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Rom
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- La concierge est au clavier
Publié le 16 mars 2009 par Rom.
Catégories: Divers.
J’espère que vous trouverez la nouvelle formule de présentation de Tarotchoco plus conviviale. C’est le moment ou jamais de me faire savoir ce que vous pensez de ce blog. Vos questions et commentaires, pleurs et grincements de dents, sont toujours appréciés !
Rom
Publié le 15 mars 2009 par Rom.
Catégories: Le code secret du Tarot - Le site de Rom.


Notre ami Jérome se donne bien du mal sur son blogue. Il a scanné tous les cartouches des Arcanes majeurs du Tarot de Marseille de Nicolas Conver édité par Pierre Camoin en 1960 pour célébrer le 200e anniversaire de ce jeu. Ce Tarot est connu comme le Conver, édition du Bicentennaire Camoin (1760-1960). Pierre Camoin est décédé quelques années après avoir imprimé son chef-d’oeuvre. Son fils Phillipe a repris les rênes, avec sa mère, de l’entreprise familiale avec la fortune que l’on connait. Le fils a cependant mis sous le boisseau l’oeuvre paternelle pour créer un nouveau jeu. Pour des raisons historiques toutefois, le jeu du Bicentennaire est digne d’intérêt pour les collectionneurs et indispensable pour les … décodeurs. Malheureusement, il est maintenant introuvable. La maison Camoin a tout misé sur le nouveau jeu créé avec la collaboration d’Alexandre Jodorowsky. Les bois de poirier qui ont servi à produire le Conver authentique ont été cédé par Phillipe Camoin au Vieux Musée de Marseille. Correction : Les moules ” (…) sont dans les archives de la chambre de Commerce de Marseille et inapprochables”. De Charly Alverda
Merci à nouveau à Jérome Coulomb pour ces cartouches. Cet outil de travail devrait permettre à ceux qui sont intrigués par le code du Conver de faire leurs premiers pas de décodeurs. Je rappelle que le mode d’emploi se trouve dans quelques-unes de mes Pages. Les scans complets du Tarot de Conver, édition du Bicentennaire Camoin sont disponibles dans les Pages. À nouveau, ce jeu est le seul qui permettre le décodage. Son contenu nous vient en droite ligne du XIIe siècle. La résolution de ces équations se fait avec un code à quatre “chiffres” basé sur l’alphabet moderne de 26 lettres.
Publié le 12 mars 2009 par Rom.
Catégories: Le code secret du Tarot - Le site de Rom.
Un petit brainstorming de/avec Jérôme nous donne ceci:
(…) Rappelons que saint Pierre fut pendu au bois, crucifié, la tête en bas, à sa demande. Il ne se sentait pas digne de périr exactement de la même façon que son maître. On peut donc aussi reconnaitre ici le fondateur de l’Église de Rome. Saint André, lui, s’est fait crucifier sur une croix en forme de X. Le X (la corde liant le pied du personnage y est attachée) du XII dans le cartouche supérieur de l’Arcane est là pour nous le rappeler. Qui d’autre parmi les 12 ? Judas sans doute, le pendu archétypal, même si on doit l’exclure des 12 pour les raisons qui sont connues.
Si ça se trouve, ils y sont tous d’une manière ou d’une autre. Tous les apôtres à part Judas ont subi le martyr, c’est ce que nous rappellent les 12 sureaux sanglants sur le gibet illustré sur cette lame. Saint Barthélemy a lui-aussi été crucifié la tête en bas, après avoir été écorché… (…)
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Publié le 12 mars 2009 par Rom.
Catégories: Divers.

Je ne veux pas donner l’impression que j’ai une dent contre Papus en particulier. En fait, j’en veux à tout le monde en général ces jours-ci. Ça doit être la pleine lune. En fait, c’est surement à cause de la pleine lune… Je vous épargne le récit de mes pérégrinations sublunaires d’antan. On s’assagit avec l’âge, heureusement.
