La misère des riches

Les temps sont durs pour la famille Desmarais. Un des fils dont le prénom m’échappe – il n’a pas encore réussi à s’en faire un même s’il est le CEO de Gesca, propriétaire du journal La presse. Ce fils, donc, se pointe l’autre jour sur l’heure du lunch dans un chic restaurant de fruits de mer de la rue Notre-Dame Ouest à Montréal. Comme il y a foule, notre homme décide de prendre son mal en patience et de faire la queue. Arrive le patron de l’établissement qui sort de sa cuisine, le salue poliment et fait passer quelqu’un d’autre avant lui.
Estomaqué, M. Desmarais s’exclame:  »Mais ne me reconnaissez-vous donc point ?! »
– Oh que si votre grâce, lui répond l’autre, mais on ne vous voit en ces lieux qu’une fois l’an, et encore. Alors que ce convive-ci nous pratique trois ou quatre fois par mois.
Et notre homme de retourner à ses fourneaux laissant notre héros tout pantois. L’histoire ne dit pas s’il a décampé sans demander son reste.

Le pauvre n’est pourtant pas à plaindre, on s’en doute bien. J’imagine qu’il doit se consoler dans l’établissement cinq étoiles au 357 de la rue de la Commune Ouest qui fait office de club privé pour les membres de notre petite bourgeoisie boutiquière locale, ceux-là même qu’Hervé Kempf nomme plaisamment les  »crimino-capitalistes ». Sur les lieux, on peut trouver une varité de services qui dépassent le cadre de la restauration gastronomique. Il y a par exemple un hôtel, un spa, une piscine et les membres ont accès depuis peu à des professionnels de la santé mentale spécialisés dans les besoins d’une clientèle sélect qui est particulièrement vulnérable de nos jours au stress et aux ravages du fameux complexe d’opulence   (Affluenza. Culpabilité, phobies sociales, ulcères gastriques, dépression) qui fait rage chez les biens nantis.

Une adresse à ne pas confondre, pour le moment, avec celle de l‘Acceuil Bonneau sur la même avenue mais à l’est, au 427, et qui s’adresse aux exclus montréalais, ces communards de bonne volonté toujours prêts, pour le moment, à se laissser tondre la laine sur le dos.

Le 35.7c* (sur invitation; service valet en semaine uniquement) et L’accueil Bonneau (avec carte d’aide sociale). Un de ces jours, il faudra organiser pour tout ce beau monde une activité … commune.

LA COMMUNE DE PARIS








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À propos de Rom

Je me nomme Marc Olivier Rainville. Je suis connu sous le nom de Rom depuis mes débuts dans la Tarotsphère en 1998. Je suis Bachelier en Animation et recherche culturelle, mineure en Histoire de l’art, de l’Université du Québec à Montréal (Promotion 1982). Je m’intéresse à l’histoire du Tarot depuis 1985. J’ai eu la chance de bénéficier d’un concours de circonstances favorables qui m’a permis d’approfondir mes recherches sur le sujet. J’en livre le fruit ici.
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2 réponses à La misère des riches

  1. Jérôme Coulomb dit :

    ue chose m’inquiète: j’ai tous les symptômes de l’Affluenza: Culpabilité, phobies sociales, ulcères gastriques, dépression. Mais pas le compte en banque qui va avec! C’est grave, docteur??

    En tout cas, c’est clair que je préfère la Bande à Bonneau que la Bande à Paulot. Mais dis-moi: est-ce que ton blog devient un blog socio-politique?? Et que dirait ton Abbé Suger de tout cela ?? La Commune de Paris, est-ce que ça a un rapport avec le fait que toutes les dernières cartes (XV, XVI, XVII, XVIII, XVIIII, XX et XXI) soient à poil ??? (alors que les premières sont richement vêêêtues).

  2. Jérôme Coulomb dit :

    putain….! Cet « établissement 5 étoiles« , qu’est-ce qu’il est glauque… pouah !! Ca pue le fric et la bêtise… les images de la piscine: on dirait une prison… C’est mmmmmMoche comme tout ;-) ….même pas de goût dans la déco…. Et en plus, ces cons là, ils ont appelé le restaurant Gaïa…….

    ………. pauvre Gaïa :-( … ils ne respectent rien ces pourris……….

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