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5 mai 2008

Le mat (English version)

If it is the Tarot which is in the bag of Le mat, as we suppose sometimes, the spoon which is used as support for this bag would indicate that it’s content is food. And the length of the spoon’s handle suggests that Le mat does not eat this food himself and that he must keep a respectful distance vis-a-vis those which it nourishes. In the same way those which are nourished must be a little wary of this spoon.

Because it is a ladle… (In India, the ladle was a sacred instrument. The sacred ladle was made of wood of acacia.) And in French, the word ladle is louche, like in shady character. Loucher, to slant, suggests to show ambivalence. We know that to keep the course between the poles of ambivalence was at the base of the daily step of the monks who embraced this aspect of the neoplatonician philosophy. Nicolas de Cues, a philosopher in the beginning of the Renaissance, does not fear to propose in his writings that it is necessary to deny what one has just affirmed. It is a question of creating totalities, to join together the opposites. De Cues thus joined the radical neoplatonism of Jean Scott Érigène, a philosopher of IXth century called The Commentator (of the writings of Denis Aréopagite). The philosophers of the centuries which follow, the benedictine school of Auxerre in particular, are indebted by the translations of Érigène, of the school of Denis. Erigene professes that it is in conformity with the truth and exactitude to deny God better than to affirm It at all. It is negative neoplatonician theology.

We believe that certain templars ritual as spitting on the cross before going to communion, for example, were inspired by this philosophy. They are easily perceived like pure and simple heresy. Erigene’s works were put on the Index in XIIIth century. Some of its books were even burned.

But in the XIIth century, many monks, like Bernard de Clairvaux, do not hesitate to embrace the negative definition of God given by the Aréopagite. For this thinker, God is ¨pur néant¨, pure nothingness. This assertion is the base of his Negative theology known also as Apophatic. ¨(…) it is not truer to affirm that God is Life and Kindness than to affirm that it is air or stone.¨ (Mircea Eliade, Histoire des croyances et des idées religieuses, tome I, p. 67)

He also speaks of the luminosity of darkness. Extrapolating a little, while making plays on words like a true XIIth century scholar, one can say that the term emptiness applies as much to God as the term fullness. The word emptiness, vide in French, is an anagram of Diev, God.

And it is here that we come back to Tarot.

Let’s return to the bag carried by Le mat. We saw that it is anchored on the shoulder of the character by means of a spoon or a ladle. We deduced from this fact that its content was food.

Let us examine this bag. We note the presence of many folds which indicate that its fabric is not tended. The bag is empty (vide …). We now will indulge in a small etymological investigation. The image of the fool, Le mat, is extremely popular in the Middle Ages. This character leads the cast in the so called sotties, popular plays enjoyed by the nobility and common folks alike that will eventuallly appear in print centuries later. He is called the fol, the fou or better, le sot.

The origin of the sot word is unknown. As for fol and fou they come from the Latin word follis. This word means bag. It is thus logical to give a bag like accessory to the character. But follis also means balloon full of air…

The bag is empty indeed !

It is a neoplatonician way of saying that it is also full. As Diev (vide, empty) is pure nothingness according to the neoplatonician school of thought of the times, one can conclude that the Deity is in the bag of Le mat. That it is possible to reach It directly through the symbolic use of the ladle.

The bag would initially be opened. One unties the lace which encircles the opening. And how do we name this opening? An ear! Latin word, auricula… And precisely, at the other end of the stick, the auricular, the small finger of the character, is missing.

It will be noted that the eyes of Le mat are turned towards the sky, his head is tilted downwards and by doing this, the right ear (also missing…) is against this opening, the ear of the bag. And yes, this ear is also a mouth (bouche) which is appropriate because in French the word rhymes with ladle (louche). (The word mouth, in French as in English, is given to all openings.)

Mouth and/or ear, we are talking of an opening which makes it possible to hear the Verb. We are speaking about communion with a spiritual food. The content of the bag is then much more than the Tarot, this oracle we supposed the presence at the beginning of this article. This content, it is the presence of God himself, his voice, the Verb, which is seeked to express Itself, His will, His plans.

What surrounds It, the bag, the sacred laddle, the character, the card deck even, that is the oracle. Le mat bears a burden that is light and heavy at the same time.