Mais ce qui me fait hurler comme un vrai disciple d’Artémis aujourd’hui, c’est la théorie du septénaire de Papus. Vous comprendrez que j’ai encore passé une partie de la nuit avec Le tarot des Bohémiens. D’après le bon mage, il suffirait de placer les Arcanes majeurs sur trois rangs, en excluant Le mat, pour atteindre l’illumination. Je renonce à le citer sur ce sujet.
Ce qui est dramatique, toutes proportions gardées bien sûr, c’est qu’il se trouve encore des illuminés pour propager de telles bêtises. Je me suis laissé dire, par exemple, que pour obtenir le brevet de tarologue aux États-Unis – il y une association qui certifie tout ce beau monde – il faut suivre une formation. La question du septénaire serait au programme.
L’ouvrage de Papus est disponible dans toutes les librairies ésotériques.
Publié le 11 mars 2009 par Rom.
Catégories: Le code secret du Tarot - Le site de Rom.

78, c’est également 3 x 26, un thème mathématico-symbolique que je qualifie de mineur. On peut constater en examinant le programme architectural de Suger qu’il est fortement imprégné du nombre 3, la Trinité. La nef de son église a trois travées, par exemple, une primeur pour l’époque. De son côté, 26 est le nombre du nom secret en quatre lettres (IOD-HÉ-VAU-HÉ) de Dieu, en cabalistique hébraïque, c’est le même Papus qui nous l’apprend.[i] À nouveau, il ne s’agit pas ici de chercher à placer 26 lames sur 3 rangées. Rappelons-nous que les moines se servaient des nombres pour méditer. Les mauvaises langues disaient que c’est pour cela qu’ils dépensaient pour leur propre entretien… sans compter ! Quoiqu’il en soit, le Tarot vu sous l’angle de cette formule numérique, associe la Trinité et Dieu.
C’est plaisant sans être déterminant comme 7 x 11 +1.
77 est une métaphore, celle de l’image de cette chaîne qui nous vient à l’esprit après avoir lu saint Luc. 77 c’est le nombre des maillons « «incarnés » de la chaîne des générations qui mène de Dieu à Son fils. Cette chaîne est un lien qui nous unit à l’autre monde. C’est, avec le Salut de son âme éternelle, la grande préoccupation de l’homme du Moyen-Âge : entendre à travetrs les signes ce que Dieu lui demande aujourd’hui, maintenant.
Le Tarot ainsi compris par son créateur était cet ensemble de maillons qui le reliait à… son Créateur. Je trouve extremement plaisant qu’au milieu de cette circonférence de géniteurs consciencieux, Suger ait placé un axe féminin.
La création de Suger, qui était prêtre, devait à ses yeux avoir valeur de sacrement. Je crois (spéculation !) qu’il devait l’utiliser comme oracle au moment de célébrer ses messes, probablement pendant cette partie de l’office qui se nomme la secrète, juste après l’Élévation, et ou l’officiant a toute liberté pour consacrer des objets du quotidien ou adresser quelque supplique personnelle. C’est ce raisonnement qui m’amène à dire que le Tarot de Suger servait à la divination, que c’était un oracle.
Dois-je rappeler que le mot même de Tarot est une forme anagrammatique codée de oracle ?
Bien que la piste pythagoricienne ait pu paraître séduisante à certains – Papus fait encore des émules, dans l’Hexagone notamment – j’ai voulu expliquer ici que si le jeu a 78 cartes, c’est d’abord parce que son créateur avait des intuitions et des façons de faire inspirées de sa lecture personnelle des Écritures. La transmission de ces ses idées était tributaire de la symbolique des nombres propres à l’interprétation qui en était donnée par les membres de son milieu. Les théorèmes de la secte pythagoricienne n’ont rien à y voir. Suger a pu découvrir, comme n’importe quel cancre du quadrivium, que la somme des 12 premiers nombres donnait 78 et en tirer quelque satisfaction spirituelle. De là à prétendre que cette somme banale est la clef du Tarot…
Je suis bien sûr prêt à en débattre si quelque obscur défenseur des idées de Papus sur la structure du jeu décidait de se manifester. Il n’y a rien que j’aime plus que de me faire prendre les culottes baissées. Ce doit être dû à une manifestation inconsciente de compensation à mon côté voyeur.
