L’Âge des ténèbres, un film de Denis Arcand

macha_grenon.jpg

La direction d’acteurs est épatante, tous les personnages secondaires livrent des performances solides face à un Marc Labrèche attachant. On l’a assez dit, Arcand aime les acteurs (et les actrices…) et ceux-ci le lui rendent bien. Même si le récit est un peu trop linéaire à mon goût, que les transitions auraient pu bénéficier d’un montage plus nerveux, il n’y a vraiment pas de longueurs. J’ai assisté à une représentation sous-titrée et le public anglophone se tordait. Le film a été mal reçu par la critique en général, trop acide, mais il devrait bien vieillir, comme en fait foi la séquence du tableau d’épluchures de pommes à la toute fin. Mentions spéciales pour le jeu et le sein droit de Macha Grenon, sublimes. Le tandem Léonard, mère et fille, est également excellent. Les scènes où apparaît le chanteur Rufus Wainwright sont des morceaux d’anthologie. Les séquences oniriques, certaines à la limite de la misogynie, sont moins réussies et expliquent peut-être en partie l’hostilité de la critique. Mais bon, la misogynie a certainement sa place dans une satire de la société québécoise. Une erreur grave cependant, Arcand ne réussit pas à situer correctement le personnage de la maitresse fantasmatique. Il dénude la comédienne Diane Kruger, trop tôt, vulgairement, et lui colle une réplique imbécile sur la censure américaine. Il torpille ainsi l’intérêt que l’on aurait pu porter à ce personnage. Tics d’auteur, voyeurisme… Les petites culottes qui tombent ailleurs dans le film étaient plus subtiles. Cette fable sur la désintégration de la société québécoise est néanmoins fort à propos. Vaut mieux en rire…

This entry was posted on Vendredi, janvier 18th, 2008 at 14:30 and is filed under Actualités. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

Leave a Reply