

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