Épitaphe de l’abbé Suger

Peu après la mort de Suger, un chanoine de Saint-Victor de Paris nommé Simon Chèvre-d’Or composa une épitaphe en latin dont voici la traduction :

«L’Église a perdu sa fleur, sa perle, sa couronne et son soutien, son étendard, son bouclier, son casque, sa lumière et son auréole, en perdant l’abbé Suger, qui fut un modèle de vertu et de justice, un religieux aussi grave que pieux. Magnanime et sage, éloquent, généreux et distingué, on le vit siéger dans les conseils sans jamais quitter le conseil intérieur de sa pensée. C’est par ses mains prudentes que le roi tenait les rênes du gouvernement, il régnait sur le roi, on pourrait dire qu’il fut le roi du roi. Tout le temps que le roi de France fut éloigné de son royaume pour la conduite de l’expédition d’outre-mer, il fut le chef de l’État et régent de France. Il sut allier en lui deux qualités presque inconciliables pour tout autre, ce fut de plaire aux hommes par son équité et à Dieu par sa sainteté. Il ajouta par sa propre gloire au lustre d’une abbaye déjà fameuse; il en réforma les abus avec énergie et il en augmenta le nombre des habitants. L’octave de la Théophanie qui le vit fermer les yeux à la lumière, fut pour lui une vraie Théophanie. »

Les moines de la congrégation de Saint-Maur conservent cette épitaphe écrite en lettres d’or.



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8 réponses à Épitaphe de l’abbé Suger

  1. Rom dit :

    Enfin, quelqu’un qui pose les bonnes questions ! Je suis emballé ! Vous revient sur ça…
    Rom
    aka Marc O. Rainville

  2. Thomas-Derevoge dit :

    Le caractère énigmatique des inscriptions de Suger suggère une codification. C’est le cas de celle figurant sur l’Aigle, en particulier parce qu’elle parle de « MARMOR » alors qu’il s’agit de porphyre, une erreur apparente qui pourrait être aussi un acte volontaire pour dissimuler le sens réel d’un texte, mais aussi parce qu’elle n’a pas, dans sa forme première, une signification justifiant sa gravure sur une œuvre d’art de cette importance (y compris ou surtout aux yeux de Suger).
    On peut lire sur Wikipédia: « Une des théories alternatives concernant l’origine du Tarot postule une création médiévale du jeu. Marc O. Rainville se base sur sa découverte d’un code dans le nom des lames du Tarot de Marseille de Nicolas Conver pour soutenir que le jeu est l’œuvre d’un regroupement de moines bénédictins dirigés par l’abbé Suger. »
    Ce n’est pas une source irréprochable, mais je rappelle que mon livre est un roman et qu’à ce titre il peut se permettre des approximations. A partir de cette information, retrouvée sur plusieurs sources dont je n’ai plus un souvenir précis (c’était en 2004) j’ai fait l’hypothèse dont vous me demandez la justification. J’ai repris la traduction de « Tarot » en « oracle » trouvée sur un site ou un livre (je ne sais plus lequel) et j’ai appliqué la même méthode à la gravure de l’amphore. J’avoue que ça n’a pas très bien marché, mais pour une fiction, pourquoi pas? J’ai dû aussi imaginer (mais peut-être que d’autres l’avaient fait avant moi) la raison d’être des lemniscates qui se substituent aux « M », dans ce même texte. Mais leur donner le sens de l’infini religieux ne me semblait pas absurde, à partir de leur sens mathématique (bien que celui-ci apparaisse plus tard) et aussi en raison de leur forme géométrique sans début et sans fin.
    Maintenant j’aimerais que vous répondiez aux questions que je me pose. Je ne sais même pas si vous êtes d’accord avec cette hypothèse, ni quel sens vous donnez à l’inscription du vase. Si je me suis fourvoyé, j’aimerais le savoir.
    Je n’ai aucune intention de vous emballer, je cherche seulement à établir une relation constructive et bien naturelle entre le spécialiste de ces questions que vous êtes, et l’auteur d’une fiction (qui se veut toutefois réaliste) que je suis. Rappelons aussi que cette question ne concerne qu’une petite partie de mon roman (quatre pages sur deux cent quarante) dont l’intrigue est d’abord politico-religieuse et dont les faits ont lieu en 2015.
    Bien cordialement.

