You are currently browsing the archives for the Divers category.

20 mars 2008

L’Arcane sans nom

13.jpg

”Suger s’est inspiré du chapitre 37 du livre d’Ézéchiel où les ossements se relèvent. Nous croyons aussi qu’il a situé en XIII cette image parce qu’il s’agit ici de l’axe prophétique. Dans la Bible, le thème des ossements qui se relèvent est associée aux opérations prophétiques. En tenant compte de ce contexte textuel précis, cet Arcane pourrait évoquer, entre autres choses, l’acte posé par celui qui émet un oracle, qui fait connaître la volonté de Dieu, qui prophétise. À noter, que la métaphore des ossements qui se relèvent se rapporte également à la Maison d’Israel, au peuple juif. On a fait ici de cette image une figure ricanante, en érection et qui écrase une tête d’enfant… Voilà bien là une représentation du juif archétypal telle que le concevait l’époque.”

Extrait de  par Rom

10 mars 2008

51 cm de neige sur la région de la capitale nationale

9mars2008tempet.jpg

7 mars 2008

Le chariot

Visiblement, L’amoureux n’avait pas à choisir. La vie l’aidait en le poussant dans une direction naturelle. Ce personnage-ci par contre ne peut compter que sur lui-même et sur ses dons. Ceux-ci sont immenses. Ses épaulettes nous apprennent que nous sommes devant une représentation de l important dieu romain, Janus, le roi du Latium, l’égal de Jupiter. Janus est sur les epaules. Ce mot a la meme racine latine, spatha, que le mot epee. Épée, épaule… On parle ici de la guerre dont Janus est aussi le dieu.

Janus est représenté par un double visage scrutant les directions opposées de l’horizon, la “baguette de Portier” traditionnelle à la main.<!–[if !supportFootnotes]–>[1]<!–[endif]–>

Son nom latin est JANUS BIFRONS : 1+9+18+15= 43. 4+3= 7, VII. Certaines représentations lui accordent un troisième visage afin de rappeler que le dieu contemple également le présent.

Le personnage central de cette lame est aussi le roi du royaume franc, bien sûr. Il se présente devant nous sur une tribune qui est également un char pour recevoir l’hommage de ses vassaux sur lesquels il a, rappelons-le, droit de vie et de mort. La représentation classique du sceptre que nous avons ici est bien celle des rois de France.

Et c’est le Christ en majesté, comme nous allons le découvrir dans ce chapitre. Notons que pour Platon, l’image mythique de l’âme est comparée à un cocher menant son char. ¨L’antagonisme entre les deux chevaux (…)¨ rend la conduite difficile. <!–[if !supportFootnotes]–>[2]

‘A suivre, dans les Pages

 

25 février 2008

Reyne de Deniers - TdM de Nicolas Conver (éd. bicent. Camoin)


REYNE°DEDENIERS: 18+5+5 (x 2)= 56. 5+5+9+5+18= 42. 56+ 42= 98. 9+8= 17. La position de départ de cette reine dans la Grande Roue du Tarot est l’Arcane XVII.

Une description de l’historien Louis Gillet devrait suffire à établir l’origine de cette image. Il s’agit d’un des tableaux illustrant Vices et Vertus dans les médaillons des cathédrales de Chartres et d’Amiens. «La Luxure est une femme parée, trônant, tenant un sceptre et, sa toilette faite, se souriant dans un miroir. Ces insignes disent tout : le sceptre, le pouvoir invisible, la royauté des femmes ; le miroir, c’est leur vanité, leur infinie séduction, les ressources et les pièges de leur coquetterie.» [1] Il n’est peut-être pas inutile cependant de rappeler qu’une femme tenant un miroir est également une des allégories pour la Vérité…

Voici une autre représentation de Luxure qui nous vient de la rose de Notre-Dame de Paris :

Notons que sous son denier/miroir, la Reyne de Deniers tient dans sa main un peigne. Un accessoire à la main d’un personnage issu d’une image du Moyen Âge nous signale souvent que nous sommes en présence d’un/e martyre et de l’instrument de son supplice. Saint Blaise, par exemple, a quitté ce monde aux mains de tourmenteurs qui le coiffèrent sans ménagements d’un peigne de fer. Saint Blaise est le patrons des maçons mais aussi des cardeurs et des tisserands.