Bref, mon credo reste le même. La Grande Roue du Tarot n’est pas basée sur le nombre 12. La séquence des 12 premiers nombres, additionnés, n’a aucune signification théologique. Le nombre 78 lui-même n’a d’intérêt que parce qu’il est la « «transcendance » de 77, 7 x 11 et, accessoirement, la résultante de 3 x 26.
Ceci étant dit, 12 en lui-même est un nombre important en ésotérisme (et en exotérisme) chrétien et nous avons déjà vu que c’est en XII, Le pendu, que Suger voile/dévoile quelques-unes des plus belles clés du Tarot, l’une d’entre elle étant justement… une clé.
Magnifique Tarot… Il nous ouvre les portes de la compréhension d’une période unique de l’histoire de France. Certains nomment celle-ci le Beau Moyen-Âge, d’autres la première Renaissance. C’est la seule époque qui pouvait donner naissance au noble jeu.
Et à l’art gothique bien sûr.
[i] Papus, Le tarot des Bohémiens, p. 27. Au temps de Suger, les échanges avec les juifs sur des points d’exégèse étaient fréquents. On peut raisonnablement supposer que Suger, et son maître à penser Hughes de Saint-Victor, étaient au fait de certaines notions de cabale.

© Marc O. Rainville, 2009. Tous droits réservés
Publié le 10 mars 2009 par Rom.
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Le Tarot a donc 77 cartes chiffrées, le parcours du Salut, + une lame non numérotée, l’élément transcendent (sous forme de pèlerin, Le mat…). Toutes les cathédrales gothiques qui vont être construites aux XIIe et XIIIe siècles suite à l’impulsion architecturale donnée par Suger sont dédiées à la Vierge. Faut-il y voir une intervention de sa part ? J’opte plutôt pour l’hypothèse de la communauté de pensée. Toutes les cathédrales, ou presque, sont donc nommées Notre-Dame de … .
Notre-Dame, avec le code majeur, c’est un 77.
On sait que la figure centrale du Tarot, la danseuse au centre de l’Arcane Le monde, est également un personnage féminin. Il représente un amalgame de déesses diverses. On peut y reconnaitre le duo Ève-Marie (78, l’origine et la destination, Dieu fait femme !) au centre du parcours en 77 étapes d’Adam à Jésus. Suger, comme tous les misogynes fervents, adorait l’aspect féminin de la déité.
Loin de moi cependant l’idée de suggérer ici comme d’autres l’on fait que Marie-Madeleine ou quelque autre figure biblique ait eu un rôle à jouer dans une saga matrimoniale avec Jésus. Mais tous ces récits où d’antiques ou de nouvelles déesses auraient eu la faveur des classes paysannes ont un fond de vérité. Ce que je suggère, et je ne suis pas le seul, c’est qu’une partie du tiers ordre et des autres classes dominantes a pu également succomber à de telles hérésies.
Bien sûr, il y aurait eu un côté sombre à ce culte puisque le N et le D (code mineur) de Notre-Dame donnent 18, ou 3 x 6, 666. On ne sait pas grand chose de cet ésotérisme chrétien parallèle ni même, bien sûr, s’il a vraiment existé. Au Québec, Victor Hugo a été mis à l’index pour avoir suggéré que des éléments païens se retrouvaient dans l’art des cathédrales.

Personnellement, il me semble en avoir déduit assez avec le Tarot pour suggérer que cette para religion donnait lieu à des pratiques culminant sans doute (spéculation…) dans des rites magiques néoplatoniciens associés au parcours des labyrinthes (lebarinthes, 78) .
