Épitaphe de l’abbé Suger

Peu après la mort de Suger, un chanoine de Saint-Victor de Paris, nommé Simon Chèvre-d’Or composa une épitaphe en latin dont voici la traduction :

«L’Église a perdu sa fleur, sa perle, sa couronne et son soutien, son étendard, son bouclier, son casque, sa lumière et son auréole, en perdant l’abbé Suger, qui fut un modèle de vertu et de justice, un religieux aussi grave que pieux. Magnanime et sage, éloquent, généreux et distingué, on le vit siéger dans les conseils sans jamais quitter le conseil intérieur de sa pensée. C’est par ses mains prudentes que le roi tenait les rênes du gouvernement, il régnait sur le roi, on pourrait dire qu’il fut le roi du roi. Tout le temps que le roi de France fut éloigné de son royaume pour la conduite de l’expédition d’outre-mer, il fut le chef de l’État et régent de France. Il sut allier en lui deux qualités presque inconciliables pour tout autre, ce fut de plaire aux hommes par son équité et à Dieu par sa sainteté. Il ajouta par sa propre gloire au lustre d’une abbaye déjà fameuse; il en réforma les abus avec énergie et il en augmenta le nombre des habitants. L’octave de la Théophanie qui le vit fermer les yeux à la lumière, fut pour lui une vraie Théophanie. »

Les moines de la congrégation de Saint-Maur conservent cette épitaphe écrite en lettres d’or.