Nous sommes en présence ici d’une dame. Et peut-être est-ce un peigne d’or qu’elle tient à la main… Le peigne est l’instrument de toilette que l’on utilise de préférence devant son miroir, surtout si on est avenante. La Reine de Deniers est bien la seule qui semble se soucier de sa coiffure dans ce jeu de cartes. Elle correspond en tous cas à la description que fait la tradition astrologique de Vénus/Aphrodite, souvent représentée avec un miroir. Et le peigne d’or a une signification symbolique toute particulière. Il représente le sexe féminin. Peigne en latin se dit pecten, qui signifie aussi pubis. Le grec et l’italien utilisent également le même mot pour désigner peigne et pubis.

Il y a une figure païenne qui figure en bonne place dans l’imaginaire chrétien du Moyen-Âge. Il s’agit de la Sirène. L’Église lui a fait une chasse sans merci car derrière elle se cachait une divinité païenne trop populaire, Aphrodite. Il y a plusieurs types de Sirènes : femmes-oiseaux, femme-serpents, femmes-poissons… Cette dernière a comme attributs le peigne d’or et le miroir !

Sirène- Bestiaire Der Naturen Gloeme XIIIe s.

Le miroir a été attribué à la Sirène à cause de son association à Vénus/Aphrodite.

Le profil de cette reine est le même que celui que l’on retrouve dans la lune de l’Arcane XVIII. Quelques notions de psychanalyse vont nous être utiles ici.[2] La Sirène est une figure lunaire et vaincue. Notre Reine de Denier ne règne pas. Son pouvoir est ailleurs. Le sceptre lui tombe des mains. Le roi solaire prend toute la place. Le christianisme recouvre le paganisme comme la musique de la lyre d’Orphée recouvre le chant des Sirènes poissons. C’est après cette défaite solennelle que les dieux de l’Olympe leur accordent leurs accessoires.

Ceux-ci, à nouveau, sont le miroir ou le denier et un peigne à quatre dents. Lorsque l’on traduit ces mots en latin, des similarités apparaissent :

Denarius, dens

speculum, pecten

De plus, on peut déplacer par association les dents du peigne à celles du denier. Le denier a en effet des rouages, des dents. Ce denier est un miroir. C’est maintenant le miroir/speculum qui a des dents. Speculum était utilisé comme titre de livres en latin à destination des princes et de leur entourage. Ils évoluent pour devenir des encyclopédies. On appelait ces livres, ou speculum, les miroirs des princes. Ils prennent ce nom au XIIe siècle.

S’il est une chose que la présence symbolique de dents aux côtés de livres cachés signale à notre attention, c’est bien que ces livres sont, justement, cachés! Ou codés… Car ces dents sont d’abord et avant tout celles de la clef! Un livre à clef… On constate d’ailleurs la présence d’une serrure dans son œil.

Cette clef peut être la réponse à une question. La divination par les miroirs était fort populaire au Moyen Âge. On la nomme la catoptromancie. ¨L’emploi du miroir magique correspond à une des plus anciennes formes de divination. (…) Pythagore, selon une légende avait un miroir magique qu’il présentait à la face de la lune, avant d’y voir l’avenir (…)¨ [3]

C’est bien ce que nous avons ici. Le miroir de la Reyne de Deniers fait face à son visage. À nouveau, ce visage est le même qui se retrouve dans le luminaire de l’Arcane XVIII, La lune. L’abbé Suger qui connaissait sûrement la légende vient d’illustrer pour nous une des grandes préoccupations de son temps. Peut-être y-avait-il une noble dame de son entourage qui faisait figure de pythonisse.

Le miroir est également une image de l’âme. On dit aussi de lui qu’il est le symbole… du symbolisme. [4]

La Reyne de Deniers est un ensemble codé éminemment cohérent. Tout comme le Tarot. Nous en sommes aux miroirs donc aux retournements. En retournant cette lame de Tarot et en la plaçant devant un miroir, on peut constater que l’inscription Reyne de Deniers se lit aussi facilement, retournée, à rebovrs (78). C’est un palindrome.