Ces coutumes auront été suspendues au XVIIIe siècle lorsque le pot aux roses sera découvert par la hiérarchie romaine. On ne pouvait pas débaptiser les cathédrales de France et excommunier tous leurs cardinaux ! Mais tous les beaux labyrinthes de marbre et de cuivre encastrés dans le dallage des cathédrales devant le maître-autel furent fracassés à coups de masses, exception ayant été faite pour celui de Chartres. (Fait historique)
On expliqua aux fidèles stupéfaits que cette mesure avait été rendue nécessaire par la dissolution des mœurs des enfants de chœur et des jeunes servants de messe qui y auraient sauté à cloche-pied ! (C’est une anecdote rapportée par Émile Mâle)

Je pense (spéculation !) que c’est également à ce moment-là qu’on a du reléguer le dossier de canonisation de Suger aux oubliettes. Si jamais on instruisit un procès en ce sens, bien sûr.
Quant à l ‘instruction du mien…
(À suivre)
© Marc O. Rainville, 2009. Tous droits réservés
Publié le 10 mars 2009 par Rom.
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À la demande générale… Voici une autre mise à jour.
(…) Suger a également pris soin de coder son nom dans celui de l’Arcane Le jugement.
SUGER
LE*JUGEMENT
Ce qui saute tout de suite aux yeux, c’est la séquence commune UGE. Le reste n’est plus qu’une affaire de routine. Décodez selon le mode d’emploi habituel (n’oubliez pas que * double la valeur de ce qui précède qui doit ensuite être retranché de ce qui suit) et Jugement se transforme en Suger; les lettres en extra disparaissent. Le S de Suger nous est donné par le J initial dont la valeur est 10 ou 1, ce qui correspond bien à S= 19. 1+9= 10 ou 1 également. Le R final de Suger qui vaut 18 provient de ME, 13+5=18 également. Le mot LE et les lettres NT qui complètent Le jugement disparaissent de la façon suivante:
LE*= 12+5 (x 2)= 34. NT= 34.
34-34= 0.

Résultat final: SUGER. C’est propre et sans appel.

Ajoutons que Suger s’est représenté lui même dans son Tarot comme il le fait dans son église de Saint-Denis. On le reconnaît de face, vieux mais encore droit, dans le tombeau de l’Arcane XX. C’est lui aussi, au même endroit, de dos, en jeune homme tonsuré. C’est lui encore en IX, ermite tenant la lanterne qui représente son église, qu’il avait baptisé justement Lucerna, la lanterne.
C’est peut-être également lui qui siège sur le trône du pape !
(…)
Engraving by Pigeot.
(Photo by Hulton Archive/Getty Images)
Publié le 10 mars 2009 par Rom.
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(…) Notre pendu a également l’allure d’une clé. C’est un détail capital qui va nous permettre de comprendre un aspect important de cette lame. Nous mettrons d’abord en relation le symbolisme de cette clé avec celui des entraves du pendu, lié par les poings et les pieds ou plutôt, nuance importante, lié par les poings et un seul pied. Le personnage est en voie de libération. C’est le moment de rappeler qu’au moment de la Passion, Jésus prit congé de Pierre en lui donnant le pouvoir de lier et de délier les âmes, une formule qui signifie ne pas absoudre ou absoudre les péchés.
À l’époque romane, l’imagerie religieuse résumera cette formule en donnant toujours au personnage de saint Pierre le même accessoire, les clés. Celles-ci sont le symbole de la papauté pour les raisons que nous venons de rappeler. Le pouvoir d’absolution des péchés délie les âmes et leur ouvre les portes du royaume. Inversement, le même pouvoir symbolisé par les clés peut lier et interdire l’accès au Paradis.