( See also: The word tarot is a coded form of the word oracle.)

Translation by Rom, with the help of Babelfish.

5 mai 2008

Le mat

Si c’est le Tarot qui se trouve dans le sac du mat, comme nous le supposons parfois, la cuillère qui sert de support à ce sac indiquerait que ses avis sont une nourriture. Et la longueur de son manche suggère que le mat ne s’administre pas cet aliment à lui-même et qu’il doit garder une distance respectueuse face à ceux qu’il nourrit. De même ceux qui s’y nourrissent doivent se méfier un peu de cette cuillère. Car c’est une louche… En Inde, la louche était un instrument sacré. La louche sacrificielle était en bois d’acacia.

Loucher, c’est faire preuve d’ambivalence. Nous savons que naviguer, garder le cap entre les pôles de l’ambivalence était à la base de la démarche quotidienne de ceux qui souscrivaient à cet aspect de la philosophie néoplatonicienne. Nicolas de Cues, un philosophe du début de la Renaissance, ne craint pas de le proposer dans ses écrits, il faut nier ce que l’on vient d’affirmer. Il s’agit de créer des totalités, de réunir les opposés.

De Cues rejoignait ainsi le néoplatonisme radical de Jean Scott Érigène, un philosophe du IXe siècle qu’on a appelé le Commentator (des écrits de Denis L’Aréopagite). Les philosophes des siècles qui suivent, l’école bénédictine d’Auxerre notamment, sont redevables des traductions par Érigène de la pensée de Denis. Érigène professe qu’il est plus conforme à la vérité et à l’exactitude de nier Dieu en tout que de l’affirmer en tout. C’est de la théologie négative néoplatonicienne.

Nous croyons que certains rituels secrets templiers comme cracher sur la croix avant d’aller communier étaient inspirés de cette philosophie. Ils sont facilement perçus comme de l’hérésie pure et simple. Érigène a d’ailleurs été mis à l’index au XIIIe siècle. Certains de ses livres ont même été brûlés.

Mais au XIIe siècle, les moines n’hésitent pas à embrasser la définition négative de Dieu donnée par L’Aréopagite. Pour ce penseur, Dieu est ¨pur néant¨. Cette affirmation est le fondement de sa théologie négative dite aussi apophatique. ¨(…) il n’est pas plus vrai d’affirmer que Dieu est Vie et Bonté que d’affirmer qu’il est air ou pierre.¨ (Mircea Eliade, Histoire des croyances et des idées religieuses, tome III, p. 67)

Il parle également, par exemple, de luminosité des ténèbres. En extrapolant un peu, en jouant comme lui avec le sens des mots, on pourrait dire que le terme vide s’applique autant à Dieu que le mot plein. Le mot vide est d’ailleurs un anagramme de Diev. Et c’est ici que nous rejoignons le Tarot.

Il nous faut revenir au sac du mat.

Nous avons vu que ce sac est ancré sur l’épaule du personnage au moyen d’une cuillère ou d’une louche. Nous en avons déduit que son contenu était une nourriture. Examinons ce sac. Nous constatons la présence de nombreux plis qui indiquent que sa toile n’est pas tendue, il est vide.

Nous allons maintenant nous livrer à une petite enquête étymologique. L’image du mat est fort populaire au Moyen-Âge. C’est lui le chef de file des personnages qui peuplent les sotties, ces pièces populaires appréciées tant par la noblesse que le bas peuple. On l’appelle le fol, le fou ou le sot. L’origine du mot sot est inconnue. Quant à eux, fol et fou viennent du mot latin follis. Ce mot signifie sac. Il est donc logique de donner un sac comme accessoire au fou. Mais follis signifie également ballon plein d’air… Le sac est vide !

C’est une façon néoplatonicienne de dire qu’il est également plein. Comme Diev (vide) est pur néant selon cette école de pensée, on peut conclure que la déité se trouve dans le sac du mat. Qu’on peut y accéder en se servant de la cuillère ou de la louche. Il faut d’abord ouvrir le sac. On défait le lacet qui encercle l’ouverture. Et comment se nomme cette ouverture. Une oreille ! Du mot latin, auricula… Justement, à l’autre bout du bâton, l’auriculaire, son petit doigt, est absent.