REYNE ° DEDENIERS

S-REINE-DE-D ° ENYER ! Reine de Denier se lit dans les deux sens. En français, bien sûr. Il fallait avoir l’œil. Signalons également la présence d’un point au centre du denier, une pupille à n’en pas douter puisque l’œil de la Reyne se reflète dans son miroir. Décodons maintenant la nouvelle équation :

SREINEDED ° ENYER : (18+5+9+5+5) x 2= 84. 5+5+18= 28. 84+28=112?

Il faut se reporter à l’Arcane IV, l’emperevp. L’EMPEREVP: 12+5+13+16+5+18+5+22+16= 112. Que voit donc la Reyne dans son miroir? Le Roi de Deniers bien sûr! Il est bien assis et elle l’observe du coin de l’œil, à travers la serrure peut-être. Il a les genoux croisés, comme L’empereur dont il a l’allure.

Cette reine n’a certainement pas livré tous ses secrets. Les quelques éléments qui précèdent sont une tentative de la situer dans son contexte historique.


[1] Louis Gillet, La cathédrale vivante, p. 255

[2] Argumentaire de la psychanalyste Csilla Kemenczei. Propos tenus lors d’une conférence donnée à l’occasion du 30e anniversaire de la Société belge de Psychologie analytique Carl G. Jung

[3] Le dictionnaire des symboles, p. 637

[4] Id.

21 février 2008

The father of Tarot

18 février 2008

Origine hindoue des quatres suites (lames mineures) du Tarot (En reprise)

clip_image002.gif

On reconnaîtra sans peine ici les quatre figures emblématiques des suites du Tarot aux bras de cette déesse hindoue qui représente la structure de l’Univers. On voit que, dans cette conception, la Terre est plate.

Comme avec Le monde, la déesse prend appui sur les deux animaux à ses pieds. Ils l’empêchent de sombrer dans l’océan. Il s’agit d’une apsara, une danseuse et une courtisane céleste dont l’essence est aquatique. Elle est la source de la dynastie solaire. L’ouverture au sommet de sa tête est la partie supérieure de l’Axe central qui relie les trois mondes, Ciel, Terre, Enfer.<!–[if !supportFootnotes]–>[i]<!–[endif]–> L’image de l’apsara se confond ici avec celle de la nagi, la mère de la dynastie lunaire. Cette double image est un symbole de totalité.

Notons la présence d’un serpent près de la tête comme c’est peut-être également le cas chez la Reine de Baston (Cf. édition Héron). Le reptile se tourne résolument du côté humide de l’image où un jet d’eau douce part du sommet de la tête pour rejoindre l’océan primordial d’eau salée qui entoure le socle du monde symbolisé ici par le taureau et le tigre. Cette eau douce, c’est le fleuve sacré, le Tigre. Elle jaillit du côté de la tige qui germe et de la coupe, symboles de la terre et de l’eau.

De l’autre côté, le côté sec, l’épée torche, identique à celle représentée chez Le diable en XV, et le fouet enroulé en forme de mandala ou de denier, représentent les éléments feu et air. Le rôle symbolique du fouet est de répondre au vent et de baratter la mer afin d’en faire sortir la déesse. Le fouet est également le symbole de la foudre, le pouvoir créateur et destructeur de Çiva. Le 5e élément, l’Éther, est représenté sur la robe du personnage par la fleur, pushpa.

Dans les sociétés initiatiques agricoles, le fouet et la torche sont utilisés conjointement pour attirer la foudre, et avec elle la pluie ; le rituel d’auto fustigation se pratique en groupe. Ces pratiques souterraines réapparaissent au grand jour en Europe au XIVe siècle ; les flagellants se regroupent en cercles devant la cathédrale – se substituant ainsi au pouvoir théurgique de l’Église - afin de faire disparaître par leur sacrifice la Grande Peste.

