Le 8e sacrement

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Après force recherches et moult méditations, il m’apparaît possible qu’il ait existé au Moyen Âge un sacrement secret, le 8e, la Consultation ou le Conseil. D’après moi, le Conseil faisait appel à la divination précédée d’une prière secrète dite à voix basse pour consacrer un Oracle.

Il y a deux sortes de divination, l’artificielle et la spontanée. La première fait intervenir l’interprétation des signes, la seconde se fait par communication directe avec la divinité, la pratique de la première pouvant aider à susciter la seconde.

D’après l’Église, les 7 sacrements nous viennent de Jésus. Mais dans le monde symbolique chrétien,  7 vient rarement sans 8. Et ce 8e sacrement nous proviendrait de son initiateur, l’abbé Suger. À propos de l’origine des sacrements, il faut rappeler un détail historique. S’ils nous viennent de Jésus, c’est parce que l’élaboration théologique qui en a décidé ainsi a été officialisée par l’Église lors du concile de Latran IV (1215) puis celui de Florence (1439). Cette élaboration théologique avait culminé par la définition du septénaire des sacrements par Pierre Lombard (1095-1160) au XIIe siècle. Entre 1148 et 1152, au temps de Suger, Lombard rédige son œuvre maîtresse, Les sentences.

La quatrième partie de son ouvrage établit la liste définitive des sept sacrements. Lombard s’est inspiré du travail sur ce sujet de Hughes de St-Victor et Pierre Abélard qu’il côtoie à la grande école parisienne de St-Victor où il étudie puis enseigne. Il est nommé évêque de Paris un an avant son décès. Nous constatons ici que les sacrements sont institués par des proches de Suger en même temps et dans la même région qui a donné naissance au Tarot.

Le conseil, le sacrement secret, on l’aura compris, ce serait le Tarot. Ce mot Tarot et une forme codée du mot latin Oratio.

ORATIO : 15+18+1+20+9+15= 78.

ORAT IO. ORAT (54) est Taro inversé. Le T final est le résultat de IO ou 24. Pourtant T= 20 ? Mais 24 est X et X représente la croix. T étant également une représentation de la croix ( la croix Tau), nous avons ici T est semblable à X ou cette forme de T correspond à  24.

Une prière de consécration pourrait nous venir de Suger. Il s’agit de la célèbre formule en latin:

« Claret enim clarisquae clare concopulatur, et quod perfundit lux nova, claret opus nobile. »

Elle comporte 78 caractères en incluant les virgules et le point.

Le Tarot comme objet sacré… Nous pouvons très bien imaginer l’abbé Suger ouvrir le manuscrit Tarot sur le maître-autel de la basilique et procéder à une séance de lecture inspirée des images précédée d’une formule incantatoire. L’incantation fait partie de l’arsenal liturgique en Angleterre et en Allemagne au Moyen Âge. C’était une pratique tolérée par l’Église qui les considérait comme superstitio tolerabilis. Elle était utilisée à des fins curatives ou pour favoriser les récoltes, récupérer le bétail volé, etc. «Il s’agit de magie blanche, bénéfique. (…) De nombreuses références au rituel, à la liturgie de l’Église montrent une implication de son clergé.»[1]

Je n’ai pas trouvé de source permettant d’affirmer que de telles pratiques avaient cours en France de la part du clergé. Mais le rituel de la messe lui-même, pourtant extrêmement codifié, accordait à l’officiant un moment de liberté. Une prière prononcée à voix basse termine l’offertoire de la messe. On l’appelle la secrète. L’officiant peut à ce moment consacrer tout objet qu’il juge utile à la pratique de son culte. L’assemblée des fidèles est occupée à ce moment par la méditation sur les Saintes Espèces qui viennent de lui être présentées solennellement.

Sans aller jusqu’à postuler que Suger ait pu pendant la messe consacrer de façon liturgique son Tarot au moyen de la secrète – bien que cette possibilité soit bien réelle – je crois qu’il utilisait en privé ou en petit comité le maître-autel de sa basilique comme support rituel de l’utilisation du jeu. Je crois qu’il utilisait un rituel de consécration similaire à la pratique de la secrète. La formule en latin aurait été prononcée comme une incantation.

Je crois..!

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[1] Dictionnaire du Moyen Âge, p. 126. Voir aussi p. 1485

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À propos de Rom

Je me nomme Marc Olivier Rainville. Je suis connu sous le nom de Rom depuis mes débuts dans la Tarotsphère en 1998. Je suis Bachelier en Animation et recherche culturelle, mineure en Histoire de l’art, de l’Université du Québec à Montréal (Promotion 1982). Je m’intéresse à l’histoire du Tarot depuis 1985. J’ai eu la chance de bénéficier d’un concours de circonstances favorables qui m’a permis d’approfondir mes recherches sur le sujet. J’en livre le fruit ici.
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