Notre pendu, notre homme lié, a donc la forme d’une clé. C’est un symbolisme de totalité. Il possède la potentialité de sa libération et on constate qu’il utilise effectivement ses ressources puisqu’il est en train de se libérer de ses entraves. (…)
La chevauchée des sept péchés capitaux, dans le Miroir historial de Vincent de Beauvais
Publié le 09 mars 2009 par Rom.
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J’ai déjà expliqué à maintes reprises – en vieillissant, on se met un peu à radoter – que pour créer la structure du Tarot, Suger s’est inspiré du lignage du Christ, qui d’après saint Luc comporte 78 générations, de Dieu à Son fils en passant par Adam, Jessé et David et ainsi de suite jusqu’à Joseph et Jésus. Dieu est le géniteur initial, il crée Adam, la première génération humaine et on se rend jusqu’à Jésus, la 77e génération humaine, ou 78e en comptant Dieu. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est saint Luc. Vérité d’évangile… J’ai également souligné par le passé, à grands renforts de ces métaphores qui font de moi l’enfant chéri de la Tarosphère, que Suger s’est servi du nombre 78 pour proposer en parallèle à sa construction du Tarot sa version architecturale d’un thème iconographique religieux, celui de l’arbre de Jessé.
La basilique Saint-Denis s’est donc retrouvée pourvue sous sa gouverne d’un vitrail illustrant cette scène tirée de l’Ancien Testament. On a même pensé un temps que Suger était l’inventeur de ce thème populaire. Mais que n’a-t-on attribué à Suger un jour ou l’autre, je vous le demande. C’est à se demander comment il arrivait à tout faire en même temps. Vous savez sans doute que son biographe Guillaume nous rapporte que son maître passait ses nuits à potasser les Écritures. Mais je digresse.
Jessé. De quoi s’agit-il ? Jessé (ou Iessé), un ancêtre commun de Joseph et Marie (ils sont de la même souche), dort. De son ventre sort l’arbre des générations du Christ. Avec le code du Conver, on peut établir un lien avec ce chef-d’œuvre de l’art médiéval et le Tarot :
L’ARBRE DE IESSÉ : 12+1+18+18+5+5+9+5+5 = 78.
Vous savez certainement que l’Évangile de saint Mathieu attribue seulement 42 générations à l’arbre généalogique du Christ. Je suis persuadé que si Suger a choisi la version de Luc (un pythagoricien ?), et le nombre 78, c’est parce que celui-ci suit le nombre 77 !
78, c’est 6 x 13. Voilà qui nous fait une belle jambe, me direz-vous. En effet et Suger aurait probablement été lui aussi de cet avis. Mais 77, c’est 7 x 11, une combinaison très parlante, le nombre de l’homme et celui du péché, selon saint Augustin.
Avant de continuer, soyons clair sur un point. Vous le savez, la clarté est ce en quoi Rom se fait un bras d’honneur à ne pas faire de compromissions sur la transparence de ses communications. Même en mode écriture automatique, ce chroniqueur tente d’adhérer le plus possible aux attentes en ce sens de ses visiteurs.
Dont acte ?
Ceci étant dit, revenons à notre mouture. Il ne nous servirait pas à grand chose d’adopter telle quelle la grille d’analyse occulte ou pythagoricienne proposée par Papus – cet auteur prolifique qui je le rappelle a, d’après son fils Philippe dans la préface de Le tarot des Bohémiens, pondu plus de 160 titres – pour comprendre cet ouvrage du Moyen Âge qu’est le Tarot.
Restons-en donc à la métaphysique des nombres des hommes de robe du XIIe siècle, telle qu’elle a été exposée par Augustin, même s’il est possible que le dit Augustin ait été influencé un tant soit très peu par les écrits des pythagoriciens. Moi même j’aime bien citer mes influences – et au premier titre Gotlieb et Spinoza , pas nécessairement dans cet ordre – ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas chez mes pairs. Il m’arrive même de me phagocyter moi-même, c’est vous dire, et je préviens d’avance tous ceux qui seraient tentés d’en faire autant, mon avocat est un Pitbull.
