En reprise – Le choix des dates

Suger s’amuse avec les dates, pour notre plus grand bonheur de décodeurs. La pose de la première pierre du chevet de la basilique Saint-Denis a eu lieu à son instigation le 14 juillet 1140. La somme des nombres 14 07 11 40 donne 72. La dédicace solennelle, la cérémonie de consécration, a eu lieu le 11 juin 1144. 11 6 11 44 donne 72. Nos deux 72 marquent le début et la fin de cette phase des travaux ; ils donnent 144, le nombre biblique de la Jérusalem céleste. (L’apocalypse parle des 144, 000 justes et nous apprend aussi que la cité céleste a des murs de 144 coudées. ¨Dans le nombre 144, selon les Pères de l’Église, la centaine exprime l’Unité du monde divin – l’Unité de Dieu – le 4 de la dizaine, la stabilité du monde angélique, le 4 de l’Unité, la stabilité éternelle de la Ville Sainte, dont la forme est précisément un cube.¨)  Ces 72 sont également un rappel de deux Règles, celle des premiers Templiers et celle des Bénédictins, qui comportent 72 articles. Et ce 72 caché est probablement aussi une des nombreuses signatures qui essaiment l’oeuvre de Suger.

SUGER DE SAINT-DENIS: 5+18+5+1+9+20+5+9= 72 !

Ajoutons que lors de la cérémonie de pose de la première pierre du chevet, le 14 juillet 1140, les célébrants ont utilisé de l’eau bénite pour préparer le mortier. Ils ont entonné à cette occasion 1le psaume 86 (14) à la gloire de Sion (14), la Jérusalem céleste, dont le premier verset, en latin, se décode ainsi en mode majeur : 

Fundamenta ejus in montibus sanctis.

1+13+5+20+1+5+9+13+15+20+9+1+3+20+9= 144 !!!

C’est le roi lui-même qui scella ensuite cette première pierre. Toutes ces cérémonies ont été planifiées par la même personne. «Suger est justement fier de son œuvre et il en marque les différentes étapes par de splendides cérémonies.» 2

1 Michel Bur, Suger, abbé de Saint-Denis, régent de France, p. 240

2 Marcel Aubert, Suger, p. 172








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À propos de Rom

Je me nomme Marc Olivier Rainville. Je suis connu sous le nom de Rom depuis mes débuts dans la Tarotsphère en 1998. Je suis Bachelier en Animation et recherche culturelle, mineure en Histoire de l’art, de l’Université du Québec à Montréal (Promotion 1982). Je m’intéresse à l’histoire du Tarot depuis 1985. J’ai eu la chance de bénéficier d’un concours de circonstances favorables qui m’a permis d’approfondir mes recherches sur le sujet. J’en livre le fruit ici.
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6 réponses à En reprise – Le choix des dates

  1. Rom dit :

    Il n y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Allons Jerome, je te tiens presque par la main sur ce coup-ci… Decode !

  2. Jérôme Coulomb dit :

    …en résumé je suis largué

  3. Jérôme Coulomb dit :

    oui, je vois bien tout le faste déployé, je sens bien qu’il y a des symboles, mais qu’est-ce qui est significatif ou pas? Où est la ligne de démarcation? Ces saints me semblent bien « rustiques » en effet, bien terriens. Rustique porte bien son nom de paysan, Eleuthere semble bien rougeaud, bien rond et bien régulier, et même Denis a un côté fermier, malgré sa tête découpé !). Suger voulait-il en faire les patrons du pays? Pressentait-il les orages futurs qui s’abbatraient sur la douce France après sa mort?

    Je sens bien qu’il faut y regarder de plus près. En tout cas tu nous donnes ample matière à réflexion, comme toujours… et travail de Mémoire (=78).

  4. Rom dit :

    En latin médiéval alors, fortement mâtiné de patois !
    Pour ta remarque sur la châsse d’or ornementée, ce qu’on appelle aujourd’hui le reliquaire chef de Saint-Denis, oui, il figure en bonne place dans la description qui nous est parvenue de la cérémonie de pose de la pierre du chevet. Et oui, il y avait bien une floppée d’écclésiastiques (18) et de barons sur les lieux, avec le roi, bien sûr.
    C’est d’ailleurs pour cette raison, la présence de nombreux prélats influents, que le style architectural gothique présenté par Suger – dit à l’époque art royal ou art ogival – s’est ainsi propagé dans tout le royaume. Ces prélats ont tous fait bâtir dans leur diocèse des cathédrales semblables à la nouvelle église de Suger après l’inauguration du 11 juin 1144.
    Donc, présentations de la châsse d’or ou reliquaire il y eut bien en ces cérémonies du 14 juillet 1140 et du 11 juin 1144, début et fin des travaux du chevet. Cette châsse était composé d’or et d’émaux de plique.
    Nous avons mentionné la présence du roi et de sa cour, du clergé également, mais en bien plus grand nombre on trouvait le peuple. Pour tous ces mannants réunis, le clou des deux spectacles fut certainement la présentation du reliquaire. Il contenait les restes des trois patrons de l’abbatiale, Denis, Éleuthère et Rustique. Je t’invite à décoder, ensemble et séparément, ces trois noms..!
    On notera également l’année de la consécration du chevet, 1144, qui fait écho à cette préoccupation constante de Suger pour le nombre 144.
    Enfin, Suger a fait graver une autre date, celle du 9 juin 1140, date de consécration du nouveau porche, sur les portes de cuivre du fronton de l’église. C’est un geste qui lui permettait de mettre en valeur un autre codage…
    Vu ?
    Rom

  5. Jérôme dit :

    Je crois que je vais mettre le doigt sur quelque chose:

    Fundamenta ejus in montibus sanctis

    En ne gardant comme toi que les lettres du code majeur, on obtient certes des chiffres, mais aussi… des lettres ! Et ces lettres sont: ameta ei moti acti… Je me trompe ou bien c’est une phrase en latin ?

  6. Jérôme dit :

    Impressionnant ta doc, Rom !! Je n’ose imaginer la taille de ta bibliothèque. Elle doit s’étendre sur plusieurs multivers ;-) Les 2 fois 72 que tu as repérés…. C’est bien intéressant. Replaçons la cérémonie dans son contexte sociologique. Il me semble qu’en cette occasion, Suger a voulu entourer la pose de sa pierre des cercles de pouvoir les plus influents qu’il pouvait « convoquer » : le roi, les nobles, le clergé etc. Je parie qu’il s’est arrangé pour avoir 28 cardinaux, 35 ou 36 comtes et ducs, une quarantaine de pairs du royaume, plus d’une cinquantaine d’évèques etc. ;-)

    Que cherchait-il , ce faisant? A assurer la perennité de son édifice? (qui sait, l’éternité?)

    Est-ce en cette circonstance que la châsse d’or richement ornementée contenant les reliques des saints fut sortie? Car la photo que tu postes me rappelle un épisode où cette châsse, au dehors, était ouverte. (À moins que ce n’ait été lors des cérémonies d’un Noël, à une date toute proche ? Je ne sais plus. J’ai lu cela trop rapidement. En tout cas, une pierre de fondement était aussi mentionnée en bonne place).

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