On notera que les yeux du mat sont tournés vers le ciel, sa tête est penchée vers le bas et ce faisant son oreille droite à lui (absente également…) est tout contre cette ouverture, l’oreille du sac. Et oui, c’est aussi une bouche qui convient si bien avec louche. Le mot bouche se donne à toutes ouvertures. Bouche et/ou oreille, il s’agit ici d’une ouverture qui permet d’entendre le Verbe, un autre nom de Dieu.

On parle ici de communion avec une nourriture spirituelle. Le contenu du sac est bien plus que le Tarot, l’oracle dont nous supposions la présence au départ. Ce contenu, c’est la voix de Dieu lui-même, le Verbe, qui se fait entendre pour exprimer sa volonté, ses dessins. Ce qui l’entoure, le sac, la cuillère, le personnage, le jeu de cartes, voilà l’oracle. (Le mot tarot est une forme codée du mot oracle.)


Pour en savoir plus sur Le mat

18 avril 2008

La maison-Dieu

ChossonCamoin

HéronBicentennaire Camoin

Héron (détail)

Héron (détail)

Dans le coin supérieur droit, on distingue clairement que la foudre de feuillage prend son origine dans la nuée rayonnante qui signifiait le Ciel dans l’iconographie du Moyen-Âge. On apercoit également la nuée rayonnante, complète, dans l’As d’épée (Chosson). Elle sert d’écrin à la main de Dieu. as-e.jpgElle est aussi présente dans l’As de bâton (Chosson), ou elle mobilise cette fois la main du Diable.as-b.jpg

À nouveau, la nuée rayonnante est une convention classique des illustrateurs du Moyen-Âge pour décrire le Ciel, une intervention divine, bénéfique ou maléfique. C’est une symbolique qui est souvent mise en rapport avec des éléments athmosphérique, ici la foudre et une pluie de deniers.

Dans La maison-Dieu, on remarque donc cette nuée rayonnante. Le Chosson (1ere lame) l’illustre clairement et le Camoin nouveau (seconde lame) également. Du côté du Héron (troisième lame) et du Camoin du Bicentennaire (quatrième lame), le rayonnement de la nuée est à peine suggéré. Il est limité à un rayonnement sous forme de Z unique.

Je propose ici que seul le graphisme des deux dernières lames, le Héron et le Camoin du Bicentennaire respectent l’intention symbolique codée de l’auteur du Moyen-Âge. Les deux autres, le Chosson et le Camoin nouveau, expriment à gros traits ce qui n’était que suggéré. Autrement dit, le rayonnement de la nuée a été complété dans ces deux cas de figure. Le Z s’est vu rajouter des petits frères. Il disparait dans la masse.

Pourquoi un Z?

Au niveau des couleurs, il n’y a que sur le Camoin du Bicentennaire qu’on en arrive à identifier clairement l’objet qui se manifeste dans la foudre/feuillage. Il s’agit d’une feuille de chêne, en jaune.

Pourquoi une feuille de chêne?

4 avril 2008

La maison Dieu

 

”(…) Les deniers jaunes dessinent des constellations de l’hémisphère austral. Comme l’a suggéré l’éditeur Philipe Camoin, ces deniers jaunes situés à gauche de la tour représenteraient Canis Minor, le petit chien. Nous croyons pour notre part que six des sept deniers jaunes de droite peuvent également être associés à une partie de la constellation du chasseur, Orion, le lieu d’origine mythique du peuple rom. «(Les Gitans) sont venus sur terre en un temps très reculé, d’un lieu originel toujours présent dans le ciel nocturne, la constellation d’Orion, le puissant chasseur.»

On distingue nettement les trois étoiles de sa ceinture aussi appelé son cordon ombilical, ses deux épaules et un des deux genoux. Enfin, les trois deniers jaunes restant qui encadrent la foudre épousent le tracé du Bélier où il ne manque qu’une étoile. Mais on la devine derrière ce plumeau multicolore. La constellation d’Orion se nomme Sahu en ancien égyptien. C’est «(…) l’ultime – ou pénultième - échelon de la divinisation de l’âme humaine, correspondant au <<budhi>> de l’ésotérisme hindou.» Orion fut placé dans la constellation du Taureau, à la suite des Pléiades qu’il semble poursuivre de son arc. C’est un lien avec l’Arcane XVII.