    • Rom dit :

      Le caractère énigmatique des inscriptions de Suger suggère une codification.

      ****** Ou leur caractère chaotique, oui. Dans un court article consacré à Bernard de Clairvaux, je rappelle sur ce blogue que de nombreux clecs du XIIe siècle s’intéressaient à la cryptologie, tellement, que l’on considère aujourd’hui que les tentatives en ce sens forment un genre littéraire mineur. Je rappelle également dans mon texte d’introduction que la démarche étymologique est centrale dans la vie de ces lettrés. Suger ne faisait pas exception, comme ma recherche tend à le démontrer.

      C’est le cas de celle figurant sur l’Aigle, en particulier parce qu’elle parle de « MARMOR » alors qu’il s’agit de porphyre, une erreur apparente qui pourrait être aussi un acte volontaire pour dissimuler le sens réel d’un texte, mais aussi parce qu’elle n’a pas, dans sa forme première, une signification justifiant sa gravure sur une œuvre d’art de cette importance (y compris ou surtout aux yeux de Suger).

      **** Bien vu. C’est du porphyre, pas du marbre. Pourquoi alors MARMOR ? Pour nous montrer que c’est codé. En effet, M+A+R+M+O+R+= 78!

      On peut lire sur Wikipédia: « Une des théories alternatives concernant l’origine du Tarot postule une création médiévale du jeu. Marc O. Rainville se base sur sa découverte d’un code dans le nom des lames du Tarot de Marseille de Nicolas Conver pour soutenir que le jeu est l’œuvre d’un regroupement de moines bénédictins dirigés par l’abbé Suger. »

      Ce n’est pas une source irréprochable,

      ***** Voilà donc votre source, Wikipedia. Il y avait un lien vers Tarotchoco… Et je suis Marc O. Rainville. Vous vous êtes donc bien approprié mes idées.

      mais je rappelle que mon livre est un roman et qu’à ce titre il peut se permettre des approximations. A partir de cette information, retrouvée sur plusieurs sources dont je n’ai plus un souvenir précis (c’était en 2004) j’ai fait l’hypothèse dont vous me demandez la justification.

      ****** Plusieurs sources qui reprennent la même idée, copiée/collée.

      J’ai repris la traduction de « Tarot » en « oracle » trouvée sur un site ou un livre (je ne sais plus lequel)

      ****** Wikipedia, Tarotchoco…

      et j’ai appliqué la même méthode à la gravure de l’amphore. J’avoue que ça n’a pas très bien marché, mais pour une fiction, pourquoi pas? J’ai dû aussi imaginer (mais peut-être que d’autres l’avaient fait avant moi) la raison d’être des lemniscates qui se substituent aux « M », dans ce même texte. Mais leur donner le sens de l’infini religieux ne me semblait pas absurde, à partir de leur sens mathématique (bien que celui-ci apparaisse plus tard) et aussi en raison de leur forme géométrique sans début et sans fin.
      Maintenant j’aimerais que vous répondiez aux questions que je me pose. Je ne sais même pas si vous êtes d’accord avec cette hypothèse, ni quel sens vous donnez à l’inscription du vase. Si je me suis fourvoyé, j’aimerais le savoir.

      ****** L’inscription sur le vase est fort probablement codée, je crois que vous ne vous trompez pas sur ce point. J’attends d’avoir une bonne reproduction de cette inscription avant d’y aller de mon interprétation. Car, telle que j’ai pu la voir jusqu’ici, il y a encore des zones d’ombre dans mes tentatives.

      Je n’ai aucune intention de vous emballer, je cherche seulement à établir une relation constructive et bien naturelle entre le spécialiste de ces questions que vous êtes, et l’auteur d’une fiction (qui se veut toutefois réaliste) que je suis.

      ***** Un souhait qui nous honore tous les deux. J’apprécierais que vous citiez votre source sur le site où vous expliquez votre recherche……

      Rappelons aussi que cette question ne concerne qu’une petite partie de mon roman (quatre pages sur deux cent quarante) dont l’intrigue est d’abord politico-religieuse et dont les faits ont lieu en 2015.
      Bien cordialement.

