18 février 2008
Origine hindoue des quatres suites (lames mineures) du Tarot (En reprise)
On reconnaîtra sans peine ici les quatre figures emblématiques des suites du Tarot aux bras de cette déesse hindoue qui représente la structure de l’Univers. On voit que, dans cette conception, la Terre est plate.
Comme avec Le monde, la déesse prend appui sur les deux animaux à ses pieds. Ils l’empêchent de sombrer dans l’océan. Il s’agit d’une apsara, une danseuse et une courtisane céleste dont l’essence est aquatique. Elle est la source de la dynastie solaire. L’ouverture au sommet de sa tête est la partie supérieure de l’Axe central qui relie les trois mondes, Ciel, Terre, Enfer.<!–[if !supportFootnotes]–>[i]<!–[endif]–> L’image de l’apsara se confond ici avec celle de la nagi, la mère de la dynastie lunaire. Cette double image est un symbole de totalité.
Notons la présence d’un serpent près de la tête comme c’est peut-être également le cas chez la Reine de Baston (Cf. édition Héron). Le reptile se tourne résolument du côté humide de l’image où un jet d’eau douce part du sommet de la tête pour rejoindre l’océan primordial d’eau salée qui entoure le socle du monde symbolisé ici par le taureau et le tigre. Cette eau douce, c’est le fleuve sacré, le Tigre. Elle jaillit du côté de la tige qui germe et de la coupe, symboles de la terre et de l’eau.
De l’autre côté, le côté sec, l’épée torche, identique à celle représentée chez Le diable en XV, et le fouet enroulé en forme de mandala ou de denier, représentent les éléments feu et air. Le rôle symbolique du fouet est de répondre au vent et de baratter la mer afin d’en faire sortir la déesse. Le fouet est également le symbole de la foudre, le pouvoir créateur et destructeur de Çiva. Le 5e élément, l’Éther, est représenté sur la robe du personnage par la fleur, pushpa.
Dans les sociétés initiatiques agricoles, le fouet et la torche sont utilisés conjointement pour attirer la foudre, et avec elle la pluie ; le rituel d’auto fustigation se pratique en groupe. Ces pratiques souterraines réapparaissent au grand jour en Europe au XIVe siècle ; les flagellants se regroupent en cercles devant la cathédrale – se substituant ainsi au pouvoir théurgique de l’Église - afin de faire disparaître par leur sacrifice la Grande Peste.
La déesse porte au cou la chaîne des générations, du vivant et du mort, solidaires. «(…) les esprits : les âmes des vivants et des morts, les dieux et les démons, les innombrables figures – invisibles pour le reste des humains – qui peuplent les trois régions cosmiques.» <!–[if !supportFootnotes]–>[ii]<!–[endif]–> Sa posture rappelle celle du diable et celle des doigts de la main droite, le pape. Ses pieds reposent sur une chaîne de montagnes afin de signifier la communication avec le Ciel. La couture cosmique du tissu céleste qui entoure sa tête représente la Voie Lactée.
En Inde, dans la vie quotidienne, l’apsara est la divinité du jeu. Celle que nous avons sous les yeux semble bien s’amuser…
Il y a une piste commerciale directe qui reliait le sous-continent indien à la France. Il s’agit de la route des grenats. Les moines de Saint-Denis utilisaient cette pierre précieuse pour la décoration de leurs objets précieux et ce dès le VIe siècle. Ils les importaient directement de Ceylan et des Indes !
Cette route fut fermée au VIIe siècle.
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