Faisons passer l’épreuve du code à nos trois constellations. Rappelons-nous qu’il y a deux étoiles cachées.

CANIS MINOR: 3+1+9+13+9+15+18= 68.

ARIES: 1+18+9+5= 33.

ORION: 15+18+9+15= 57. 68+33+57= 158.

Avec les deux étoiles cachées, nous avons: 160 ou 16, XVI.

Notons au passage que les quinze lettres participantes à ce quiz céleste correspondent au nombre de boules dorées qui constituent nos constellations. Toute une partie de chasse en perspective! C’est le bélier ici, ou la foudre qui l’encadre, qui est le gibier. Le Bélier est un signe de feu en astrologie.

Capter la foudre, le feu du ciel, la puissance séminale et ignée, c’est un des objectifs du chasseur, pardon, de l’alchimiste. Le bélier est signe de fécondité, sa présence ici confirme ce qui a été dit au début de ce chapitre à propos de Zeus Generator. Le bélier est également un symbole du Christ ce qui confirme le statut d’Arcane christophore de XVI. La présence du bélier au sommet de l’Arcane et sa proximité de la couronne rappelle que les cornes de bélier entraient dans la composition des couronnes magiques des rois et des dieux de l’ancienne Égypte.

Orion le chasseur a un collègue dans cet Arcane, nous l’avons rencontré un plus haut, c’est Esaü, dit le Velu. Il a de la barbe sur les joues contrairement à son jumeau Jacob qui semble glabre. Esaü a vendu son droit d’ainesse à son frère à la suite d’une partie de chasse dont il était revenu bredouille (Genèse, 25 : 27-34). Dès que l’on adopte ce nouvel éclairage, le sens de l’Arcane évolue. La fatalité se transforme en action, en libre-choix. (…) ”

Extrait de … … … par Rom

2 avril 2008

La roue de fortune

(…) ” Au XIIe siècle, l’écureuil est le nom donné à la roue qui montait les charges à l’intérieur des chantiers de construction des cathédrales. L’une des petites bêtes ressemble-t-elle au sympathique rongeur ?

Le Tarot nous propose l’image de bêtes difformes juchées sur la roue du cycle de la vie. Le personnage central porte le glaive de justice. Celle-ci s’applique dans le langage de l’époque à toutes les créatures. C’est la créature de Dieu qui est illustrée sur cette roue, la creatura. La justice divine «consiste pour Dieu à accorder à toutes les créatures tous les biens propres selon la dignité de chacun.» [1]

Signalons que les animaux déformés sont une des images que le Moyen Âge utilisait pour représenter les pécheurs et leurs errements. La justice est une vertu cardinale, elle occupe souvent la première place comme c’est le cas ici. De plus, le personnage central est couronné. Le sens de cette allégorie est le thème de la justice du souverain. Cette question «est pour les médiévaux un problème de toute première importance, qui déborde largement le cadre des disputes théologiques ou philosophiques universitaires et qui est discuté dans les encyclopédies, la poésie, le théâtre pour le plus grand profit d’un large public.» [2]

Discuté aussi dans le Tarot… ” (…)

Extrait de … … … par Rom

31 mars 2008

Le soleil

Ici, clairement, nous sommes au chapitre sur la lumière. Le lien avec la table du Bateleur coule de source. Le texte de cette Table d’Émeraude évoque la création du monde. «La première chose qui parut fut la lumière de la parole de Dieu.»  La lumière, c’est son Verbe.

La première chose que nous ferons avec ce cher soleil, c’est de lui appliquer le code. La démonstration sera claire et sans équivoque. L’Arcane XIX ne nous pose aucun des pièges que nous avons rencontrés avec Le jugement.

LE°SOLEIL: 12+5 (x 2)=34. 15+12+5+9+12= 53. 53-34= 19.

Avec la seule lettre du code mineur, S, 19 également.

Rappelons maintenant que les anciens Égyptiens adoraient le soleil à travers le dieu Rê ou Râ:

: 18+1= 19.

