Faisons payer les riches…
Nationalisons les Desmarais!
Il faut nationaliser. Les investissements massifs dans la sauvegarde de la société québécoise ne vont pas tomber du ciel comme de la manne. Nationalisons les banques, les compagnies d’assurances, les fonds de pension. Nationalisons le secteur pétrolier, nationalisons le crime organisé. Nationalisons ! À 40, 50, 60, 90% s’il le faut. Si on n’augmente pas d’ici dix ans les revenus de l’état, la démocratie telle que nous la connaissons aura vécu. Les troubles sociaux causés par la détérioration du climat, si rien n’est fait dès maintenant, vont nous entraîner tout droit vers l’état policier d’abord, le chaos généralisé ensuite. Qu’est-ce qu’on va faire quand le Saint-Laurent va sortir de son lit? Alors, Kyoto, il va falloir être drôlement lucides pour financer ça.
D’après l’auteur Hervé Kempf, l’auteur de Ces riches qui détruisent la planète, 1500 millards de dollars ont été retirés de l’économie et tranférés dans des paradis fiscaux par ceux qu’il nomme les ¨hyper riches¨. Nous avons la chance ici de n’avoir qu’une seule de ces familles de grands bourgeois boutiquiers. Ca ne devrait pas être trop difficile de rapatrier une partie de cette ¨plus value¨. Je les entends déjà me répondre:¨Il y en a d’autres et des plus riches que nous!¨ Pas de fausse modestie, s.v.p. Aucune famille québécoise ne contribue autant à la concentration des médias, rabaissant ainsi le niveau du discours public à un vil niveau. Aucune ne commande à ses intellos de service des manifestes visant à déstabiliser l’état. Aucune ne fait nommer depuis vingt ans ses valets à la tête de grands partis politiques. Aucune ne s’acharne avec tant de zèle sur le système de santé publique. Et aucune ne paye à ses enfants des salaires annuels de plus de 20 millions de dollars, sans compter les actions!
Quoi d’autre? Aucune ne paye dix dollars de l’heure des scouts pour faire le ménage de son île du Lac Memphrémagog, aucune n’y tient des chasses à courre. Aucune n’y fait livrer ses repas avec maître-d’hôtel par hélicoptère de l’Auberge de Knowlton. Oh pardon, l’établissement a brûlé. Quelle catastrophe… Et je ne parlerai pas des dépenses liées à la propriété de Sagart dans Charlevoix. Le patriarche du clan a fait construire dans la région une belle église au coût d’un million de dollars. Je ne serais pas surpris d’apprendre qu’il tente de convaincre le pape de rétablir le commerce des Indulgences. Paul Desmarais, Sr. a bien droit à de petites lubies, ses meilleurs jours sont derrière lui. Mais les nôtres sont comptés tout autant si nous persistons à tolérer les écarts de richesse qui caractérisent notre société depuis que de semblables anarchistes tirent les ficelles en coulisses. Pensons-y lorsque nous mettrons en terre le grand homme. Mieux, pensons-y et agissons dès maintenant. N’attendons pas ses funérailles nationales à l’église Notre-Dame. Nationalisons-le dès maintenant. Et qu’on lui remette une médaille, qu’on en fasse un trésor national de son vivant.
Nationalisation… C’est le mot le plus haï en hauts lieux, peut-être parce qu’il rime avec révolution. On pourrait peut-être parler plutôt de partenariat public-privé?


