Suger et la lumière

Il y a une dizaine d’années, je suis tombé par inadvertance sur la formule latine qui suit. Elle est de Suger. C’est sans doute le texte qui nous vient de lui qui est le plus connu. Il s’agit d’un éloge de la Lumière, typique des adhérents néoplatoniciens de la théologie dyonisiaque de la lumière. Cette formule est gravée en quelque part dans sa basilique. L’historien Erwin Panofsky qui a étudié cette période est le premier à proposer un lien entre l’architecture gothique et la théologie de la Lumière. J’ai adopté son point de vue.

Je découvris rapidement que la formule était composée de 78 caractères, en incluant les virgules et le point. (Pour les bolés du code, décodez les mots VIRGULE et POINT…)

Claret enim clarisquae clare concopulatur,

 

et quod perfundit lux nova, claret opus nobile.

56 lettres correspondent au code majeur, je les ai mises en caractères simples. Les 19 autres, en gras, ne sont pas du code majeur, 22 avec la ponctuation. 19, ou XIX, c’est Le soleil du Tarot.

Ceci est un des nombreux indices qui m’ont confirmé dans ma décision d’annoncer en décembre 99 que Suger était l’auteur du Tarot. Le choix archaïque du verbe concopulatur était déjà un indice en soi! Par la suite, un décodeur émérite me signala que les 13 lettres du code majeur pouvaient être arrangées pour composer un autre hymne à la lumière. Je l’ai mis en page d’accueil du site.

Je rappelle également que Suger a baptisé sa basilique rénovée, LUCERNA, la lanterne ou la lampe. Ce qui m’a permis de suggérer que le personnage de L’hermite, qui tient une lanterne, représente Suger. Sans compter que le dit personnage ressemble beaucoup au portrait que nous avons du bon moine, celui qui se trouve dans le vitrail de l’Annonciation à Saint-Denis. C’est le plus vieux vitrail de France, XIIe siècle, il a survécu à tout !
Une basilique nommée lanterne… Quelle poésie! Surtout qu’au moment, où Suger termine son Tarot, peu avant sa mort en 1151, la basilique, elle, est loin d’être complétée. Il faudra attendre un siècle avant que Lucerna ne brille de tous ses feux.

This entry was posted on Lundi, septembre 10th, 2007 at 14:52 and is filed under Divers. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

4 Responses to “Suger et la lumière”

  1. Mandorle Says:

    Merci, grâce à vous je m’intéresse au XIIème siècle.

  2. Rom Says:

    Il n’y a pas de quoi! Peut-être est-ce le début d’une longue histoire d’amour, comme celle que j’entretiens avec les belles cathédrales de France. Félicitation pour ton blogue, je suis toujours heureux d’être visité par de belles plumes. J’ai mis un lien vers Parfum de bris de mots. Y parle-tu parfois de Tarot?

  3. Mandorle Says:

    Je suis touchée de voir mon blogue en lien dans ta blogroll, tu figures bien sûr dans la mienne. Comment as-tu fait pour le trouver, j’avais oublié de renseigner l’url dans mes commentaires ?
    J’ai du mal à y parler de Tarot, à part un notule inspiré par la lune de Vieville, car quand je vois la somme de connaissances qu’il y a sur ton blog ou celui de Bougearel, je me sens toute petite.
    Mais j’y songe, par un biais plus “littéraire” peut-être…

  4. Rom Says:

    Je t’ai touvée!

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