Voilà un autre des nombreux liens entre le Tarot et les anciens Égyptiens. L’imagerie de Le soleil nous est expliquée par Mircea Eliade de cette façon: ¨Les mythes (égyptiens) sur l’origine de l’homme s’avèrent assez effacés. Les hommes (erme) sont nés des larmes (erme) du dieu solaire, Rê.¨ Notons qu’en hébreu, erme signifie bâtard. Le Tarot adore jouer sur les mots… En images, bien sûr!
Nous allons poursuivre cette piste et nous rendre à nouveau au pays de Moïse, l’Égypte antique.

(…)

Les gouttes et les deux enfants se retrouvent fréquemment associés dans les dessins alchimiques de l’époque. Mais il s’agit ici de l’illustration du thème de la procréation de l’hérésie manichéenne. L’historien Mircea Eliade qui a bien documenté la question du manichéisme nous informe à ce sujet que «(…) les parcelles de Lumière, c’est-à-dire les âmes des morts bienheureux, sont continuellement transportées vers le Paradis céleste par les <<vaisseaux>> de la Lune et du Soleil. D’autres part, la rédemption finale est retardée par tous ceux qui ne suivent pas la voie indiquée par Mani, c’est-à-dire n’évitent pas la procréation. Car, puisque la Lumière est concentrée dans le sperme, chaque enfant qui vient au monde ne fait que prolonger la captivité d’une parcelle divine.»

Les gouttes sont ici au nombre de 13, qui est celui de L’arcane sans nom, la lame de la mort et de la vie; c’est rappeler le rôle de psychopompe, de passeur, du soleil hiérophante qui entraine dans sa course nocturne les âmes défuntes.(…)

La cohabitation d’une symbolique alchimique et manichéenne dans le Tarot serait un exemple de plus de son caractère syncrétique. Soulignons que le manichéisme est une religion syncrétique. Ses fondations théoriques puisent dans un vaste bassin - le même que celui auquel s’alimente également l’alchimie, d’ailleurs - et ce de l’aveu même de son fondateur qui voulait en faire une religion universelle, une religion missionnaire. (…)

Extrait de … … … par Rom

20 mars 2008

L’Arcane sans nom

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”Suger s’est inspiré du chapitre 37 du livre d’Ézéchiel où les ossements se relèvent. Nous croyons aussi qu’il a situé en XIII cette image parce qu’il s’agit ici de l’axe prophétique. Dans la Bible, le thème des ossements qui se relèvent est associée aux opérations prophétiques. En tenant compte de ce contexte textuel précis, cet Arcane pourrait évoquer, entre autres choses, l’acte posé par celui qui émet un oracle, qui fait connaître la volonté de Dieu, qui prophétise. À noter, que la métaphore des ossements qui se relèvent se rapporte également à la Maison d’Israel, au peuple juif. On a fait ici de cette image une figure ricanante, en érection et qui écrase une tête d’enfant… Voilà bien là une représentation du juif archétypal telle que le concevait l’époque.”

Extrait de  par Rom

30 janvier 2008

Un sermon de saint Bernard sur la divination

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Bien interprétées, les paroles du saint expriment clairement que nous pouvons nous trouver devant la muraille céleste et qu’il est possible mais dangereux ou même condamnable d’y introduire notre regard. Je développe cette idée dans la Page consacrée à l’Arcane XVI.

Extrait du sermon 62:

(…) Je crois aussi qu’on peut dire avec quelque raison, que les anges qui vous gardent sont comme des murailles dans la vigne du Seigneur (…). Qu’elle a de satisfaction à repasser sans cesse en elle-même ces creux de la muraille, ces retraites et ces demeures, qui sont si différentes, et si nombreuses dans la maison du Père, et dans lesquelles il doit placer ses enfants selon la diversité de leurs mérites ! Et parce que maintenant elle ne peut pas encore y entrer en effet, elle y entre de la manière qu’il est possible, en esprit et par un continuel souvenir.

Le temps arrivera un jour où elle relèvera ces ruines, habitera de corps et d’esprit dans ces ouvertures, et remplira par la multitude de ses enfants les places que les anciens habitants du ciel ont laissées vides, et alors on ne verra plus de trous dans ce mur céleste, il sera entier et parfait. Ou, si vous l’aimez mieux, nous dirons que les âmes pieuses et zélées ne trouvent pas ces trous, mais les font.

Comment cela, me direz-vous ?