      ****De même,
      Rom

  3. Rom dit :

    Si vous le permettez, restez encore un peu avec moi. il me semble que nous progressons de concert dans la résolution de cette affaire. Merci de votre réponse à ma question. Votre réponse entraîne une autre interrogation de ma part…
     »J’ai cru comprendre que Suger utilisait celui du Tarot, dont il était le créateur, pour dissimuler le sens des textes qu’il faisait graver sur ses œuvres (…) »
    D’où tenez-vous que Suger ait quoi que soit à voir avec le code ou le Tarot ? Soyez-assuré que je ne cherche pas à vous mettre en boite avec mes questions, bien au contraire. Je crois que c’est moi qui est en train de se faire emballer !
    Rom

  4. Thomas-Derevoge dit :

    Cher Monsieur,

    J’apprécie votre préambule, car je fais en effet partie des quelques 1/1000 qui réussissent à se faire publier en France sans aucune introduction dans le monde de l’édition, avec pour seules armes la poste et mes manuscrits. L’Aigle est mon troisième livre publié; ce n’est sans doute pas le meilleur et c’est dommage car je crois que j’avais un bon sujet. Mon second, le Vizir, avait obtenu en 2006 le prix du roman de la Fondation Napoléon et Jean Tulard, qui était membre du jury, ne m’a pas accusé de plagiat bien qu’il m’ait beaucoup inspiré, et je n’ai pas à m’en cacher.
    Je fais peut-être un contresens à propos de celui du Tarot, mais pour moi un code est l’outil qui permet de décrypter le sens caché d’un message, quelle qu’en soit la nature. J’ai cru comprendre que Suger utilisait celui du Tarot, dont il était le créateur, pour dissimuler le sens des textes qu’il faisait graver sur ses œuvres, dont l’Aigle de Suger. C’est en tout cas l’hypothèse que je fais dans mon roman, d’où l’utilisation de ce code pour déchiffrer la phrase énigmatique laissée sur le col de son amphore:
    ∞AR∞OR ERAT SED IN HIS / ∞AR∞ORE CARIOR EST
    Ai-je eu tort? En tout cas le résultat auquel j’ai abouti, bien que certainement très imparfait, me permet toutefois d’expliquer la valeur symbolique du vase (et de l’œuvre d’art plus généralement) dans une conception néoplatonicienne: un trait d’union (peut-être un véhicule, comme il en existe dans l’indouisme auquel je me suis aussi intéressé…)entre le monde matériel et le spirituel. C’est aussi la conception d’André Malraux, ce que je trouve très intéressant pour transposer des idées médiévales dans notre époque.
    Ce n’était pas le cœur de mon sujet, mais j’avoue que cette question et le personnage de Suger m’ont captivé. Je suis allé à Saint-Denis, bien entendu, mais aussi sur le site de l’abbaye de Barbeau (sa concurrente?), à deux pas de mon domicile, pour y effectuer quelques recherches qui mériteraient un approfondissement…
    Voici donc les réponses que je peux apporter à vos questions, en toute amitié.

    Philippe Thomas-Derevoge

  5. Rom dit :

    Cher monsieur Deveroge,
    Tout d’abord, je tiens à préciser que j’éprouve le plus grand respect pour les auteurs qui réussissent à se faire publier.
    Ceci étant dit, je vais vous poser une question fort simple après avoir repris un passage de votre missive.
     » J’ose aussi penser que mon roman aborde bien d’autres sujets que celui du code du Tarot, auquel je ne consacre que quatre pages sur deux cent quarante (…). »
    En ce qui me concerne, nous voici au coeur du problème. Ma question…
    Qu’entendez-vous exactement par  »code du Tarot » ?
    Rom

