77-78 La suite

J’ai déjà expliqué à maintes reprises – en vieillissant, on se met un peu à radoter – que pour créer la structure du Tarot, Suger s’est inspiré du lignage du Christ, qui d’après saint Luc comporte 78 générations, de Dieu à Son fils en passant par Adam, Jessé et David et ainsi de suite jusqu’à Joseph et Jésus. Dieu est le géniteur initial, il crée Adam, la première génération humaine et on se rend jusqu’à Jésus, la 77e génération humaine, ou 78e en comptant Dieu. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est saint Luc. Vérité d’évangile… J’ai également souligné par le passé, à grands renforts de ces métaphores qui font de moi l’enfant chéri de la Tarosphère, que Suger s’est servi du nombre 78 pour proposer en parallèle à sa construction du Tarot sa version architecturale d’un thème iconographique religieux, celui de l’arbre de Jessé.

La basilique Saint-Denis s’est donc retrouvée pourvue sous sa gouverne d’un vitrail illustrant cette scène tirée de l’Ancien Testament. On a même pensé un temps que Suger était l’inventeur de ce thème populaire. Mais que n’a-t-on attribué à Suger un jour ou l’autre, je vous le demande. C’est à se demander comment il arrivait à tout faire en même temps. Vous savez sans doute que son biographe Guillaume nous rapporte que son maître passait ses nuits à potasser les Écritures. Mais je digresse.

Jessé. De quoi s’agit-il ? Jessé (ou Iessé), un ancêtre commun de Joseph et Marie (ils sont de la même souche), dort. De son ventre sort l’arbre des générations du Christ. Avec le code du Conver, on peut établir un lien avec ce chef-d’œuvre de l’art médiéval et le Tarot :

L’ARBRE DE IESSÉ : 12+1+18+18+5+5+9+5+5 = 78.

Vous savez certainement que l’Évangile de saint Mathieu attribue seulement 42 générations à l’arbre généalogique du Christ. Je suis persuadé que si Suger a choisi la version de Luc (un pythagoricien ?), et le nombre 78, c’est parce que celui-ci suit le nombre 77 !

78, c’est 6 x 13. Voilà qui nous fait une belle jambe, me direz-vous. En effet et Suger aurait probablement été lui aussi de cet avis. Mais 77, c’est 7 x 11, une combinaison très parlante, le nombre de l’homme et celui du péché, selon saint Augustin.

Avant de continuer, soyons clair sur un point. Vous le savez, la clarté est ce en quoi Rom se fait un bras d’honneur à ne pas faire de compromissions sur la transparence de ses communications. Même en mode écriture automatique, ce chroniqueur tente d’adhérer le plus possible aux attentes en ce sens de ses visiteurs.

Dont acte ?

Ceci étant dit, revenons à notre mouture. Il ne nous servirait pas à grand chose d’adopter telle quelle la grille d’analyse occulte ou pythagoricienne proposée par Papus – cet auteur prolifique qui je le rappelle a, d’après son fils Philippe dans la préface de Le tarot des Bohémiens, pondu plus de 160 titres – pour comprendre cet ouvrage du Moyen Âge qu’est le Tarot.

Restons-en donc à la métaphysique des nombres des hommes de robe du XIIe siècle, telle qu’elle a été exposée par Augustin, même s’il est possible que le dit Augustin ait été influencé un tant soit très peu par les écrits des pythagoriciens. Moi même j’aime bien citer mes influences – et au premier titre Gotlieb et Spinoza , pas nécessairement dans cet ordre – ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas chez mes pairs. Il m’arrive même de me phagocyter moi-même, c’est vous dire, et je préviens d’avance tous ceux qui seraient tentés d’en faire autant, mon avocat est un Pitbull.

7 et 11, un homme et son péché sur l’itinéraire du Salut atteint en 1, l’Un néoplatonicien ineffable, Dieu. 7 x 11 +1, c’est le programme théologique du Tarot, sa clef principale. C’est certainement la plus évidente. Il ne s’agit pas ici de placer 7 rangées de 11 cartes +1. Pour ce qui est de l’arrangement structurel des cartes, référez-vous à la Grande roue. Non. 7 x 11 +1 est une explication mathématique, un support à la méditation.

Je vous explique ça de suite. Vous allez voir, c’est passionnant.
(À suivre)

© Marc O. Rainville, 2009. Tous droits réservés








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À propos de Rom

Je me nomme Marc Olivier Rainville. Je suis connu sous le nom de Rom depuis mes débuts dans la Tarotsphère en 1998. Je suis Bachelier en Animation et recherche culturelle, mineure en Histoire de l’art, de l’Université du Québec à Montréal (Promotion 1982). Je m’intéresse à l’histoire du Tarot depuis 1985. J’ai eu la chance de bénéficier d’un concours de circonstances favorables qui m’a permis d’approfondir mes recherches sur le sujet. J’en livre le fruit ici.
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