Par la force de leur pensée et de leurs désirs. Car cette muraille céleste cède aux désirs ardents de l’âme, comme des pierres molles cèdent au ciseau qui les taille ; elle cède à une contemplation pure, elle cède à une oraison fréquente. Car la prière du juste pénètre les cieux (…). On ouvre à celui qui frappe.

Il est donc permis à chacun de nous, même durant le temps de cette vie mortelle, de se creuser des trous en telle partie qu’il lui plaira de cette muraille céleste, de visiter les patriarches et de saluer les prophètes, de se mêler aux collège des apôtres, de s’introduire dans le chœur des martyrs. On peut même, si on en a dévotion, parcourir avec allégresse les demeures des bienheureuses vertus, depuis le moindre des anges jusqu’au plus grand des Chérubins et des Séraphins. Et si quelqu’un frappe avec persévérance jusqu’à la porte de ceux dans la compagnie desquels il se plaira davantage, comme l’esprit de Dieu souffle où il veut, ils lui ouvriront aussitôt, et, se faisant comme une ouverture dans ces montagnes, ou plutôt dans ces esprits célestes, qui se laisseront fléchir à ses prières, il reposera un peu parmi eux.

La voix et le visage de quiconque agit de la sorte, sont toujours agréables à Dieu; le visage à cause de sa pureté, la voix à cause des louanges qu’il lui donne. (…) Dieu se plaît extrêmement dans les creux de cette muraille, d’où sort une voix d’action de grâces, une voix d’admiration et de louanges. Heureuse l’âme qui a soin de se creuser souvent des retraites dans cette muraille; mais plus encore celle qui s’en creuse dans la pierre.

On peut aussi s’en creuser dans la pierre, mais il faut pour cela une pureté bien plus grande, une application bien plus forte, et une sainteté bien plus éminente. Mais qui possède tant de sublimes qualités ! (…) il paraît clairement qu’il y a deux sortes de contemplations, l’une de l’état, du bonheur, de la gloire de la cité céleste, à laquelle est occupé ce grand nombre de citoyens du ciel, soit qu’ils agissent ou qu’ils se reposent. L’autre, de la majesté, de l’éternité et de la divinité du Roi de cette ville sainte.

La première se fait dans la muraille, et la seconde dans la pierre. Mais plus il est difficile de creuser la pierre, plus ce qu’on en tire est agréable et savoureux. N’appréhendez point en ce cas la menace que l’Écriture fait à ceux qui veulent sonder la majesté du Très-Haut (Prov. XXV, 27) ; apportez seulement un oeil pur et simple, et vous ne serez point accablé sous le poids de la gloire, au contraire vous serez admis à la pénétrer, à moins que vous ne cherchiez la vôtre plutôt que celle de Dieu. Car alors ce serait plutôt votre gloire qui vous accablerait , que celle de Dieu, car, penché vers la vôtre, vous ne pouvez pas lever vers la sienne votre tête appesantie par la cupidité.

Mais si nous nous en dépouillons; nous pourrons avec assurance sonder la pierre, dans laquelle sont cachés des trésors de sagesse et de science.

Si vous en doutez encore, écoutez la pierre même vous dire : à Ceux qui travaillent sur moi, ne pécheront point (Eccl. XXIV, 30). (…) Et (l’Église) se repose dans le Verbe, c’est-à-dire, dans la pierre, car la pierre c’est le Verbe. L’Église donc demeure dans les trous de la pierre, d’où elle voit la gloire de son Époux, et néanmoins elle n’en est pas accablée, parce qu’elle ne l’usurpe pas. Elle n’est pas accablée, parce qu’elle ne sonde pas la majesté de Dieu, mais sa volonté. Il est vrai qu’elle ose bien quelquefois contempler sa majesté, mais c’est pour l’admirer, non pour la sonder, si quelquefois il lui arrive d’être ravie cri elle par extase, c’est que le doigt de Dieu est là qui daigne élever l’homme par sa bonté, ce n’est pas l’effet de la témérité de l’homme qui s’élève avec insolence jusque dans le sein de Dieu. Et quand l’Apôtre dit qu’il a été ravi, comme pour excuser sa hardiesse; quel est le téméraire qui oserait entreprendre par ses seules forces de monter jusqu’au sanctuaire terrible de cette haute majesté, et pénétrer dans ses mystères si redoutables ?