  6. Thomas-Derevoge dit :

    S’il ce trouvait que mon livre reprend vos idées, je ne crois pas que ce serait vous faire injure. Mais si c’est le cas, il ne faut pas s’en étonner. Un ami m’a dit un jour cette phrase à méditer: « Si tu crois avoir une bonne idée et que personne ne l’a eue avant toi, alors méfie toi, elle est sans doute mauvaise… » Quelle sagesse!
    J’avoue tomber des nues à la lecture de votre critique, car je n’ai jamais eu connaissance des textes que je suis sensé avoir plagiés et je n’ai jamais eu affaire, je vous assure, avec ce Monsieur Larivée. Il se trouve que mon manuscrit à été très peu remanié par mon éditeur, peut-être pas assez, à en juger par vos commentaires. D’ailleurs je considère que mon décriptage des textes gravés sur l’Aigle de Suger est très approximatif et j’aimerais que vous m’en donniez une version plus exacte. Si je vous avais connu quand j’ai travaillé à cette traduction, je vous aurais certainement contacté. J’ai trituré ce texte dans tous les sens pour arriver à une interprétation qui ne me satisfait que pour sa portée philosophique ou religieuse, parce qu’elle accompagne l’intention de mon roman. Par contre j’avoue bien humblement avoir lu avec beaucoup d’intérêt le livre de Michel Bur qui fait autorité à propos de l’abbé Suger (édition Perrin). Mais si j’ai repris des éléments de ce livre, ce sont des faits historiques qui alimentent la trame de mon roman. Il serait absurde de penser que la seule évocation de faits réels, et donc incontournables, constitue un plagiat.
    Mon intention n’a jamais été d’écrire un livre d’histoire. Elle a été de raconter une aventure à partir de faits authentiques. Dans cette démarche romancière j’ai découvert, au cours de différentes recherches sur des lieux comme Apamée ou sur le néoplatonisme en particulier, des liens étonnants entre différents évènements ou personnages tels que Porphyre, Denis l’Aréopagite ou Tancrède. Je me suis alors permis de construire des hypothèses qui s’éloignent sans doute de la vérité historique, comme s’y autorisent tous les romanciers. S’il se trouvait que certaines de ces constructions imaginaires recoupent vos déductions, ce ne serait que par pure coïncidence, je vous prie de bien vouloir me croire. Mais ne pourrait-on pas y voir aussi un signe du destin? Après tout cette polémique n’est pas inintéressante.
    Il est désolant que l’évocation de thèmes ésotériques puisse déclencher des passions et entraîner des propos diffamants. J’ose aussi penser que mon roman aborde bien d’autres sujets que celui du code du Tarot, auquel je ne consacre que quatre pages sur deux cent quarante dans le seul but de tenter de décrypter le texte gravé sur l’amphore de Suger, et je regrette que ces critiques exaltées soit passées à côté. Il y a en particulier le recoupement de la pensée de Malraux avec celle de Suger, et avant eux celle de Platon. C’est une question que je ne fais qu’aborder dans mon livre mais qui mériterait un bien plus long développement. Vous y êtes vous attelé? J’aimerais le savoir avant de risquer de vous plagier!
    Bien amicalement.
    Philippe Thomas-Derevoge

  7. Thomas-Derevoge dit :

    Cher Monsieur,
    je suis l’auteur d’un livre intitulé « L’Aigle de l’Abbé Suger » et l’un de ses lecteurs vient d’écrire à son sujet un commentaire diffamant sur Amazon, m’accusant de vous avoir plagié. C’est d’autant plus inacceptable que je n’avais pas jusque là le plaisir de vous connaître, que les faits relatifs à Suger dont je me suis inspirés sont repris du livre de Michel Bur et non de vos écrits (à tort ou à raison), que par ailleurs mon livre est un roman type thriller qui n’a aucune intention historique et traite de bien d’autres sujets que de celui du tarot et de Suger. Le thème principal est celui de la disparition du vase appelé l’Aigle de Suger, volé au Louvre par une secte qui cherche à implanter la nouvelle religion œcuménique évoquée par André Malraux « pour que le XXI ème siècle soit… »
    J’ai fait effacer cette critique diffamante par Amazon. Si je vous écris, c’est parce que son auteur me reprochait de ne pas vous avoir contacté pour reprendre des idées qui seraient les vôtres. Si c’était le cas, ce ne serait que par pure ( et heureuse? ) coïncidence. Si vous lisez mon livre, vous constaterez vous-même que je me suis permis, comme tout romancier, des arrangements avec la vérité historique et que ceux-ci sont tout-à-fait personnels.
    Sincères salutations
    Philippe Thomas-Derevoge

    Merci à son auteur

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