La déesse porte au cou la chaîne des générations, du vivant et du mort, solidaires. «(…) les esprits : les âmes des vivants et des morts, les dieux et les démons, les innombrables figures – invisibles pour le reste des humains – qui peuplent les trois régions cosmiques.» <!–[if !supportFootnotes]–>[ii]<!–[endif]–> Sa posture rappelle celle du diable et celle des doigts de la main droite, le pape. Ses pieds reposent sur une chaîne de montagnes afin de signifier la communication avec le Ciel. La couture cosmique du tissu céleste qui entoure sa tête représente la Voie Lactée.

En Inde, dans la vie quotidienne, l’apsara est la divinité du jeu. Celle que nous avons sous les yeux semble bien s’amuser…

Il y a une piste commerciale directe qui reliait le sous-continent indien à la France. Il s’agit de la route des grenats. Les moines de Saint-Denis utilisaient cette pierre précieuse pour la décoration de leurs objets précieux et ce dès le VIe siècle. Ils les importaient directement de Ceylan et des Indes !

Cette route fut fermée au VIIe siècle.

<!–[if !vml]–>clip_image003.gif<!–[endif]–>

<!–[if !supportEmptyParas]–> <!–[endif]–>

<!–[if !supportEmptyParas]–> <!–[endif]–>

<!–[if !supportEndnotes]–>


<!–[endif]–>

<!–[if !supportFootnotes]–>[i]<!–[endif]–><!–[if !supportFootnotes]–>[i]<!–[endif]–> Mircea Eliade, Histoire des croyances et des idées religieuses, Tome III, p. 14 et note 11

<!–[if !supportFootnotes]–>[ii]<!–[endif]–> Id., p. 20

14 février 2008

TdM de Nicolas Conver - Édition du bicentenaire Camoin (1760-1960) - Honneurs

cavalier-de-baton.jpg

8 février 2008

TdM de Nicolas Conver - Édition du bicentenaire Camoin (1760-1960) - Arcanes majeurs/

conver-bicamoin-back.jpgconver-bi-camoin-promo.jpg

6 février 2008

L’année du Rat

Bonne année du Rat à tous les sinophiles. Une conjonction des luminaires avec Mercure rétrograde et Neptune me laisse songeur..!

4 février 2008

L’arbre de Iessé

L’abbé Suger a rénové l’abbaye de Saint-Denis dans un style qui s’écartait de l’art roman traditionnel. L’art gothique, comme ses détracteurs l’ont surnommé par après, venait de naître. On dit aussi art ogival. Sans entrer dans le détail de ce qui fait sa particularité, le nouveau style intègre des influences arabes, mauresques. L’emploi systématique d’ogives lancéolées, que l’on retrouve dans les mosquées, en est un exemple. La croisée d’ogives est une des constantes du gothique avec l’utilisation des arcs et des vitraux pour remplacer les murs, ce qui assurait un ensoleillement maximal.

L’utilisation des vitraux avait pour but avoué de faire l’éducation spirituelle du peuple en l’amenant à entrer en contact avec une imagerie basée sur les grands mythes chrétiens. Le but véritable était probablement d’amener les membres de la caste religieuse à faire l’expériende d’états de conscience altérés. Pour reprendre la terminologie de l’époque, sonder la gloire de Dieu. Suger mentionne fréquemment les expériences anagogiques qu’il vit au contact de la lumière.

arbre.jpg

Le livre de l’Apocalypse est abondamment mis à contribution par les maîtres verriers de l’époque qui va suivre. Suger, lui, a créé ou adapté certaines compositions à partir de thèmes variés. Un vitrail de sa basilique met en scène l’Arbre de Iessé, qui rappelle l’arbre généalogique du Christ tel qu’établi par saint Luc et qui comporte 78 générations de Dieu à Son fils en passant par Adam, Jessé, David, Joseph, etc.

L’ARBRE DE IESSÉ: 12+1+18+18+5+5+9+5+5= 78.

Cet ensemble iconographique original porte un nom dont la somme des lettres codées donne 78. Il semble donc que les moines bénédictins aient à nouveau retenu ce nombre aux vertus mathématiques pythagoriciennes pour le codage d’un des éléments de leur église. L’inscription Svgerivsabas dans le vitrail de l’Annonciation en était un autre exemple. Avec le code secret du Tarot de Marseille, on est en mesure de percer les secrets de l’iconographie chrétienne ésotérique du XIIe siècle.

« Previous · Next »