Je crois donc que ceux qui sondent la majesté de Dieu, sont proprement ceux qui se précipitent sans aucune retenue dans le secret de sa grandeur, non pas ceux qu’il daigne lui-même y faire entrer par un ravissement d’extase. Aussi n’y a-t-il que les premiers qui soient accablés de sa gloire.

II est donc très-dangereux de sonder la majesté de Dieu, mais sonder sa volonté, c’est une chose aussi sûre que louable.

En effet, pourquoi n’emploierais-je pas tout mon soin, à découvrir la volonté de celui à qui je dois obéir en tout? C’est une gloire bien agréable, que celle qui ne procède que de la contemplation de sa douceur, de la vue des richesses de sa bonté et de sa miséricorde. (…) Mais comme l’Église ne se peut pas approcher encore tout entière pour percer la pierre, car il n’appartient pas à tous ses enfants de pénétrer les secrets de la volonté de Dieu, ou de comprendre par eux-mêmes, la profondeur de ses conseils, l’Époux ne dit pas seulement qu’elle habite «dans les trous de la pierre, mais encore dans les ouvertures de la muraille. »

Considérée dans ceux qui sont parfaits, et qui, par la pureté de leur conscience, et par la subtilité de leur intelligence, osent et peuvent sonder les secrets de la sagesse, elle habite dans les trous de la pierre. Considérée dans les autres, elle demeure dans les ouvertures de la muraille, c’est-à-dire ceux qui ne peuvent ou qui n’osent pas creuser par eux-mêmes dans la pierre, creusent dans la muraille, et se contentent de contempler en esprit la gloire des saints. S’il y en a qui ne puissent pas même arriver jusque là, elle leur propose Jésus-Christ, mais Jésus crucifié, afin que sans aucun travail de leur part, ils demeurent aussi dans les trous de la pierre qu’ils n’ont point creusée.

Le Juif les a creusés, mais eux jouiront des travaux des infidèles, pour devenir fidèles. Ils n’ont point à craindre d’être rebutés puisqu’ils sont appelés à y entrer. «Entrez dans la pierre, dit Dieu à un de ses prophètes, cachez-vous dans une fosse creusée dans la terre, pour éviter la présence terrible du Seigneur et la gloire de sa majesté (Isa. II, 10).» L’âme qui est faible et paresseuse, et qui; selon le mot de l’Évangile, ne peut fouiller la terre, et a honte de mendier son pain (Luc. XVI, 3), voit devant elle une fosse dans la terre pour se cacher, jusqu’à ce qu’elle devienne plus forte et plus avancée, et qu’elle puisse elle-même se creuser des trous dans la pierre, pour entrer dans ce qu’il y a de plus intérieur dans le Verbe, grâce à la vigueur et à la pureté de son esprit. (…)

La vérité ne refuse pas de se montrer à un cœur pur, elle veut donc bien qu’il parte d’elle. « Mais Dieu dit au pécheur, pourquoi prêchez-vous mes ordonnances, pourquoi votre bouche ose-t-elle annoncer ma loi (Psal. XLIX, 16) ? » Plusieurs négligeant la pureté, ont parlé avant d’avoir vu, mais ils sont tombés dans des erreurs grossières, parce qu’ils ne connaissaient pas les choses dont-ils parlaient, et qu’ils avançaient témérairement, ou ils se sont ménagé la honte et le mépris parce qu’ils se sont ingérés à instruire les autres, sans s’être instruits eux-mêmes. Prions l’époux de l’Église, Jésus-Christ Notre-Seigneur, de nous préserver toujours de ce double mal, lui qui étant Dieu est élevé au dessus de toutes choses et béni dans tous les siècles. Ainsi soit-il.»

3 décembre 2007

Sugeriusabas

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Pour les amateurs de Tarot, cette inscription latine du XIIe siècle - qui se trouve sur un vitrail de la basilique Saint-Denis - est appelée à devenir la pierre de Rosette du jeu. En y appliquant le code majeur du Tarot de Marseille, on obtient 78!

Ce qui est merveilleux, c’est que cette Annonciation à la Vierge est le plus ancien vitrail qui soit parvenu jusqu’à nous. On peut y voir l’abbé Suger.