7 et 11, un homme et son péché sur l’itinéraire du Salut atteint en 1, l’Un néoplatonicien ineffable, Dieu. 7 x 11 +1, c’est le programme théologique du Tarot, sa clef principale. C’est certainement la plus évidente. Il ne s’agit pas ici de placer 7 rangées de 11 cartes +1. Pour ce qui est de l’arrangement structurel des cartes, référez-vous à la Grande roue. Non. 7 x 11 +1 est une explication mathématique, un support à la méditation.
Je vous explique ça de suite. Vous allez voir, c’est passionnant.
(À suivre)


© Marc O. Rainville, 2009. Tous droits réservés
Publié le 07 mars 2009 par Rom.
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Penchons-nous un instant sur la symbolique des nombres dans le Tarot. Le premier à ma connaissance qui tente d’expliquer pourquoi le jeu est composé de 78 figures est le Dr Gérard Encausse (1865-1916), Papus de son surnom. Il fait appel à Pythagore. Nous allons citer le docteur Encausse:
«(…) parlons de la conception occulte ou pythagoricienne des nombres. (…) L’Antiquité avait des nombres une conception presque totalement perdue de nos jours. (…) Réduction et addition théosophiques, telles sont les deux opérations indispensables à connaître pour comprendre l’Antiquité. (…)
Valeur des douze premiers nombres donnant la clef du nombre (78) des lames du Tarot. (Ici, le mage bâtit pour ses lecteurs une pyramide numérique.)
1= 1
2= 1+2= 3
3= 1+2+3= 6
4= 1+2+3+4= 10
5= 1+2+3+4+5= 15
6= 1+2+3+4+5+6= 21
7= 1+2+3+4+5+6+7= 28
8= 1+2+3+4+5+6+7+8= 36
9= 1+2+3+4+5+6+7+8+9= 45
10= 1+2+3+4+5+6+7+8+9+10= 55
11= 1+2+3+4+5+6+7+8+9+10+11= 66
12= 1+2+3+4+5+6+7+8+9+10+11+12= 78
Mais là ne s’arrêtait (sic) pas les données de la science antique sur les nombres. Elle attribuait à chacun d’eux un sens. [1]
Etc.
On cherchera en vain dans le texte une explication intelligible du nombre 12 sur lequel l’auteur fait pourtant reposer sa démonstration. Il est vrai que son œuvre, il le signale en dédicace, s’adresse « Aux Initiés ». L’image de cette pyramide numérique devra suffire aux néophytes dont je suis. Dommage car il me semble que 12 est effectivement un nombre important dans la compréhension du Tarot. Notre homme, confiant d’avoir expliqué pourquoi le jeu avait 78 cartes, a créé son propre tarot, dit de Papus ou des Bohémiens. Cette approche revisitée est toujours aussi populaire chez les exégètes contemporains du Tarot; l’offre de jeux de Tarot semble néanmoins correspondre à la demande. Je me réjouis toujours également de constater à quel point l’utilisation de la structure pyramidale pour expliquer le jeu plonge certains esprits dans l’émerveillement.
Oh, jugement critique, suspend ton vol…
Mais je digresse. Il ne m’appartient pas de juger l’œuvre de Papus qui est considérable, il a publié quelques 160 titres, ni même celle de ses continuateurs, imitateurs, plagiaires, etc. Je dirai seulement qu’il n’a pas compris le Tarot de la même façon que moi. Il l’a encore moins créé ! Ce titre de gloire, je n’en démords pas, revient à Suger, moine bénédictin et prêtre de son état. Le bon abbé tâtait de la cryptologie et de bien d’autres choses encore. Et il avait du temps sur les mains, comme le disent si savoureusement dans leur langue les résidents de la perfide Albion.

(À suivre)
[1] Papus, Le tarot des Bohémiens, pp. 33-39
© Marc O. Rainville, 2009. Tous droits réservés